mercredi 28 décembre 2011

Thierry La Fronde : on a toutes été des Isabelle

J'ai déniché ce beau livre dans une bouquinerie et je remercie l'anonyme vendeur originel qui a pris tant de soin de cette édition des deux coqs d'or datée de 1965...  Corne bouc ! Cela ne date pas d'hui et j'étais une meschinette en ces temps-là. C'était une production de l'ORTF. Et pourtant, je garde un souvenir ému du beau Thierry La Fronde incarné par le Lessinois Jean-Claude Drouot.
Thierry La Fronde était drôlement plus sexy que Nounours et j'oserais même dire : plus mignon ! Je n'y comprenais que dalle aux intrigues mais j'adorais regarder les galipettes du séduisant Thierry dont les jambes athlétiques étaient moulées dans un collant serrant à souhait. Mordiable ! Je rêvais de galoper avec lui sur son fier destrier blanc, de pourfendre les ennemis à ses côtés et surtout de manier la fronde aussi adroitement que lui. Parfois, j'aurais aimé être Isabelle pour devenir sa compagne. Ta daaaa da-da Ta-da-ta-da-da Ta daaaa da-da Ta-da-ta-da-da... ©

samedi 24 décembre 2011

Clo Clo: j'y pense et puis je n'oublie pas


Photo publiée avec la partition d'"En rêvant à Noël"
L'amour de mes 6 ans était sans conteste Claude François. Clo Clo donnait un concert au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, en ce 16 mars 1968. En vedette américaine, il y avait Gaston(*), un humoriste qui finissait son show en enfonçant sa tête dans un tableau. Il allait ainsi « faire tapisserie » pendant tout le spectacle de Claude, le cadre irrémédiablement accroché au cou. C'est l'un des détails stupides et inutiles inexplicablement demeuré gravé dans ma mémoire. Lors du concert, j'ai souvent regardé la gigantesque silhouette de Claude se détacher du mur côté cour. Un autre détail inexplicable. C'était comme si l'ombre me paraissait plus réelle que l'homme lui-même.

Tout se déroulait tel dans un rêve merveilleux. D'autant que ma mère avait pris soin d'acheter préalablement un gigantesque bouquet de fleurs pour que je puisse le remettre à mon idole. On m'avait présentée à un agent de la sécurité, au bas de la scène, une sorte de garde du corps prêt à intervenir au moindre débordement passionnel. J'étais très émue. Un homme m'avait pris la main pour être sûr que je ne m'échappe pas. J'observais le profil de Clo Clo de plus près. Il était ruisselant de sueur. Aux premiers rangs, des adolescentes en transe hurlaient et tendaient des mains suppliantes vers leur vedette. Je ne comprenais pas grand chose à ce rituel mais je remarquai que cet impudique étalage de sentiments exubérants ne plaisait pas trop à l'homme qui me serrait la menotte. Il hocha la tête et esquissa un signe à un collègue qui leur pria de s'asseoir et de se calmer. J'avais l'air d'un ange à côté de ces grandes filles. Entre deux chansons, le garde du corps m'invita à grimper sur scène. J'escaladai les quelques marches qui me séparaient de mon beau blond. Gaston m'adressa un clin d'œil complice. Claude se tourna vers moi, saisit brusquement ma gerbe et colla sa joue sillonnée de gouttes de sueur sur mes lèvres. J'effleurai à peine son épiderme mouillé, tant son mouvement fut expéditif. Les grandes filles ne pouvaient plus se contenir. Elles rêvaient probablement d'être à ma place mais je songeai qu'embrasser un chanteur en pleine transpiration, n'avait rien de très agréable. Les baisers moites, ce n'était pas ma tasse de chocolat ; mais ce soir-là, j'avais été la seule à embrasser Claude François. Et ça valait tous les baisers moites du monde !©

(*) Michel Cassez dit Gaston, a été le chef d'orchestre de Claude François avec René Urtreger, François Jeanneau. C'est Claude François qui le baptisera « Gaston », par référence à Gaston Lagaffe. Benjamin de l'octuor « Les Compagnons de la Chanson », Gaston était un multi-instrumentiste.

jeudi 22 décembre 2011

Bibliothèque illustrée des voyages autour du monde : aventuriers des temps oubliés

