samedi 28 décembre 2013

Le Club des Cinq et les trésors de notre enfance


Version Claude Voilier
Une BD en regard du texte



Voici 45 ans qu'elle nous a quittés et pourtant, son oeuvre évoque toujours des souvenirs délicieux pour la plupart d'entre nous. Sans doute un peu moins de nos jours eu égard aux accents naphtalinés de ses livres. Auteur particulièrement prolifique (plus de 800 romans à son actif en 40 ans), Enid Blyton est derrière "Oui-Oui", "Le Clan des Sept", la série "Mystère"... entre autres et surtout "Le Club des Cinq" ("The Famous Five").

Série moins connue

La série a récolté énormément de succès en France, où un auteur a décidé de reprendre le fil des aventures du Club Des Cinq, Claude Voilier. Au début des années 70, une bande dessinée est même introduite dans les livres. Chaque page écrite fait face à une planche de bandes dessinées. L'astuce permet de lire de façon classique mais aussi de dénicher de nouveaux éléments au fil de la BD. L'histoire est en effet déclinée de deux façons différentes et ce, dès 1972.


Adaptation phonographique (Disque "Le Petit Ménestrel)
Publié en français dans la collection de la Bibliothèque Rose, "Le Club des Cinq" a bercé ma prime jeunesse. Quatre jeunes aventuriers (Mick, Claude, Annie et François pour la version française) accompagnés de l'indispensable Dagobert, démêlent des intrigues policières. Je m'identifiais à Claude, le "garçon manqué" de l'équipe. Elle s'appelait Claudine mais ne répondait jamais lorsqu'on la nommait ainsi parce qu'elle trouvait ça trop féminin. Rebelle et sans peur, Claude est sans conteste un personnage presque féministe de la littérature enfantine. Derrière Claude, se cachait, en fait, l'auteur de la série. Face aux deux autres garçons du groupe, elle affirme son égalité. Si François est l'aîné, c'est Claude qui s'impose comme chef du clan. Mick est gourmand et farceur; quant à Anne, c'est la plus pouponne, la petite fille, coquette, douce et froussarde.

La série a été adaptée sur support audio mais aussi à l'écran, par le biais d'un feuilleton britannique diffusé en 1978/79 (26 épisodes d'une durée de 26 minutes).  Ce n'est pas la seule puisqu'une série a été produite à nouveau en 1996 et qu'un dessin animé français décliné en 26 épisodes ("Le Club des Cinq : Nouvelles Enquêtes") a été diffusé en 2008. Fin des années 50 et début des années 60, deux séries avaient déjà été produites en Grande-Bretagne et demeurent inédites sous nos cieux. ©

samedi 16 novembre 2013

La vie au plein air sans ses inconvénients, le confort 5 étoiles en sus


L'extérieur du home-car
La pratique du piano est possible


A l'heure où les gens du voyage sont souvent conspués (pour leur esprit libre? pour leur marginalité?), certains n'hésitent pourtant pas à céder aux embruns du voyage à bord d'un camping-car. 
Un salon vaste et coquet

Coup de fil aux amis restés à Paris





























En 1908, on appelait ça un "home-car", tel qu'on l'explique dans le journal Femina du 1er mai 1908. Le Baron et la Baronne R. de S. avaient fait construire un home-car au début du XXe siècle. Rien à voir bien entendu avec les conditions spartiates imposées aux romanichels de l'époque. Les nobles sont logés dans le luxe.

Ces adeptes du home-car ne manquent de rien : les pièces sont vastes et conçues de façon très pratique. On peut y jouer au piano, se détendre au salon ou encore tenir une conversation téléphonique dans l'intimité douillette de la roulotte. "Dans les localités où s'arrête son aristocratique roulotte, la baronne R. de S. se fait relier à la ligne téléphonique et peut ainsi causer de tous les coins de la France avec ses amis de Paris."

