mercredi 28 décembre 2011

Thierry La Fronde : on a toutes été des Isabelle

J'ai déniché ce beau livre dans une bouquinerie et je remercie l'anonyme vendeur originel qui a pris tant de soin de cette édition des deux coqs d'or datée de 1965...  Corne bouc ! Cela ne date pas d'hui et j'étais une meschinette en ces temps-là. C'était une production de l'ORTF. Et pourtant, je garde un souvenir ému du beau Thierry La Fronde incarné par le Lessinois Jean-Claude Drouot.
Thierry La Fronde était drôlement plus sexy que Nounours et j'oserais même dire : plus mignon ! Je n'y comprenais que dalle aux intrigues mais j'adorais regarder les galipettes du séduisant Thierry dont les jambes athlétiques étaient moulées dans un collant serrant à souhait. Mordiable ! Je rêvais de galoper avec lui sur son fier destrier blanc, de pourfendre les ennemis à ses côtés et surtout de manier la fronde aussi adroitement que lui. Parfois, j'aurais aimé être Isabelle pour devenir sa compagne. Ta daaaa da-da Ta-da-ta-da-da Ta daaaa da-da Ta-da-ta-da-da... ©

samedi 24 décembre 2011

Clo Clo: j'y pense et puis je n'oublie pas


Photo publiée avec la partition d'"En rêvant à Noël"
L'amour de mes 6 ans était sans conteste Claude François. Clo Clo donnait un concert au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, en ce 16 mars 1968. En vedette américaine, il y avait Gaston(*), un humoriste qui finissait son show en enfonçant sa tête dans un tableau. Il allait ainsi « faire tapisserie » pendant tout le spectacle de Claude, le cadre irrémédiablement accroché au cou. C'est l'un des détails stupides et inutiles inexplicablement demeuré gravé dans ma mémoire. Lors du concert, j'ai souvent regardé la gigantesque silhouette de Claude se détacher du mur côté cour. Un autre détail inexplicable. C'était comme si l'ombre me paraissait plus réelle que l'homme lui-même.

Tout se déroulait tel dans un rêve merveilleux. D'autant que ma mère avait pris soin d'acheter préalablement un gigantesque bouquet de fleurs pour que je puisse le remettre à mon idole. On m'avait présentée à un agent de la sécurité, au bas de la scène, une sorte de garde du corps prêt à intervenir au moindre débordement passionnel. J'étais très émue. Un homme m'avait pris la main pour être sûr que je ne m'échappe pas. J'observais le profil de Clo Clo de plus près. Il était ruisselant de sueur. Aux premiers rangs, des adolescentes en transe hurlaient et tendaient des mains suppliantes vers leur vedette. Je ne comprenais pas grand chose à ce rituel mais je remarquai que cet impudique étalage de sentiments exubérants ne plaisait pas trop à l'homme qui me serrait la menotte. Il hocha la tête et esquissa un signe à un collègue qui leur pria de s'asseoir et de se calmer. J'avais l'air d'un ange à côté de ces grandes filles. Entre deux chansons, le garde du corps m'invita à grimper sur scène. J'escaladai les quelques marches qui me séparaient de mon beau blond. Gaston m'adressa un clin d'œil complice. Claude se tourna vers moi, saisit brusquement ma gerbe et colla sa joue sillonnée de gouttes de sueur sur mes lèvres. J'effleurai à peine son épiderme mouillé, tant son mouvement fut expéditif. Les grandes filles ne pouvaient plus se contenir. Elles rêvaient probablement d'être à ma place mais je songeai qu'embrasser un chanteur en pleine transpiration, n'avait rien de très agréable. Les baisers moites, ce n'était pas ma tasse de chocolat ; mais ce soir-là, j'avais été la seule à embrasser Claude François. Et ça valait tous les baisers moites du monde !©

(*) Michel Cassez dit Gaston, a été le chef d'orchestre de Claude François avec René Urtreger, François Jeanneau. C'est Claude François qui le baptisera « Gaston », par référence à Gaston Lagaffe. Benjamin de l'octuor « Les Compagnons de la Chanson », Gaston était un multi-instrumentiste.

jeudi 22 décembre 2011

Bibliothèque illustrée des voyages autour du monde : aventuriers des temps oubliés