Mon grand-père avait une impressionnante collection de livres, pas seulement que de livres d'ailleurs. Tout ce qui lui passait sous la main devait avoir de la valeur pour lui car il gardait tout et n'importe quoi. Quand il est parti au crépuscule des années 60, il a hélas fallu se débarrasser de la plupart de ses affaires. Fort heureusement, tout n'a pas été englouti dans des conteneurs et quelques bouquins hantaient toujours le grenier de ma grand-mère. Je m'y engouffrais avec la joie simple et forte qui possède l'enfant prêt à découvrir ses cadeaux de Noël. J'ignore de quand date cet ouvrage mais vu les références chronologiques qui émaillent la lecture, je pense que ce livre doit avoir été écrit fin du XIXe siècle, début du XXe siècle. 
J'ai parcouru avec délectation quelques chapitres. Le langage fleuri et expressif, naïf aussi, les gravures claires et détaillées m'ont soufflée en même temps qu'ils m'ont fait beaucoup rire. Ce que ces pionniers aventuriers ont vécu font vraiment passer nos explorateurs modernes pour de simples touristes.
Olivier Ordinaire signe un chapitre sur l'Amazonie, digne d'un récit de film hollywoodien de série B. Il explique que les Indiens éprouvent - à juste titre - du ressentiment à l'égard des blancs parce que ceux-ci leur ont apporté des maladies inconnues jusqu'alors qui déciment leurs tribus : la petite vétole, le rhume (oco), la peste (muru)... L'explorateur explique donc qu'il est poursuivi par des hordes d'indigènes et qu'il trouve refuge dans une cabane "Je me rappelais alors que les Conibos, aussi bien que la plupart des autres sauvages, ont une extrême répugnance à verser le sang, fût-ce celui de leur mortel ennemi, dans l'intérieur de la case qu'ils habitent." Accompagné de son chien Pescador, ce Tintin avant la lettre parvient à se débiner en offrant des cadeaux aux Indiens. "Tout cela est pour toi, lui dis-je. Je veux être l'ami des Conibas de l'Ucayali, comme je suis ceux du Pachitea, qui ne m'auraient pas donné les objets, précieux pour moi, que tu as vus dans la pirogue, s'ils m'avaient cru capable de cacher le muru dans mon sac."
 
Tout est bien qui finit bien, comme dans les meilleures histoires sauf que... Appelé vers d'autres missions, il décide d'attacher son compagnon canin près de sa tente car il doit approcher des singes et Pescador n'a pas l'air de les apprécier. Alors qu'il est à bord d'une pirogue pour traverser un fleuve, Pescador veut suivre son maître et s'étrangle au bout de sa laisse. Un homme d'équipe coupe sec la corde qui étouffait le chien qui s'élance vers l'embarcation. "A l'exclamation de l'Indien, je me retournai et je vis mon pauvre chien poursuivi par six caïmans qui étaient sortis du fouillis de plantes aquatiques de la rive. J'avais laissé mon fusil à bord du vapeur, mais, l'eussé-je tenu tout armé, je n'eusse certes pas réussi à le sauver, car à peine l'avais-je vu, nageant de toutes ses forces, le cou tendu vers moi, qu'un des sauriens le saisit dans ses formidables mâchoires et plongea aussitôt. Mes yeux s'attachèrent à la place où ils avaient disparu, et je vis longtemps des bulles d'air monter à la surface de l'eau jaunâtre, d'où je conclus que Pescador était dévoré en cet endroit même, au fond de l'étang." ©

samedi 17 décembre 2011

Baba de Barbie

On aura beau dire tout ce qu'on veut et elle aura beau faire hérisser les poils des féministes pures et dures: du haut de ses 30 centimètres ou quelque, Barbie est un jouet culte. Elle fait partie de l'enfance de la plupart de celles qui furent petites filles dans les années 60.

En 1997, la société Mattel passait le cap du milliard de poupées écoulées. Depuis ces dernières décennies, les ventes ont reculé, conséquence de la concurrence mais Barbie tient malgré tout la tête haute.

En 1963, voici ce que la revue pour fillettes "Lisette" publiait à propos de Barbie que la France découvrait. Elle avait créée deux années plus tôt aux Etats-Unis. Elle était présentée comme la poupée de "celles qui ne  jouent plus à la poupée".  ©

jeudi 15 décembre 2011

La routine : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme



Je n'avais, à cet âge-là, plus l'âme à croire en Saint Nicolas mais mes frères cadets espéraient toujours le petit miracle du 6 décembre. Nous étions cependant à mille lieues de nous douter que nos parents avaient, à cette époque, quelques soucis financiers. Saint Nicolas devait de toutes manières passer coûte que coûte...