Pendant ce temps, les romanichels expérimentaient une vie bien sûr beaucoup moins confortable et plus rudimentaire, comme on le lit dans "La maison roulante" de Madame de Stolz édité en 1886, par la Librairie Hachette et Cie. Ce qui nous vaut ces deux superbes gravures d'Emile Bayard.

jeudi 7 novembre 2013

Mehdi, la musique de mon enfance

Fils de Cécile Aubry et de Si Brahim El Glaoui (descendant du pacha de Marrakech), Mehdi fut vraisemblablement le fantasme des petites filles sages des années 60. Prince du petit écran, le gamin à la mine boudeuse irrésistible et au sourire craquant est devenu le héros des plus célèbres séries de l'époque. Son succès culmina en pleine adolescence avec "Le Jeune Fabre". Il y incarnait Jérôme, un ado perturbé et ayant une vie familiale dissolue. Il tombera éperdument amoureux d'Isabelle Caderousse (campée par Véronique Jannot). L'histoire a pour fond la butte de Montmartre où son père, un alcoolique invétéré mais un artiste talentueux partage son modeste atelier avec Chadoun (Jean-Roger Caussimon). En dépit d"un scénario parfois maladroit, "Le Jeune Fabre" diffuse des bouffées généreuses de douceur et charme délicieux. 

Mehdi n'a que 5 ans lorqu'il monte son poney Poly dans la série éponyme. Plus tard, il devient le petit maître de Belle, une superbe Saint-Bernard qui l'accompagne dans ses aventures, parmi les hommes ou sur la Mary Morgane.

Chaque série était portée par une musique poignante (chantée ou instrumentale). Je pensais que c'était Mehdi qui interprétait ses propres génériques Mais non! "Les petits chanteurs de l'Île de France" (= les petits chanteurs d'Asnières) ont chanté la chanson de "Poly", tout comme Isabelle Aubret. "L"oiseau" était interprété par Bruno Pollius, un ancien Poppys. Le générique du "Jeune Fabre" est chanté par Demis Roussos. "Le peintre des étoiles" a eu pas mal de succès dans les années 70.

J'ignorais que Mehdi avait même sorti son 45 tours. Je ne me souviens pas l'avoir entendu à la radio. Sous le label de la Warner, "Un dimanche qui s'ennuie" / "Donnez-leur la paix" est sorti en 1974. Après une brève écoute sur bideetmusique, force est de constater que la mélodie sirupeuse et les paroles hachées ne m'ont pas vraiment convaincue. Jugez de vous-même en cliquant sur ce lien : http://www.bide-et-musique.com/song/11452.html

Peu importe. La magie dégagée par cette période de mon enfance est intacte et Mehdi y est pour beaucoup. ©

jeudi 31 octobre 2013

Le spectroscope, une découverte du XIXe siècle ou comment voir des fantômes

Dans l'édition du 26 janvier 1865 de "La science pour tous", un article est consacré au spectroscope qui est, en fait, un phénomène rapporté par l'American artisan.

"La science pour tous" fait allusion aux nombreux journaux qui prétendent qu'en photographiant les yeux d'une personne frappée de mort violente, l'image reproduit les derniers objets (ou les dernières personnes) qui ont marqué le regard. Il paraît même qu'on a reconnu dans les yeux d'une femme assassinée, les traits de celui qu'on supposait être son meurtrier! "Peut-être a-t-on fait des expériences sur des vivants ayant éprouvé une forte émotion ou une vive curiosité à la vue de certaines choses, nous l'ignorons." L'hebdomadaire scientifique reproduit en tous cas une expérience menée en Amérique et appelée "spectroscope".

"Pour produire l'apparition de la figure que nous publions, exposez-la à une forte lumière et regardez le point placé au-dessus du nez du spectre, pendantque vous compterez lentement cinquante, en tenant les yeux aussi immobiles que possible ; après, jetez vos regards sur le plafond ou sur un mur blanc et fixez-les sur un point ; vous verrez alors cette image aussi grande que le modèle apparaître sur le plafond ou sur le mur. Si vous ne distinguez pas de suite, fermez vos yeux deux ou trois fois très rapidement ; ne voyez-vous rien encore, ce qui est rare, fixez de nouveau la figure et regardez ensuite le plafond ou le mur.

"Si la figure est brillamment colorée, le spectroscope offrira plus d'intérêt ; car l'image se reproduira de même, en tenant compte seulement du changement des couleurs. Une figure blanche devient noire, le vert devient rouge, l'orange devient bleu.