Mon grand-père avait une impressionnante collection de livres, pas seulement que de livres d'ailleurs. Tout ce qui lui passait sous la main devait avoir de la valeur pour lui car il gardait tout et n'importe quoi. Quand il est parti au crépuscule des années 60, il a hélas fallu se débarrasser de la plupart de ses affaires. Fort heureusement, tout n'a pas été englouti dans des conteneurs et quelques bouquins hantaient toujours le grenier de ma grand-mère. Je m'y engouffrais avec la joie simple et forte qui possède l'enfant prêt à découvrir ses cadeaux de Noël. J'ignore de quand date cet ouvrage mais vu les références chronologiques qui émaillent la lecture, je pense que ce livre doit avoir été écrit fin du XIXe siècle, début du XXe siècle. 
J'ai parcouru avec délectation quelques chapitres. Le langage fleuri et expressif, naïf aussi, les gravures claires et détaillées m'ont soufflée en même temps qu'ils m'ont fait beaucoup rire. Ce que ces pionniers aventuriers ont vécu font vraiment passer nos explorateurs modernes pour de simples touristes.
Olivier Ordinaire signe un chapitre sur l'Amazonie, digne d'un récit de film hollywoodien de série B. Il explique que les Indiens éprouvent - à juste titre - du ressentiment à l'égard des blancs parce que ceux-ci leur ont apporté des maladies inconnues jusqu'alors qui déciment leurs tribus : la petite vétole, le rhume (oco), la peste (muru)... L'explorateur explique donc qu'il est poursuivi par des hordes d'indigènes et qu'il trouve refuge dans une cabane "Je me rappelais alors que les Conibos, aussi bien que la plupart des autres sauvages, ont une extrême répugnance à verser le sang, fût-ce celui de leur mortel ennemi, dans l'intérieur de la case qu'ils habitent." Accompagné de son chien Pescador, ce Tintin avant la lettre parvient à se débiner en offrant des cadeaux aux Indiens. "Tout cela est pour toi, lui dis-je. Je veux être l'ami des Conibas de l'Ucayali, comme je suis ceux du Pachitea, qui ne m'auraient pas donné les objets, précieux pour moi, que tu as vus dans la pirogue, s'ils m'avaient cru capable de cacher le muru dans mon sac."
 
Tout est bien qui finit bien, comme dans les meilleures histoires sauf que... Appelé vers d'autres missions, il décide d'attacher son compagnon canin près de sa tente car il doit approcher des singes et Pescador n'a pas l'air de les apprécier. Alors qu'il est à bord d'une pirogue pour traverser un fleuve, Pescador veut suivre son maître et s'étrangle au bout de sa laisse. Un homme d'équipe coupe sec la corde qui étouffait le chien qui s'élance vers l'embarcation. "A l'exclamation de l'Indien, je me retournai et je vis mon pauvre chien poursuivi par six caïmans qui étaient sortis du fouillis de plantes aquatiques de la rive. J'avais laissé mon fusil à bord du vapeur, mais, l'eussé-je tenu tout armé, je n'eusse certes pas réussi à le sauver, car à peine l'avais-je vu, nageant de toutes ses forces, le cou tendu vers moi, qu'un des sauriens le saisit dans ses formidables mâchoires et plongea aussitôt. Mes yeux s'attachèrent à la place où ils avaient disparu, et je vis longtemps des bulles d'air monter à la surface de l'eau jaunâtre, d'où je conclus que Pescador était dévoré en cet endroit même, au fond de l'étang." ©

samedi 17 décembre 2011

Baba de Barbie

On aura beau dire tout ce qu'on veut et elle aura beau faire hérisser les poils des féministes pures et dures: du haut de ses 30 centimètres ou quelque, Barbie est un jouet culte. Elle fait partie de l'enfance de la plupart de celles qui furent petites filles dans les années 60.

En 1997, la société Mattel passait le cap du milliard de poupées écoulées. Depuis ces dernières décennies, les ventes ont reculé, conséquence de la concurrence mais Barbie tient malgré tout la tête haute.

En 1963, voici ce que la revue pour fillettes "Lisette" publiait à propos de Barbie que la France découvrait. Elle avait créée deux années plus tôt aux Etats-Unis. Elle était présentée comme la poupée de "celles qui ne  jouent plus à la poupée".  ©

jeudi 15 décembre 2011

La routine : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme



Je n'avais, à cet âge-là, plus l'âme à croire en Saint Nicolas mais mes frères cadets espéraient toujours le petit miracle du 6 décembre. Nous étions cependant à mille lieues de nous douter que nos parents avaient, à cette époque, quelques soucis financiers. Saint Nicolas devait de toutes manières passer coûte que coûte...