J'ai un souvenir ému de cette Saint-Nicolas parce que j'avais remarqué qu'elle n'était pas comme les autres. Point de jouets neufs, point de friandises en abondance. Quelques livres visiblement achetés en seconde main avaient été étalés sur le divan du salon. J'avais le coeur serré, pas pour moi mais pour mes frères qui y croyaient peut-être encore... Je sentais que quelque chose n'allait pas mais je n'osais pas y penser, de crainte d'émousser la part d'innocence qui me restait toujours.

C'est pourtant à l'occasion de cette Saint-Nicolas que j'ai découvert le magazine Pilote. Ma mère avait acheté un album relié que j'ai dévoré en un clin d'oeil. Je l'ai retrouvé, il y a peu et c'est comme si j'avais exhumé un nouveau trésor. Dans cet album, une bande dessinée en trois pages m'avait particulièrement marquée. Cela s'appelle "La routine" et c'est tellement vrai. C'était une création de Mahaux. ©

dimanche 11 décembre 2011

La beauté éternelle à tout prix

Comme l'écrit l'Ecclésiaste dans la Bible, il n'y a rien de neuf sous le soleil. "Ce qui est a déjà été, et ce qui sera a déjà été". Pour preuve, les préoccupations humaines les plus futiles n'ont guère changé. Comme jadis, nous désirons toujours paraître, et surtout être beaux. Jetez donc un coup d'oeil sur ces délicieuses réclames extraites  du Petit Parisien du 30 octobre 1904. Un poitrine opulente pour madame, une barbe ou des moustaches aguichantes pour monsieur, des modificateur des formes du nez pour rectifier les appendices rebelles à l'esthétisme conventionnel. Tout semblait possible. Il suffisait d'une lotion miracle pour que les poils se développent et même dès l'âge de 15 ans, promettait-on. Une pommade magique efface les rides, les rougeurs de la peau, les cicatrices, les taches de rousseur... et la farine hongroise ôte des paupières et de l'oeil tout signe de fatigue. Dire que la tyrannie de la beauté à tout prix ne faisait que commencer. ©

 



mercredi 7 décembre 2011

Vive la neige... et Aslan!

Avant de réaliser d'aguichantes pin-ups pour le magazine "Lui", Aslan distillait ses indéniables talents d'illustrateur dans le journal Tintin. Voici le dessin qu'il avait réalisé pour la couverture du numéro 5 (13e année), juste à l'aube de l'année 1958, année de l'Expo.

L'image est aussi rafraîchissante, aussi pimpante, aussi pure que les illustrations de Marcel Marlier, le créateur de "Martine". C'est à partir de 1956 que les illustrations d'Aslan (alias Alain Gourdon) émaillent les couvertures des magazines Tintin mais aussi Line, Nous Deux et Intimité.
Ce qu'on sait sans doute moins, c'est qu'il est également sculpteur et qu'il a, entre autres, commis une statue en pierre de Dalida (qu'on peut voir au cimetière de Montmartre) ainsi qu'un buste de l'ancien président français Georges Pompidou. ©

Depuis 2000, deux sites Internet lui sont consacrés. Je vous conseille de les  visiter. C'est par ici :

 

samedi 3 décembre 2011

Quelle mouche les piquait donc ?

En somme, le monde ne change pas vraiment. La presse à sensation non plus. Notre intérêt morbide pour l'horreur, le supernaturel, l'incompréhensible non plus. 

Voici une perle épinglée dans "Le Petit Parisien", le supplément littéraire illustré du 30 juillet 1911. Comme vous pouvez, de fait, le constater, tout est dans l'image. Un bi-jou, vous dis-je !

Journal français ayant eu ses heures de gloire entre 1876 et 1944, "Le Petit Parisien" est l'un des quatre plus fameux quotidiens français de l'avant-guerre. D'abord de gauche, le journal devient finalement populaire. Au début du XXe siècle, le quotidien écoulait un million d'exemplaires. A la fin de la 1re guerre mondiale, plus de deux millions d'exemplaires sont vendus. Il s'agit du plus gros tirage au monde!