"Faites cette expérience la nuit, éclairez vivement votre dessin et fixez vos yeux sur une surface blanche."

Le spectroscope ou comment voir des fantômes grâce à la science. ©

dimanche 27 octobre 2013

Tu es poussière et tu retourneras en bibelots!

L'humour est pour le moins surprenant à la fin du XIXe siècle. Humour et cynisme font en tous cas bon ménage à cette époque. Voici deux perles relevées dans "L'écho de la semaine" de 1895. Dans l'édition du 2 juin, on épingle cette croustillante annonce commerciale extraite d'un journal allemand : "Toute personne qui prouvera que mon tapioca est nuisible à la santé en recevra gratuitement trois boîtes." Diplomatie, finesse, et à propos truffent cette annonce de giclées d'insolence et de bon sens trempé dans l'ironie. Mais l'humour vire au macabre, en cette fin de XIXe siècle.

Der Tod als Würger d'Alfred Rethel (1851)
Le 21 juillet 1895, le même journal relate les recherches du Dr Cooper, un Américain qui veut transformer le corps humain en ustensiles de ménage ainsi qu'en bibelots d'étagère. Explication : "Le singulier inventeur soumet un cadavre à une pression hydraulique considérable. En quelques minutes, le corps se trouve transformé en une pâte très malléable que l'on moule comme on le désire et que l'on fait cuire tout comme s'il s'agissait d'un vase ou d'un pot de fleurs." On n'est ma foi pas si loin de l'optique développée par le superbe film d'anticipation, "Soleil vert" réalisé par Richard Fleischer (lui-même inspiré par le livre de Harry Harrison) : l'utilisation du corps humain comme objet esthétique ou utile. Dans le film de Fleischer, il servait d'aliment, unique ressource dans un monde en décadence et désormais dépourvu de ressources naturelles. La mort est aussi un business... Rien ne se perd, rien ne se crée. ©

vendredi 4 octobre 2013

Le Telephone Hirmondo, le journal parlé par téléphone en 1895

L'équipe qui lit les nouvelles du jour en 1901
Les germes du progrès contemporain se multipliaient déjà à la fin du XIXe, au début duXXe siècle. Le journal parlé existe depuis bien plus longtemps qu'on l'imagine. Le Telephone Hirmondo, créé à Buda-Pesth (orthographe d'antan) en Hongrie, était en réalité un journal parlé qui transmettait à ses abonnés l'actualité politique, littéraire, artistique, commerciales, etc.

Dès 8 heures tapantes, des flots d'information sont déversés dans le cornet du téléphone. Les événements de l'étranger sont d'abord diffusés, puis les nouvelles concernant l'Autriche-Hongrie et la presse locale. Suivent les cours de la Bourse et du marché des grains. L'après-midi, on a droit aux discusions du Reichstag et la soirée est consacrée à la critique dramatique et musicale ainsi qu'à des auditions partielles des théâtres et des salles de concert. Le midi et le soir, deux résumés des faits les plus saillants de la journée sont proposés. La brèche était ouverte : le flux d'informations n'allait dès lors plus pouvoir tarir. ©

lundi 30 septembre 2013

Les Martiens débarquent en 1895

Extrait de "Les autres mondes sont-ils habités?" de l'Abbé Moreux
Dans "L'écho de la semaine" daté du 24 novembre 1895, on s'interrogeait sur l'existence des Martiens (on écrivait "Marsiens" à l'époque). L'astronome américain Percival Lowell soutient mordicus que des canaux sont présents sur la planète rouge. Au fil de ses observations, il note l'apparition de feux brillants sur la surface du globe. Ces éclats sont observés à heures fixes, la nuit et disparaissent à l'aurore. Lowell en est persuadé : ce sont des signaux envoyés par les Martiens aux Terriens. Tous les astronomes du monde finissent par braquer leurs télescopes sur la planète rouge mais les interprétations varient et sont diamétralement opposées. L'hypothèse de Lowell est loin de faire l'unanimité. 

