lundi 30 septembre 2013

Les Martiens débarquent en 1895

Extrait de "Les autres mondes sont-ils habités?" de l'Abbé Moreux
Dans "L'écho de la semaine" daté du 24 novembre 1895, on s'interrogeait sur l'existence des Martiens (on écrivait "Marsiens" à l'époque). L'astronome américain Percival Lowell soutient mordicus que des canaux sont présents sur la planète rouge. Au fil de ses observations, il note l'apparition de feux brillants sur la surface du globe. Ces éclats sont observés à heures fixes, la nuit et disparaissent à l'aurore. Lowell en est persuadé : ce sont des signaux envoyés par les Martiens aux Terriens. Tous les astronomes du monde finissent par braquer leurs télescopes sur la planète rouge mais les interprétations varient et sont diamétralement opposées. L'hypothèse de Lowell est loin de faire l'unanimité. 

Une atmosphère ténue

Invivable pour le Terrien

Depuis longtemps, les savants de l'époque soupçonnent l'existence d'une atmosphère autour de Mars. L'Italien Giovanni Schiaparelli parvient à démontrer que cette atmosphère, bien que raréfiée par raport à la nôtre, possède une composition similaire. Il affirme que les taches blanches sur les pôles de la planète sont, en fait, des amas de neige et de glace. Malgré les similitudes qu'il note avec la Terre, il déclare que Mars est résolument inhabitable pour un Terrien, d'autant que les différences de températures entre le jour et la nuit sont considérables. "Cela ne veut pas dire que des êtres animés, spécialement conformés pour de semblables variations ne puissent y vivre, malgré la rigueur excessive du froid pendant la période nocturne, et la chaleur intolérable pendant le jour", affirme l'astronome italien.

Les canaux, oeuvres

d'êtres vivants

Au sujet des canaux, Schiaparelli pense qu'il s'agit d'un réseau de cours d'eau aboutissant à des lacs ou à des mers intérieures. Depuis 1894, Lowell étudie avec son télescope, le plus puissant au monde, 24 heures sur 24. D'après lui, les canaux sont l'oeuvre d'êtres vivants. Leur tracé suit des directions déterminées. Les taches sombres représentent des forêts touffues, les pointes vermeilles sont des régions désertiques et dès les glaces fondent, il constate que ces contrées se parent d'une végétation luxuriante. 

Lowell finit par conclure que ces êtres ont une robustesse de loin supérieure à la nôtre. "... le travail gigantesque exécuté par les Marsiens, pour le creusement et l'établissement de leurs canaux d'irrigation fertilisatrice, et aussi, les extraordinaires dimensions de ces derniers prouvent que sur cette planète vivent des populations beaucoup plus anciennes que celles de la Terre, et d'une stature infiniment supérieure dépassant en proportion tout ce que nous pouvons imaginer comparativement à la taille des hommes les plus grands." En un peu plus d'un siècle, nos horizons sur l'univers se sont élargis et Mars est un peu plus près. http://mars.jpl.nasa.gov/ ©

mercredi 25 septembre 2013

Bébé Antoine, Bonhommet et Tilapin : dormez tranquille, les petits!

Editions Dupuis
Editions Dupuis
Des dessins de Jamic sur un scénario d'André Lane (Editions Dupuis)
Texte: Renée Fuks
Dessins: Philippe Thomas
(Editions Dupuis)
Editions Dupuis
Avant "Feu vert" (avec Jacques Careuil et André Remy), je regardais "Bébé Antoine" ainsi que "Bonhommet et Tilapin" sur la RTB dont le sigle n'était pas encore affublé du "F". Les marionnettes avaient la cote à cette époque et il existait une pléiade d'émisssions pour les tout-petits. La voix fluette et zézayante de l'humoriste Marion résonne encore dans ma mémoire. L'émission durait exactement 7 minutes et mettait en scène un poupon à la touffe blonde et bouclée. Y succédera la série "Bonhommet et Tilapin" en 1966, créée par Renée Fuks et José Géal (aussi connu sous le sobriquet de Toone VII). Produite par le Théâtre de l'Enfance, l'émission s'est décliné en 340 épisodes de 5 minutes.
Bonhommet ressemblait un peu à Bébé Antoine, boucles blondes, visage rond et yeux perpétuellement étonnés. Son ami, c'était Tilapin qui ponctuait chaque épisode de cette phrase ronronnante : "Dormez bien, tous les petits lapins!". Nostalgie. ©

dimanche 22 septembre 2013

"Bonne nuit les petits" à bord du "Nounours Spécial Express"