L'heure du déclin sonne cependant à la Libération. Pendant l'Occupation, le gouvernement militaire allemand transforme le journal en organe de propagande. Pierre Dupuy qui avait succédé à son père aux rennes de la société, est suspecté de collaboration. Il sera acquitté mais c'en est fini du "Petit Parisien" dont la réputation a été irrémédiablement souillée. ©
 

dimanche 27 novembre 2011

Coin Coin, l'intrépide a toujours la cote

Oublié, lui aussi, Coin Coin, l'intrépide ! Cette bande dessinée de Bailly Ro date de 1941. Les références sont extrêmement rares sur le Web à ce sujet. Le dessin, il est vrai, n'est pas exceptionnel et les scénarios ne fascinent plus guère nos petits mais je déteste voir voguer des créations sur la rivière de l'oubli...

La cote est estimée entre 5 et 10 € mais le livre dans son édition originale peut être vendu jusqu'à 20 €, voire 60 € si l'on en croit les prétentions - un peu gourmandes - de certains vendeurs. Il ne faudrait tout de même pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages! ©




jeudi 24 novembre 2011

Bons baisers d'Alsace


Le Français Henri Iselin figure parmi les pionniers de la bande dessinée. Dans les années 20, il dessine des gags en quelques cases pour le journal "Le Cri-Cri". Entre 1945 et 1949, il travaille pour les hebdomadaires belges, "Wrill" et "Cap'taine Sabord". Fin des années 50, il réalise de nombreuses illustrations pour les éditions Vaillant. 

Ici, il a illustré (et écrit les textes) pour les éditions Chagor de Liège, "Au Pays des Cigognes. Histoires et Coutumes d'Alsace". Rafraîchissant ! ©



dimanche 20 novembre 2011

Non, non, rien n'a changé : les Poppys ne sont toujours pas papys

Si vous étiez adolescent dans les années 70, vous connaissez les Poppys. Et quand bien même vous ne seriez pas né dans le berceau du Flower Power, je parie que leur nom vous dit quelque chose. Cette chorale de gamins venue d'Asnières-sur-Senne et fondée par Jean Amoureux, avait, en réalité, fait ses premiers pas en interprétant les chansons du générique des feuilletons "Sébastien parmi les hommes" et de "Poly". Et puis, il y a eu "Noël 70" écoulé à 600.000 exemplaires et surtout "Non, non, rien n'a changé" vendu à 1.200.000 exemplaires. Si le contexte n'est plus le même, force est de constater que le message des Poppys est toujours d'actualité. Eh non, rien n'a changé sous le soleil...

Un vent nourri de pacifisme, un cri contre la guerre et la violence des grands, une apologie de l'amour soufflait sur la jeunesse des 70's. Les tubes ont déferlé, plus de 4 millions de disques ont été vendus et un jour, les Poppys ont disparu.
Si le show business a fermé le rideau sur eux, la chorale subsiste toujours aujourd'hui et traîne toujours dans son sillage son lot d'indécrottables nostalgiques. Les Petits Chanteurs d'Asnières poursuivent leur petit bonhomme de chemin. ©

dimanche 13 novembre 2011

Eric, l'Homme du Nord... a dans les yeux le bleu qui manque à son décor...

Décédé en 1992, le Hollandais Hans G. Kresse est surtout connu pour être le dessinateur d'"Eric, l'Homme du Nord", série qu'il a débutée en 1946. Le style est clairement inspiré de "Prince Valiant" créé par l'Américain Hal Foster. Publié au Soir et vendu à l'époque à 10 francs, ce volume possède à présent une cote ascendante. ©

mardi 8 novembre 2011

Les malheurs de Sophie pour notre plus grand bonheur

Illustratrice qui a connu ses heures de gloire des années 30 aux années 50, Manon Iessel fut aussi l'une des pionnières de la bande dessinée. Elle a notamment illustré bon nombre de livres de la Comtesse de Ségur. Son style épuré, souple et aéré, la rigueur géométrique de ses décors, la grâce affectée de ses personnages lui confèrent une certaine filiation avec l'Art Déco. Chez elle, les fillettes ont les joues rondes et rosées. Elles sont à croquer. ©




 

samedi 5 novembre 2011

Max Day, un dessinateur oublié

Encore une fois : il y a peu de références pour Max Day, un dessinateur de BD qui doit avoir oeuvré dans les années 40, vraisemblablement pendant et dans l'après-guerre. 