Une atmosphère ténue

Invivable pour le Terrien

Depuis longtemps, les savants de l'époque soupçonnent l'existence d'une atmosphère autour de Mars. L'Italien Giovanni Schiaparelli parvient à démontrer que cette atmosphère, bien que raréfiée par raport à la nôtre, possède une composition similaire. Il affirme que les taches blanches sur les pôles de la planète sont, en fait, des amas de neige et de glace. Malgré les similitudes qu'il note avec la Terre, il déclare que Mars est résolument inhabitable pour un Terrien, d'autant que les différences de températures entre le jour et la nuit sont considérables. "Cela ne veut pas dire que des êtres animés, spécialement conformés pour de semblables variations ne puissent y vivre, malgré la rigueur excessive du froid pendant la période nocturne, et la chaleur intolérable pendant le jour", affirme l'astronome italien.

Les canaux, oeuvres

d'êtres vivants

Au sujet des canaux, Schiaparelli pense qu'il s'agit d'un réseau de cours d'eau aboutissant à des lacs ou à des mers intérieures. Depuis 1894, Lowell étudie avec son télescope, le plus puissant au monde, 24 heures sur 24. D'après lui, les canaux sont l'oeuvre d'êtres vivants. Leur tracé suit des directions déterminées. Les taches sombres représentent des forêts touffues, les pointes vermeilles sont des régions désertiques et dès les glaces fondent, il constate que ces contrées se parent d'une végétation luxuriante. 

Lowell finit par conclure que ces êtres ont une robustesse de loin supérieure à la nôtre. "... le travail gigantesque exécuté par les Marsiens, pour le creusement et l'établissement de leurs canaux d'irrigation fertilisatrice, et aussi, les extraordinaires dimensions de ces derniers prouvent que sur cette planète vivent des populations beaucoup plus anciennes que celles de la Terre, et d'une stature infiniment supérieure dépassant en proportion tout ce que nous pouvons imaginer comparativement à la taille des hommes les plus grands." En un peu plus d'un siècle, nos horizons sur l'univers se sont élargis et Mars est un peu plus près. http://mars.jpl.nasa.gov/ ©

mercredi 25 septembre 2013

Bébé Antoine, Bonhommet et Tilapin : dormez tranquille, les petits!

Editions Dupuis
Editions Dupuis
Des dessins de Jamic sur un scénario d'André Lane (Editions Dupuis)
Texte: Renée Fuks
Dessins: Philippe Thomas
(Editions Dupuis)
Editions Dupuis
Avant "Feu vert" (avec Jacques Careuil et André Remy), je regardais "Bébé Antoine" ainsi que "Bonhommet et Tilapin" sur la RTB dont le sigle n'était pas encore affublé du "F". Les marionnettes avaient la cote à cette époque et il existait une pléiade d'émisssions pour les tout-petits. La voix fluette et zézayante de l'humoriste Marion résonne encore dans ma mémoire. L'émission durait exactement 7 minutes et mettait en scène un poupon à la touffe blonde et bouclée. Y succédera la série "Bonhommet et Tilapin" en 1966, créée par Renée Fuks et José Géal (aussi connu sous le sobriquet de Toone VII). Produite par le Théâtre de l'Enfance, l'émission s'est décliné en 340 épisodes de 5 minutes.
Bonhommet ressemblait un peu à Bébé Antoine, boucles blondes, visage rond et yeux perpétuellement étonnés. Son ami, c'était Tilapin qui ponctuait chaque épisode de cette phrase ronronnante : "Dormez bien, tous les petits lapins!". Nostalgie. ©

dimanche 22 septembre 2013

"Bonne nuit les petits" à bord du "Nounours Spécial Express"

Mes premiers souvenirs télévisés remontent au début des années 60. Hum, cela me situe. Mon programme préféré, c'était "Bonne nuit, les petits". Nounours était mon idole poilue favorite. Je savais que cette émission sonnait le glas de ma journée car je grimpais au lit juste après la poignée de sable du marchand du même nom. Je ne supportais pas d'entendre le générique de fin ponctué de filets de flûte aigrelette. Trop triste à mon goût. J'ignorais que Nounours et ses petits amis Pimprenelle et Nicolas avaient jadis embarqué dans un train. Nounours en première classe figure à la une de cette édition de "La Vie du Rail" daté du 28 mars 1965. Pimprenelle et Nicolas lui font signe, toujours en pyjama. Ce qui nous vaut quelques images gorgées d'émotion. ©

