mardi 30 avril 2013

La route déjà meurtrière dans les années 50

Au début des années 50, les accidents de la circulation provoquent annuellement 4800 morts en France, selon l'Almanach Hachette 1954. Soit 13 morts par jour. Dans les années 70, un pic est atteint avec 16 445 morts! Aujourd'hui, on en recense 3645 avec un parc automobile bien entendu nettement plus important que dans les années 50. C'est encore trop mais on est sur la bonne route... En Belgique, la tendance est similaire.

Dans l'Almanach Hachette de 1954, on épingle essentiellement les errements humains pour expliquer les accidents de la circulation. Les statistiques mettent en exergueque 60 % des accidents sont dus à une origine humaine : faute de conduite, excès de vitesse, signalisation mal comprise ou non respectée,... 15 % des accidents ont pour origines des éléments matériels : état de la route, mécanique défaillante,...

"Et pourtant les règles à observer sont si simples et si élémentaires! Ne pas traverser sans regarder ou ne pas traverser en courant, ne pas jouer sur la chaussée ou ne pas courir après une balle ; ne pas être distrait sur la voie publique." (...) "Prudence, vigilance, habileté, courtoisie, maîtrise de soi, tempérance sont les qualités d'un bon conducteur en même temps que d'un usager sérieux." Ahhh, tout semblait si simple à l'époque! ©

vendredi 26 avril 2013

jeudi 18 avril 2013

Une vitrine sur le futur imaginée dans les années 60

Le lèche-vitrines est vraisemblablement une activité de moins en moins prisée, dans nos rues en tous cas avec ce printemps qui peine à s'imposer. En outre, nos vitrines se sont muées en écrans PC avec l'avènement d'Internet et du commerce en ligne. Dans les années 60, il en était tout autre et un soin tout particulier était accordé à la décoration des vitrines. "L'art de décorer les vitrines", un livre de Gisors-Isabey et Marabini publié chez Hachette en 1967, nous transporte avec bonheur dans les années d'or de la décoration faste des étalages à Paris.
Ce qui m'a particulièrement accrochée, c'est la vision futuriste développée dans un chapitre et le coup d'oeil sur la "cité de l'an 2000". La vision sixties du futur a quelque chose d'épuré, de "fleur bleue" et justement de très "sixties". On est de fait en plein rétrofuturisme. Mais... on est parfois pas très loin de la réalité. "L'urbanisme de l'avenir fera de la décoration de vitrine le paysage de la ville, surtout dans le cadre de la civilisation des loisirs, qui se caractérise avant tout par la machine électronique à effectuer les achats, la vente utilitaire devenant le monopole des supermarchés où tout, depuis le vin, la cigarette jusqu'aux bas nylon, sera fourni par des distributeurs automatiques."

Le commerce de luxe fleurira tandis que les détaillants tendront à disparaître peu à peu. Ces derniers devraient être remplacés par des "robots automatiques" (sic).
Georges Patrix et le groupe international d'architecture prospective (GIAP) se révèlent visionnaires. "Allongé confortablement sur son coussin d'air, l'homme de demain interroge chez lui sa "machine à acheter" qui l'informe sur tous ses problèmes afin qu'il décide de son choix. Un grand écran de télévision lui permet d'apprécier aussi bien l'esthétique que la technique de son futur achat et il prend sa décision, sans bouger de son fauteuil, par télécommande auprès des magasins de service fournissant les produits utilitaires groupés et banalisés." Surprenant de réalisme, n'est-ce pas? Imaginé, il y a près de cinquante ans. ©

mercredi 10 avril 2013

En 1956, on pensait que le pétrole serait épuisé dans les années 1980!

La lecture des almanachs peut être édifiante. Il est des questions essentielles qu'on imagine souvent actuelles et pourtant, force est de constater que certaines préoccupations étaient déjà présentes. "Aurons-nous encore du pétrole en l'an 2000?", s'interroge l'un des rédacteurs de l'Almanach Hachette 1956. 


