lundi 24 août 2015

Voyages d'antan

Les odeurs sont exacerbées en été. Y compris celle du passé, aux relents moisis et âcres, qui parviennent tout de même à faire frémir mes narines. Dans son grenier, ma grand-mère avait hâtivement fourré des poignées de revues de bricolage et de brochures de voyage chiffonnées, après la mort de boumpa. Mon grand-père avait accumulé livres, magazines techniques, objets hétéroclites à la faveur de brocantes. 
Le guide 1964
Le Michelin 1922
Je ne puis me résoudre à jeter ces pages poussiéreuses et fétides, car leurs effluves et leur charme désuet n'ont pas fini de me téléporter à une époque que j'ai à peine connue.
Dans les années 50 et 60, les vacances n'étaient pas encore monnaie courante pour la classe moyenne. On partait à la mer bien entendu ou dans les Ardennes et même jusqu'au Luxembourg ou en France mais les destinations exotiques se limitaient souvent à la Côte d'Azur ou pour les plus imaginatifs, à la visite du zoo de Meli à Adinkerke!
On profitait de ce qu'on avait sous les yeux, à quelques encablures de chez soi. Un trou de carrière qui s'improvisait en plage rocailleuse, avec plongeon rafraîchissant dans les eaux profondes et glaciales. Un pique-nique sur le gazon d'un parc. Une balade dans le parc de la Dodaine à Nivelles ou dans le domaine de Huizingen. Une façon de savourer avec délicatesse et bon goût, la simplicité d'un moment. Il y avait assez de curiosités dans le pays, dans la région pour satisfaire son goût de la découverte. Du moins, c'est ce dont on était persuadé à l'époque. Les expéditions lointaines étaient après tout réservées aux explorateurs.
Le Guide Michelin qui existait déjà depuis belle lurette, avait déjà la cote et mon grand-père devait probablement en acheter un neuf chaque année.
Faire des plans de voyage, c'était déjà voyager en soi, même s'il en demeurait au stade des projets. Il avait amassé des cartes routières à n'en savoir que faire. Je l'imagine parfois, les lunettes soulevées sur son front plissé, l'air perpétuellement grave, traçant du bout de l'index des itinéraires de voyage qu'il ne réaliserait sans doute jamais. Ignorant peut-être que sa petite-fille s'attarderait, un jour, sur ses rêves... ©

mercredi 12 août 2015

"Fillette", l'illustré pour elles tous les jeudis

C'était au temps où les revues s'appelaient "La Semaine de Suzette" ou "Fillette". Edité par la SPE (Société Parisienne d'Edition), le journal "Fillette" est lancé en 1909. Les gamines de l'époque craquent pour les aventures de l'"Espiègle Lili", pendant féminin des "Pieds nickelés" dont raffolent les galopins. La revue va cependant péricliter pendant la guerre et l'Occupation verra la mort de "Fillette". En 1946, le journal renaît de ses cendres et fera le bonheur des petites filles jusqu'en 1964.
  
Voici quelques couvertures venues de l'année 1949, ainsi qu'une page magazine spéciale jeunes filles de l'après-guerre. On y apprend notamment que les singes pourraient bientôt parler grâce aux découvertes du Dr Robert Yerkes. Que la couleur des yeux peut révéler le caractère de la personnes. Sachez que les yeux de couleur changeante sont un signe de finesse.Les paresseux n'ont, paraît-il, jamais les yeux changeants. Les gourmandes suivront les instructions pour composer de succulentes brioches martiniquaises. A arroser avec un peu de rhum chaud coupé d'eau tout de même! ©