vendredi 13 septembre 2013

Almanach illustré du Soir 1933 : adieu, bleuets et coquelicots

Au fil des pages de l'Almanach illustré du Soir de 1933, j'ai épinglé cet article sur la disparition des bleuets et des coquelicots dans les champs. Ces fleurs sont les symboles de la guerre 14-18. Les coquelicots représentent ceux qui ont été sacrifiés sur le champs de bataille et les bleuets, les uniformes des Poilus français. 
Les coquelicots mouchètent encore aujourd"hui les bordures des champs blonds, même s'il s'agit d'une mauvaise herbe qui provoque un rendement moins important et une pollution de la farine. Tout ça ne nous rendra pas nos campagnes d'antan. On le regrettait déjà dans les années 30. ©


samedi 7 septembre 2013

Le corbeau démasqué!

L'intellligence du corbeau a été mise en exergue dans plusieurs reportages et articles récents. Le National Geographic n'hésitait d'ailleurs à clamer que "le corbeau est aussi intelligent que les grands singes". Comme les primates, les corvidés ont la capacité de raisonner. Et cela ne date pas d'hier puisque le Grec Esope narrait, voici deux siècles et demi, la fable d'un corbeau qui avait semé des cailloux dans un verre pour pouvoir hausser le niveau de l'eau et boire à sa guise.

Jaco, l'oenophile


J'ai mis la main sur deux ouvrages du XIXe siècle qui s'intéressent à la sagacité de cet oiseau. "L'intelligence des animaux" d'Ernest Menault (1869) écrit à son sujet qu'il peut imiter le chant du coq,miauler, aboyer ou encore reproduire le son de la crécelle pour effrayer les autres volatiles dans les champs de blé. On raconte l'histoire de Jaco, le corbeau du Dr Franklin qui, paraît-il, pouvait prononcer distinctement le mot "aqua" et pourtant, il préférait le vin à l'eau. Un jour, sa bonne posa un verre de vin rouge sur la table. Jaco le sirota, goutte à goutte. De crainte qu'il ne brise le verre, la servante le retira. Furieux, l'oiseau l'attaqua au visage. Face à trois verres remplis respectivement d'eau, de bière et de vin, Jaco dédaignait les deux premiers et affichait sa préférence pour le divin breuvage.

La colère des pies, la jalousie des corneilles


Le jardin des délices de Jérôme Bosch
Au fil des pages de "L'intelligence des animaux", même titre mais livre différent édité chez Louis Chaux en 1886, divers auteurs relatent des anecdotes qui en disent long sur la perspicacité des bêtes. Il semble ainsi que le corbeau sait parfaitement distinguer un bâton d'un fusil. Et sur ce point, la pie est apparemment plus maligne encore. Un professeur avait dû tuer de nombreuses pies afin d'étudier leur anatomie. Lorsqu'il prenait son arme, les pies perchées sur les arbres environnants semblaient crier de façon narquoise ou indignée. Une pie criblée de plomb avait été jetée dans un pré. Une heure plus tard, elle était entourée de congénères qui cherchaient à entraîner le cadavre. Soudain, un coup de feu en abattit deux et dispersa le reste. Quand l'un des élèves du professeur se prit à enlever les cadavres, les autres revinrent en caquetant sur un ton menaçant.
La corneille n'est pas en reste. Un homme en possédait une dans son jardin et lui présentait une coupe conique en terre pour qu'elle puisse procéder à ses ablutions. Perchée sur le bord du récipient, Javotte y plongeait la tête et s'il y avait trop d'eau à son goût, son bec s'arc-boutait sur le rebord de la jatte pour la faire basculer. Dès que l'eau s'écoulait, la pie surveillait les opérations et recommençait son manège jusqu'à ce que le niveau de l'eau lui convienne, et elle se baignait.
Un homme avait une corneille dans son jardin. S'il s'asseyait sur un banc, l'oiseau le rejoignait pour que l'homme lui gratte le plumage. La corneille avait cependant des concurrents en la personne d'un chat et d'un vieux chien de chasse. Jaloux, il ne cessait de mettre en fuite les animaux à poil. Si le chat battait rapidement en retraite, le chien était plus têtu. Alors la corneille s'approchait lentement du chien par derrière et frappait sa queue d'un violent coup de bec. Le chien poursuivait dès lors l'oiseau qui se réfugiait au sommet d'un arbre. Le canidé récupérait sa place pour reprendre son sommeil, tandis que la corneille coquine recommençait son tour. Le maître prit pour habitude de siffler chaque fois que la corneille tentait de pincer la queue du chien mais "la corneille prenait un air indifférent et ramassait un gravier qu'elle tournait dans son bec. Le chien tranquillement se rendormait." Quand le chien finissait par en avoir assez, il déguerpissait, résigné. L'oiseau satisfait venait alors se faire gratter le plumage mais si son maître avait le malheur de mollir son geste ou pire de s'arrêter, la corneille frappait la cuisse de l'homme d'un léger coup de bec. Le coup se faisait plus insistant, plus appuyé si l'homme ne s'astreignait pas à la tâche. Cervelle de moineau... C'est vite dit! ©