Outre "Les tribulations de Jim Spitfire en campagne", il a dessiné et scénarisé "Dynamit et Ataum" ainsi que "Marius Jolivent". Il était Belge mais qui s'en souvient encore ? ©

mercredi 2 novembre 2011

Maurice Tillieux, roi du bricolage

Qui imaginerait qu'une vieille revue de bricolage pourrait encore avoir quelque valeur plus d'un demi-siècle plus tard ? Le numéro de "Bricolage et Maison" de décembre 1956 consacré à tous les laquages au pistolet, a la particularité de posséder une superbe couverture dessinée par Monsieur Maurice Tillieux. Eh oui, rien que ça ! Comme quoi il vaut mieux bien réfléchir avant de fourrer un magazine dans la pile des vieux papiers à recycler, n'est-ce pas ?

En fait, le créateur de Gil Jourdan ainsi que de César était un habitué de cette publication. Il a illustré plusieurs couvertures de cette revue mensuelle.

Maurice Tillieux était à ses débuts inspiré par Hergé mais lorsqu'il commence à travailler chez Dupuis, il est invité à s'inspirer de Franquin, incontournable référence de la maison. Il optera par conséquent pour un graphisme à mi-chemin entre les deux.

Tillieux était autodidacte. Il pensait que les écoles d'art ne servaient à rien. ©

dimanche 30 octobre 2011

Il était une fois Bimbo

Les livres d'enfants d'antan exhalent les bouffées d'innocence et de gaieté qui font aujourd'hui cruellement défaut. J'aime par-dessus tout dénicher dans un grenier ou une brocante, un vieil album poussiéreux oublié de tous.
Voici Bimbo, Romarin et Miksy. Une bande dessinée qui doit dater des années 40, dont on se souvient peu de nos jours. Elle fut dessinée, scénarisée et éditée par un certain Guy Depière en Belgique. Ce qu'on sait encore moins, c'est que Guy Depière fut, un temps, l'employeur de Maurice Tillieux. Ce dernier va même débuter dans le métier, en dessinant les personnages créés par Guy Depière. Mais qui se souvient encore de Bimbo ? ©

jeudi 27 octobre 2011

L'hygiène conjugale, il y a un siècle

Voici un petit guide qui vaut de l'or, tant il démontre bien comme les moeurs ont été bouleversés en un siècle. Publié dans la collection "Bibliothèque M. Charles à un franc. Série médicale V", "L'hygiène conjugale. Conseils aux gens mariés" lance des affirmations pseudoscientifiques enrobées d'une morale amidonnée qui fait rire aujourd'hui.
Extrait :
"Si d'ailleurs elle se met d'accord avec son mari pour éviter la grossesse, soit en évitant l'épanchement du sperme dans ses organes sexuels à chaque coït (coït interrompu), soit en employant d'autres moyens nuisibles, elle s'expose d'autre part à de affections sexuelles graves.
Le sperme de l'homme - et c'est là une vérité généralement inconnue - est absolument nécessaire pour maintenir les organes féminins dans un état constant de santé.
L'abondance de cette matière procure à la femme force et santé. Les pères de l'Église qui se basaient sur la Bible pour établir que la femme doit être sous la domination du mari, avaient à ce point de vue, mis le doigt sur la vérité.
Même à un âge avancé, l'homme est le conservateur des organes féminins; le sperme est aussi nécessaire à leur conservation que la rosée est nécessaire et bienfaisante à la fleur. Sans ce liquide, les organes sexuels se dessécheraient, subiraient des inflammations ou seraient détruits par la formation de tumeurs. Et nous sommes justement redevables de cette foule effrayante de maladies sexuelles, au vice qu'Onan et sa femme pratiquaient au lieu du coït."
On ne se lasse point de feuilleter ce "guide" de nos arrière-grands-parents. Dire que cette brochure à un sou faisait partie de la collection dénommée " Bibliothèque médicale"... On croit rêver. Ajoutez-y des phrases alambiquées dont il est compliqué de suivre le fil.
Morceau choisi : "Très fréquemment, nous entendons la question suivante : Avec quelle fréquence doit-on pratiquer les rapprochements sexuels ? Maints idéalistes y répondent : simplement chaque fois où l'acte pourra être suivi d'une conception. Si la chose était vraie, tout homme aurait besoin d'un grand nombre de femmes, car notre genre de vie actuel développe précisément outre mesure les appétits sexuels, d'autre part je ne vois pas qu'on pourrait en changeant son genre de vie pour se mettre vraiment à la diète et vivre même comme des chiens, en arriver à rabaisser, jusqu'à rendre cette chose faisable, et à un tel degré, nos si violents désirs sexuels. La pratique modérée du coït est bienfaisante et bien que le but principal du mariage ne réside pas là, elle est cependant la condition fondamentale d'une heureuse vie en commun.
Voici ce qu'on peut recommander généralement aux personnes saines : entre la 20e et la 30e années, ne pas dépasser deux coïts par semaine; entre 30 et 40 ans, se contenter d'un rapport sexuel hebdomadaire, et, après la 40e année, tenir compte de l'âge et de la force de l'appétit sexuel car, plus l'homme avance en âge, et moins il devrait y penser." ©