J'ai un souvenir ému de cette Saint-Nicolas parce que j'avais remarqué qu'elle n'était pas comme les autres. Point de jouets neufs, point de friandises en abondance. Quelques livres visiblement achetés en seconde main avaient été étalés sur le divan du salon. J'avais le coeur serré, pas pour moi mais pour mes frères qui y croyaient peut-être encore... Je sentais que quelque chose n'allait pas mais je n'osais pas y penser, de crainte d'émousser la part d'innocence qui me restait toujours.

C'est pourtant à l'occasion de cette Saint-Nicolas que j'ai découvert le magazine Pilote. Ma mère avait acheté un album relié que j'ai dévoré en un clin d'oeil. Je l'ai retrouvé, il y a peu et c'est comme si j'avais exhumé un nouveau trésor. Dans cet album, une bande dessinée en trois pages m'avait particulièrement marquée. Cela s'appelle "La routine" et c'est tellement vrai. C'était une création de Mahaux. ©

dimanche 11 décembre 2011

La beauté éternelle à tout prix

Comme l'écrit l'Ecclésiaste dans la Bible, il n'y a rien de neuf sous le soleil. "Ce qui est a déjà été, et ce qui sera a déjà été". Pour preuve, les préoccupations humaines les plus futiles n'ont guère changé. Comme jadis, nous désirons toujours paraître, et surtout être beaux. Jetez donc un coup d'oeil sur ces délicieuses réclames extraites  du Petit Parisien du 30 octobre 1904. Un poitrine opulente pour madame, une barbe ou des moustaches aguichantes pour monsieur, des modificateur des formes du nez pour rectifier les appendices rebelles à l'esthétisme conventionnel. Tout semblait possible. Il suffisait d'une lotion miracle pour que les poils se développent et même dès l'âge de 15 ans, promettait-on. Une pommade magique efface les rides, les rougeurs de la peau, les cicatrices, les taches de rousseur... et la farine hongroise ôte des paupières et de l'oeil tout signe de fatigue. Dire que la tyrannie de la beauté à tout prix ne faisait que commencer. ©

 



mercredi 7 décembre 2011

Vive la neige... et Aslan!

Avant de réaliser d'aguichantes pin-ups pour le magazine "Lui", Aslan distillait ses indéniables talents d'illustrateur dans le journal Tintin. Voici le dessin qu'il avait réalisé pour la couverture du numéro 5 (13e année), juste à l'aube de l'année 1958, année de l'Expo.

L'image est aussi rafraîchissante, aussi pimpante, aussi pure que les illustrations de Marcel Marlier, le créateur de "Martine". C'est à partir de 1956 que les illustrations d'Aslan (alias Alain Gourdon) émaillent les couvertures des magazines Tintin mais aussi Line, Nous Deux et Intimité.
Ce qu'on sait sans doute moins, c'est qu'il est également sculpteur et qu'il a, entre autres, commis une statue en pierre de Dalida (qu'on peut voir au cimetière de Montmartre) ainsi qu'un buste de l'ancien président français Georges Pompidou. ©

Depuis 2000, deux sites Internet lui sont consacrés. Je vous conseille de les  visiter. C'est par ici :

 

samedi 3 décembre 2011

Quelle mouche les piquait donc ?

En somme, le monde ne change pas vraiment. La presse à sensation non plus. Notre intérêt morbide pour l'horreur, le supernaturel, l'incompréhensible non plus. 

Voici une perle épinglée dans "Le Petit Parisien", le supplément littéraire illustré du 30 juillet 1911. Comme vous pouvez, de fait, le constater, tout est dans l'image. Un bi-jou, vous dis-je !

Journal français ayant eu ses heures de gloire entre 1876 et 1944, "Le Petit Parisien" est l'un des quatre plus fameux quotidiens français de l'avant-guerre. D'abord de gauche, le journal devient finalement populaire. Au début du XXe siècle, le quotidien écoulait un million d'exemplaires. A la fin de la 1re guerre mondiale, plus de deux millions d'exemplaires sont vendus. Il s'agit du plus gros tirage au monde!

L'heure du déclin sonne cependant à la Libération. Pendant l'Occupation, le gouvernement militaire allemand transforme le journal en organe de propagande. Pierre Dupuy qui avait succédé à son père aux rennes de la société, est suspecté de collaboration. Il sera acquitté mais c'en est fini du "Petit Parisien" dont la réputation a été irrémédiablement souillée. ©