Mes premiers souvenirs télévisés remontent au début des années 60. Hum, cela me situe. Mon programme préféré, c'était "Bonne nuit, les petits". Nounours était mon idole poilue favorite. Je savais que cette émission sonnait le glas de ma journée car je grimpais au lit juste après la poignée de sable du marchand du même nom. Je ne supportais pas d'entendre le générique de fin ponctué de filets de flûte aigrelette. Trop triste à mon goût. J'ignorais que Nounours et ses petits amis Pimprenelle et Nicolas avaient jadis embarqué dans un train. Nounours en première classe figure à la une de cette édition de "La Vie du Rail" daté du 28 mars 1965. Pimprenelle et Nicolas lui font signe, toujours en pyjama. Ce qui nous vaut quelques images gorgées d'émotion. ©

vendredi 13 septembre 2013

Almanach illustré du Soir 1933 : adieu, bleuets et coquelicots

Au fil des pages de l'Almanach illustré du Soir de 1933, j'ai épinglé cet article sur la disparition des bleuets et des coquelicots dans les champs. Ces fleurs sont les symboles de la guerre 14-18. Les coquelicots représentent ceux qui ont été sacrifiés sur le champs de bataille et les bleuets, les uniformes des Poilus français. 
Les coquelicots mouchètent encore aujourd"hui les bordures des champs blonds, même s'il s'agit d'une mauvaise herbe qui provoque un rendement moins important et une pollution de la farine. Tout ça ne nous rendra pas nos campagnes d'antan. On le regrettait déjà dans les années 30. ©


samedi 7 septembre 2013

Le corbeau démasqué!

L'intellligence du corbeau a été mise en exergue dans plusieurs reportages et articles récents. Le National Geographic n'hésitait d'ailleurs à clamer que "le corbeau est aussi intelligent que les grands singes". Comme les primates, les corvidés ont la capacité de raisonner. Et cela ne date pas d'hier puisque le Grec Esope narrait, voici deux siècles et demi, la fable d'un corbeau qui avait semé des cailloux dans un verre pour pouvoir hausser le niveau de l'eau et boire à sa guise.

Jaco, l'oenophile


J'ai mis la main sur deux ouvrages du XIXe siècle qui s'intéressent à la sagacité de cet oiseau. "L'intelligence des animaux" d'Ernest Menault (1869) écrit à son sujet qu'il peut imiter le chant du coq,miauler, aboyer ou encore reproduire le son de la crécelle pour effrayer les autres volatiles dans les champs de blé. On raconte l'histoire de Jaco, le corbeau du Dr Franklin qui, paraît-il, pouvait prononcer distinctement le mot "aqua" et pourtant, il préférait le vin à l'eau. Un jour, sa bonne posa un verre de vin rouge sur la table. Jaco le sirota, goutte à goutte. De crainte qu'il ne brise le verre, la servante le retira. Furieux, l'oiseau l'attaqua au visage. Face à trois verres remplis respectivement d'eau, de bière et de vin, Jaco dédaignait les deux premiers et affichait sa préférence pour le divin breuvage.