Dans les années 50 et 60, l'environnement ne semblait cependant pas être un souci majeur pour l'homme qui désirait avant tout exploiter au maximum toutes les ressources de la Terre. La finitude des choses n'était pas vraiment envisagée (l'est-elle davantage aujourd'hui? Je ne pense pas). C'était l'époque dorée, celle des illusions, du plein emploi, du rock 'n' roll et de la foi inébranlable dans le progrès technologique. Et pourtant, en 1956, on estime que les réserves pétrolifères se chiffrent à 20 milliards de tonnes. Eu égard à la consommation sans cesse croissante, on juge, à l'époque, que les réserves devraient être épuisées dans moins de 30 ans!

Aujourd'hui, le World Energy Resources Program de l'US Geological Survey pense que les réserves mondiales restantes connues seront épuisées d'ici une cinquantantaine d'années. Il ne s'agit néanmoins que d'approximations et les chiffres diffèrent d'un organisme à l'autre. Il faut entre autres inclure les éventuels dérivés du charbon, les produits du recyclage, les réserves encore inexploitées dans les zones protégées comme l'Alaska... Si nous ne sommes pas dans le secret des dieux de ce monde, gageons que c'est la nature qui aura le dernier mot.

Pétrole à sec dans les années 1980

L'énergie nucléaire pourvoira!


En 1956, l'Amérique est consciente que ses gisements pétroliers décroissent dangereusement et décide d'en importer du Moyen Orient, afin de de pas entamer davantage les ressources nationales. Les USA donnent douze ans d'existence aux réserves de pétrole dans leur pays. "En mettant les choses au mieux, nous en avons sûrement pour plus de 30 ans, peut-être 40... mais probablement pas 50.", prédit l'auteur.  

"Bah! diront certains, d'ici là, il y aura belle lurette que l'énergie nucléaire, enfin domestiquée, pourvoira à tout. A quoi bon, dès lors, s'inquiéter des lendemains?" Ah oui! Le miracle nucléaire apparaît plein de promesses. On rêve de voiturettes qui fonctionnent avec une parcelle d'uranium, substitut pratique et bon marché au bidon d'essence.

Une autre question tarabuste les contemporains à l'époque :  "La Terre se réchauffe-t-elle?" J'y reviendrai. ©

lundi 1 avril 2013

Quand la femme fait la pub...

Si la condition féminine paraît s'être considérablement améliorée, force est de constater que la publicité véhicule toujours aujourd'hui les indécrottables clichés. La femme doit être belle, jeune et mince. En un mot : aguichante dans le seul but d'assouvir les appétits sexuels des hommes.

Quoi de plus normal? Quoi de plus naturel? Le sexe a toujours mené le monde par le bout du nez après tout. L'ennui, c'est que la pub nous impose depuis plus d'un siècle, un modèle immuable : celui de la femme-objet. N'est pas femme qui veut. Il faut plaire à tout prix. Aujourd'hui tout comme hier.


Ces quelques pages extraites du magazine "Marie-Claire" du 18 février 1938, en disent plus que de longs discours.

Son patron tombe amoureux
de ses mains

Marie-Françoise devient reine du bal dès qu'elle comprend que sa beauté devait être plus féminine, plus charmeuse, plus aguichante. Les cheveux blonds (même s'ils sont châtains) doivent être parés d'un doré éclatant grâce à un shampoing vitaminé spécialement pour blondes. Les soucis ne sont sans doute pas les mêmes qu'aujourd'hui puisque les femmes semblaient jadis se battre contre la maigreur. Vive les rondeurs!

Grâce aux caoutchoucs de beauté à porter une demi-heure et aux vernis à ongles tout droit venus de Hollywood, elle épouse son patron tombé amoureux de ses mains!

La naïveté a peut-être disparu depuis des lustres mais le message est toujours le même. Il vaut mieux être belle, jeune et bien formée (mais pas trop) pour vendre efficacement. Parce que les recettes publicitaires le valent bien. ©