samedi 22 octobre 2011

Petit manuel des usages du monde

Savoureux lorsqu'on le lit avec le recul du temps et l'évolution des moeurs... Vraisemblablement publié au début du XXe siècle (aucune date n'est mentionnée), le "Petit Manuel des usages du monde. Le savoir-vivre dans toutes les circonstances de la vie" de la Baronne de Savernon est devenu aujourd'hui, à certains égards, une perle d'humour nonsense venue d'une époque que la plupart d'entre nous n'ont pas pu connaître.
Extrait du chapitre 3 sur le savoir-vivre à table : "Si vous avez le hoquet, éclipsez-vous un moment et ne revenez à table que lorsqu'il est passé. Essuyez-vous la bouche avec votre serviette avant de boire, car rien n'est ignoble que de graisser son verre avec les lèvres. Ne renversez pas votre verre vide sur la table pour montrer que vous ne voulez plus boire. Quand on vous sert du café, laissez-le refroidir dans votre tasse; mais ne le versez jamais dans votre soucoupe pour le boire."
Sur la conversation : "Il est impertinent de dire mamselle : on doit prononcer mademoiselle. Même en parlant de son mari, une femme ne le désigne pas par son nom de famille tout court, elle dira monsieur en y joignant le nom propre, et mieux encore, elle dira tout simplement : mon mari. Il n'en est pas de même du nom de baptême, il est d'usage maintenant de s'appeler réciproquement par ce nom entre mari et femme." ©

mardi 18 octobre 2011

Un code de la route politiquement incorrect

Publié fin des années 30, ce "Code de la Route" est une petite perle d'humour. Alternant adroitement règlements austères et commentaires humoristiques, ce bouquin édité par le Bruxellois Louis Desmet-Verneuil, est, en effet, davantage qu'un simple code de la route; c'est aussi une fine critique de la politique politicienne.

"Ainsi, chaque matin, au petit déjeuner, l'on cherchera en premier lieu dans le journal, la partie officielle en se demandant, avec gourmandise : "Voyons ! Qu'y a-t-il, aujourd'hui de nouveau, pour notre règlement ?"
A cet égard, le mois de mars 1935 fut particulièrement fécond; quatre arrêtés ont paru ! Nous avons été vraiment comblés, il faut le dire. D'autant plus que celui du 7 nous apprend que les
Conseils communaux sont admis à adopter des règlements complémentaires suspendant l'application de certains articles.
Des règlements qui complètent des articles en les suspendant... on n'avait jamais vu cela !
Gardons-nous cependant d'en rire, de crainte que, l'habitude aidant, un quelconque agitateur ne s'avise, un beau matin, de nous apprendre qu'il a complété note Constitution en suspendant nos libertés!....
Remarquons en outre que, conformément à une tradition vénérable, le règlement débute par une politesse que fait le Roi à ses sujets qui y sont, du reste, très sensibles."
 