La colère des pies, la jalousie des corneilles


Le jardin des délices de Jérôme Bosch
Au fil des pages de "L'intelligence des animaux", même titre mais livre différent édité chez Louis Chaux en 1886, divers auteurs relatent des anecdotes qui en disent long sur la perspicacité des bêtes. Il semble ainsi que le corbeau sait parfaitement distinguer un bâton d'un fusil. Et sur ce point, la pie est apparemment plus maligne encore. Un professeur avait dû tuer de nombreuses pies afin d'étudier leur anatomie. Lorsqu'il prenait son arme, les pies perchées sur les arbres environnants semblaient crier de façon narquoise ou indignée. Une pie criblée de plomb avait été jetée dans un pré. Une heure plus tard, elle était entourée de congénères qui cherchaient à entraîner le cadavre. Soudain, un coup de feu en abattit deux et dispersa le reste. Quand l'un des élèves du professeur se prit à enlever les cadavres, les autres revinrent en caquetant sur un ton menaçant.
La corneille n'est pas en reste. Un homme en possédait une dans son jardin et lui présentait une coupe conique en terre pour qu'elle puisse procéder à ses ablutions. Perchée sur le bord du récipient, Javotte y plongeait la tête et s'il y avait trop d'eau à son goût, son bec s'arc-boutait sur le rebord de la jatte pour la faire basculer. Dès que l'eau s'écoulait, la pie surveillait les opérations et recommençait son manège jusqu'à ce que le niveau de l'eau lui convienne, et elle se baignait.
Un homme avait une corneille dans son jardin. S'il s'asseyait sur un banc, l'oiseau le rejoignait pour que l'homme lui gratte le plumage. La corneille avait cependant des concurrents en la personne d'un chat et d'un vieux chien de chasse. Jaloux, il ne cessait de mettre en fuite les animaux à poil. Si le chat battait rapidement en retraite, le chien était plus têtu. Alors la corneille s'approchait lentement du chien par derrière et frappait sa queue d'un violent coup de bec. Le chien poursuivait dès lors l'oiseau qui se réfugiait au sommet d'un arbre. Le canidé récupérait sa place pour reprendre son sommeil, tandis que la corneille coquine recommençait son tour. Le maître prit pour habitude de siffler chaque fois que la corneille tentait de pincer la queue du chien mais "la corneille prenait un air indifférent et ramassait un gravier qu'elle tournait dans son bec. Le chien tranquillement se rendormait." Quand le chien finissait par en avoir assez, il déguerpissait, résigné. L'oiseau satisfait venait alors se faire gratter le plumage mais si son maître avait le malheur de mollir son geste ou pire de s'arrêter, la corneille frappait la cuisse de l'homme d'un léger coup de bec. Le coup se faisait plus insistant, plus appuyé si l'homme ne s'astreignait pas à la tâche. Cervelle de moineau... C'est vite dit! ©

lundi 2 septembre 2013

1895 : GSM, télépathie et surpopulation

Quand le passé s'aventure sur les pistes du futur, on a droit à quelques visions parfois surprenantes. L'Echo de la Semaine daté du 13 janvier 1895 relate ainsi une découverte insolite due au génie d'un certain Thomas Edison. J'ai choisi cette photo d'Edison parce que sa main pourrait tenir un téléphone portable. Impossible? Certes mais avec un peu d'imagination, on n'est pas loin du compte si on extrapole ces lignes extraites de L'Echo de la Semaine qui font allusion à l'une de ses nouvelles inventions : "C'est un minuscule téléphone logé dans un boîtier ressemblant à celui d'une montre ordinaire. Sur le cadran, se meut une aiguille de boussole actionnée par une bobine intérieure. Grâce à cet appareil et sans l'intermédiaire d'aucun fil, on peut communiquer, à n'importe quelle distance, avec une autre personne possédant un appareil identique. Edison affirme que la pensée seule d'un individu appliquée avec insistance à tel ou tel objet, peut produire un courant électrique d'intensité suffisante, pour permettre sa transmission." On frise même la science-fiction, n'est-ce pas? La communication par télépathie... On en est encore loin!

En 2072, on étouffe sur Terre!

Préoccupation bien actuelle, la démographie n'était nullement un sujet brûlant en 1895 et pourtant, on parle déjà de surpopulation dans un entrefilet de l'Echo de la Semaine du 6 janvier 1895. Un statisticien anglais avait déclaré qu'il y avait place sur Terre pour exactement 5 milliards 994 millions d'âmes. A l'époque, on dépassait à peine le chiffre d'un milliards de terriens.D'après ses calculs, ce chiffre fatidique sera atteint en 2072, "délai singulièrement court. Nous ne serons hélas ou heureusement plus de ce monde, pour voir ce que feront nos descendants, alors que tassés les uns sur les autres, ils se verront contraints de recourir à la force brutale pour assurer leur existence." 

La statistique n'est fort heureusement pas une science exacte puisque nous dépassons actuellement les 7 milliards d'humains. Le chiffre avancé par ce statisticien (dont on tait le nom) a été atteint entre 1995 et 2000. Si la place fait cruellement défaut dans certaines parties du globe (surtout dans les grandes villes), nous ne sommes pas "tassés les uns sur les autres" et réduits à la violence pour revendiquer notre territoire. Quoique. ©