lundi 2 septembre 2013

1895 : GSM, télépathie et surpopulation

Quand le passé s'aventure sur les pistes du futur, on a droit à quelques visions parfois surprenantes. L'Echo de la Semaine daté du 13 janvier 1895 relate ainsi une découverte insolite due au génie d'un certain Thomas Edison. J'ai choisi cette photo d'Edison parce que sa main pourrait tenir un téléphone portable. Impossible? Certes mais avec un peu d'imagination, on n'est pas loin du compte si on extrapole ces lignes extraites de L'Echo de la Semaine qui font allusion à l'une de ses nouvelles inventions : "C'est un minuscule téléphone logé dans un boîtier ressemblant à celui d'une montre ordinaire. Sur le cadran, se meut une aiguille de boussole actionnée par une bobine intérieure. Grâce à cet appareil et sans l'intermédiaire d'aucun fil, on peut communiquer, à n'importe quelle distance, avec une autre personne possédant un appareil identique. Edison affirme que la pensée seule d'un individu appliquée avec insistance à tel ou tel objet, peut produire un courant électrique d'intensité suffisante, pour permettre sa transmission." On frise même la science-fiction, n'est-ce pas? La communication par télépathie... On en est encore loin!

En 2072, on étouffe sur Terre!

Préoccupation bien actuelle, la démographie n'était nullement un sujet brûlant en 1895 et pourtant, on parle déjà de surpopulation dans un entrefilet de l'Echo de la Semaine du 6 janvier 1895. Un statisticien anglais avait déclaré qu'il y avait place sur Terre pour exactement 5 milliards 994 millions d'âmes. A l'époque, on dépassait à peine le chiffre d'un milliards de terriens.D'après ses calculs, ce chiffre fatidique sera atteint en 2072, "délai singulièrement court. Nous ne serons hélas ou heureusement plus de ce monde, pour voir ce que feront nos descendants, alors que tassés les uns sur les autres, ils se verront contraints de recourir à la force brutale pour assurer leur existence." 

La statistique n'est fort heureusement pas une science exacte puisque nous dépassons actuellement les 7 milliards d'humains. Le chiffre avancé par ce statisticien (dont on tait le nom) a été atteint entre 1995 et 2000. Si la place fait cruellement défaut dans certaines parties du globe (surtout dans les grandes villes), nous ne sommes pas "tassés les uns sur les autres" et réduits à la violence pour revendiquer notre territoire. Quoique. ©

jeudi 29 août 2013

"Men only" : cigarettes, whisky et p'tites pépées


Dans un magazine intitulé "Men Only", on se doute un peu que les pubs sont extrêmement ciblées. Reste à savoir pourquoi l'alcool et la cigarette sont synonymes de virilité à l'époque. Les temps ont peu changé et certaines marques nous rabâchent encore aujourd'hui les oreilles avec des slogans aux relents machistes.

Le magazine britannique affichait même une réclame en français (avec sous-titres!). Normal : le produit l'était. Et pour le reste, un bon scotch whisky écossais qui "réjouit le coeur de l'homme" et du tabac pour "rassasier son plaisir". ©