Habile et bien enlevé, non ? ©

mercredi 12 octobre 2011

Un magazine qui avait du pif

Dans les années 70, je raffolais de "Pif Gadget" et "Pif Poche". Le dernier avait un format idéal pour les longs déplacements en voiture. Compacts et copieux en activités délassantes, les "Poche" me permettaient de passer d'agréables moments. Sur la page de gauche, je résolvais les énigmes, complétais les mots croisés, devinais les rébus et les charades... Sur la page de droite, j'avalais en deux temps trois mouvements les quatre cases de gag.
Pour le premier (récemment ressuscité), l'argument de vente était habile. On achetait avant tout "Pif" pour son gadget, d'autant que celui-ci se caractérisait toujours par son originalité débridée. Et si la fantaisie n'était pas au rendez-vous, tout était dans l'emballage. J'avais une fois supplié ma mère d'acheter "Pif Gadget" parce qu'il était paré d'une mystérieuse herbe magique...
"Mais non, Maman", avais-je décrété. "Ce n'est pas du cresson, c'est de l'herbe magique. Nulle part, on ne parle de cresson..." J'avais placé les graines dans un ravier garni d'ouate, humecté les semences et déposé la précieuse concoction sur le radiateur de la salle à manger. Chaque jour, j'examinais avec des yeux ronds le contenu de mon petit ravier dont l'herbe croissait plus ou moins généreusement. Lorsqu'elle est arrivée à maturité, j'ai arraché quelques jeunes pousses qui craquèrent sous mes dents. Leur saveur piquante qui taquinait mes papilles, avait presque des accents exotiques. "Maman, il faut que tu achètes de l'herbe magique. J'adore !"  ©

dimanche 9 octobre 2011

Pif Gadget et son pois sauteur, un gadget aux petits oignons

Les inventions de Pif ne valaient sans doute pas tripette mais les gosses des années 70 craquaient pour ces gadgets inédits qui étaient mine de rien des applications scientifiques.
Le petit poisson rouge de cellophane se tortillant dans la moiteur de la paume de la main, m’amusait beaucoup mais la bricole la plus géniale à mes yeux, fut le pois sauteur du Mexique. Où donc avaient-ils bien pu dénicher ces cosses qui bondissaient sous l’effet de la chaleur ? Le pois sauteur est, en réalité, un bourgeon de l’arbre à flèches (au Nord Ouest du Mexique), dans lequel un papillon a pondu. L'œuf se mue en larve qui, quand le bourgeon choit de l'arbre, commence à s’agiter.
Avant d’aller coucher, je me souviens avoir laissé mes trois pois sauteurs au creux d’une petite boîte, sur le radiateur de la salle de bain. J’écoutais en souriant, les crépitements nerveux des pois, avant de m'endormir.
Le lendemain matin, je ne percevais plus le tic-tac provoqué par les cabrioles des «Pifitos». J’avais tout bonnement omis de couvrir la boîte et les pois avaient pris la poudre d’escampette. Je ne les ai jamais retrouvés. A mon grand regret...
Je possédais une belle collection de "Pif" mais le coin de rangement qui leur était réservé, chez mes parents, devenait trop étriqué. Au grand dam de ma mère. Un jour, un brocanteur a entassé tous ces magazines dans une grande boîte et a glissé un billet au creux de la main de ma mère. Je râlais. Et aujourd'hui encore plus qu'hier... ©

mercredi 5 octobre 2011

Une galette (vinyl) de Meli

Je prends toujours beaucoup de plaisir à fréquenter une brocante. Je n'y peux rien, j'adore les atmosphères poussiéreuses et les parfums fanés. J'aime généralement fouiner parmi les bouquins aux pages jaunies et les vieux microsillons. Bon nombre d'entre eux ont été submergés par la vague des modes nouvelles et n'ont jamais été transférés sur CD. Idem pour beaucoup de livres qui n'obtiendront plus jamais les faveurs d'une édition. Leur faute et point commun ? La ringardise. Un goût de vieux bouchon. Une odeur de "mal vieilli".

Tout cela suffit à m'intéresser. Ce qui n'intéresse plus personne, m'intéresse justement. Ce qui me vaut toujours de bonnes affaires. Le vendeur est vraisemblablement trop content de s'en débarrasser.

Parmi les objets qui ne passionnent plus personne, j'ai déniché, un jour, un 33 tours pressé par Meli-Park. C'est en néerlandais: "Meli, sproojesland" ("Meli, le pays des contes de fées"). En face A, on vous emmène sur les traces de la Mère l'Oie (celle qui racontait des histoires, en battant des ailes et en émaillant son récit de "coin coin"). En face B, on y parle notamment du joueur de flûte de Hamelin, des abeilles, d'Ali Baba et des 40 voleurs. Ça ne casse pas vraiment la huisje (baraque ?) mais ça valait 1 € et la pochette à elle seule vaut amplement le détour. ©

dimanche 2 octobre 2011

La vie ailleurs dans l'univers selon l'Abbé Moreux

"Les autres mondes sont-ils habités?" de l'Abbé Moreux
Bien que n’ayant aucune formation scientifique, j’ai toujours été fascinée par la recherche. Ce livre dont l’édition est datée de 1926 (l’originale devait être de 1923) est dû à la plume de l’Abbé Th. Moreux, directeur de l’Observatoire de Bourges. Une autorité en la matière donc. J’ai craqué pour ce bouquin qui sent bon le papier jauni et dont les pages ont été rognée. Et surtout pour ce titre franchement racoleur eu égard à l’époque (« Les Autres Mondes sont-ils habités ? »). Qu’un ecclésiastique se pose la question au début du XXe siècle, avait pour moi, quelque chose de sulfureux.

J’ai lu le livre intégralement mais j’avoue ne pas avoir compris toutes ses subtilités et en avoir oublié la majeure partie. C’est-à-dire le contenu. Oui mais j’ai préservé le plaisir de lire cet ouvrage, intact. La lecture de cette publication m’avait soufflée. Elle était, en outre, enrichie de quelques planches dessinées par l’Abbé Moreux. L’Abbé Moreux s’était imaginé un paysage martien (voir illustration) assez proche (selon mon humble avis) de ce que nous connaissons aujourd’hui à propos de Mars. La sonde Spirit qui s’est posée sur Mars en janvier 2003, nous a livré des images d’un panorama fort semblable à celui qui a été créé par l’Abbé Moreux.

Voici ses suppositions au sujet de la vie ailleurs : « Ainsi de toutes les planètes formant cortège au Soleil, deux seulement en dehors de la Terre ont eu quelque chance de donner asile à des êtres vivants. Mars a pu être habité autrefois ; à l’heure actuelle, les conditions climatologiques, la faible densité de son atmosphère ne nous permettent guère d’y supposer des espèces animales un peu élevées en organisation. (…) Quant à la planète Vénus, la vie n’y est possible que dans ses régions tempérées et polaires ; et ceci encore dans l’hypothèse non prouvée d’une rotation rapide. » (p. 128 & 129) Plus loin, il écrit : « Un véritable astronome doit se garder d’affirmer que la Terre seule est habitée, car il n’en sait absolument rien. Cette question passionnante, il n’a aucun moyen de la résoudre, car sur ce point de fait sa science est muette. »
 
La porte des étoiles est toujours ouverte…©

samedi 1 octobre 2011

Le futur du passé

Les années 50 et 60 furent sans doute l'époque d’or de la science fiction, surtout aux Etats-Unis où le genre a toujours reçu plus d’engouement, plus de crédit aussi. Toute une série d’oeuvres de série B étaient diffusés, comme ce livre déniché, au hasard de mes fouilles dans une bouquinerie. 

Ce récit de Richard Marsten a été publié aux U.S.A., en 1953. Je l’ai acheté pour la première ligne du résumé : « Pour la première fois, des hommes ont pris pied sur la Lune »

C’est qu’en me plongeant dans de tels récits, j’ai l’étrange sensation d’appartenir à un futur très lointain que l’auteur ne pouvait pas encore connaître. Et j’ai l’impression d’être moi-même un personnage de science-fiction pour les héros de cette collection désuète. Songer rien qu'un instant que je vis le futur du passé au temps présent, a quelque chose de grisant. ©

vendredi 30 septembre 2011

Life in plastic is fantastic


J'avais coupé ses cheveux

Donny Osmond version plastique
Petite soeur de Barbie
Soigneusement rangées dans des sachets de plastique au grenier, quelques Barbies ont passé le gué de l’enfance à l’âge adulte. Je n’ai jamais songé à collectionner ces célèbres poupées, comme beaucoup le font mais je serais accablée si je venais à perdre les cinq ou six Barbies que j’ai préservées. Elles étaient, fin des années 60 ou début des années 70, blondes pour la plupart. Pourtant, je me projetais aisément dans ces jolis minois synthétiques. 

Vers 10 ou 11 ans, j’ai commencé à m’intéresser aux Ken, les Barbies mâles. Il y en avait peu à l’époque mais j’ai dû acquérir tous ceux qui se trouvaient sur le marché. Et comme je n’avais jamais assez de garçons, j’achetais parfois des Action Man ou des Big Jim. Dans un souci d’authenticité, je fourrais un bout d’ouate dans leur pantalon…©
Californienne et fan de softball
Ken avec de "vrais" cheveux

Un look très 60's
La petite soeur de Barbie