mardi 28 février 2012

Takatakatakatakataka! Coup de boule!

Le kitsch a peut-être atteint des sommets dans les années 70 mais personne n'en était conscient à l'époque. Le grotesque était à la mode et l'excentricité était cultivée sous toutes ses formes. Quelle liberté lorsqu'on compare avec aujourd'hui (soupir d'indécrottable nostalgique)...

La culture 70's se déclinait en formes rondes et en couleurs criardes. Prenez la Buggy, icône de l'ère hippie. Ce véhicule tout-terrain aux rondeurs féminines, était garni de pneus larges et affichait généralement une carrosserie d'inspiration psychédélique.

Les gadgets foisonnaient et on n'hésitait pas à allonger un billet pour acquérir la dernière nouveauté tellement futile mais tellement amusante. Certains de ces objets sont devenus "culte", comme le chien-à-la-tête-qui-balance sur la plage arrière des voitures ou le "drinking bird". Le volatile au duvet rose et coiffé d'un haut-de-forme, était placé devant un verre rempli d'un liquide et il répétait inlassablement son mouvement de balancier.


Les courbes, les rondeurs, les sphères, bref les boules semblaient avoir la cote... Certaines donnaient même les boules aux parents ! Qui se souvient des "Klick-Klacks" ? Ou Klackers, Poppers ou Clacks Clacks... Le jouet était composé d’une paire de boules en plastique dur attachées à un anneau par deux bouts de ficelle. On faisait claquer les boules jusqu’à ce qu’elles décrivent un arc de cercle. Le "takatakatakatakataka" frénétique étaient crispant pour les adultes mais qu'il était grisant de produire ces rafales de claquements. Mon poignet était recouvert d'hématomes mais il m'en fallait davantage pour me dégoûter du rythme trépidant de ces "clac-clac-clac-clac-clac".


Toutes mes copines en possédaient au moins une paire et on organisait des concours de la meilleure claqueuse dans la cour de récré. Jusqu'au jour où une sombre rumeur s'étendit comme une traînée de poudre. On racontait qu'un enfant était mort, après qu'une de ces boules se fût fracassé sur son front. Soudain, on entendit pârler d'une épidémie d'accidents causés par les "Clack Clacks" : ecchymoses, yeux au beurre noir et blessures en tous styles se multipliaient à une cadence effrénée. Les établissements scolaires finirent par bannir les boules et peu à peu, la mode s'essouffla.


Ceci ressemblait ma foi fort à un complot adulte face à la gent enfantine. Après tout, avec la disparition des "Klackers", les parents avaient retrouvé un peu de paix.©

vendredi 24 février 2012

Rendre à la Monnaie ses plus belles pièces


En 1949, le Théâtre Royal de la Monnaie célébrait son 250e anniversaire. Au début de l'année 1700, le Grand Opéra célèbre son inauguration. L'Italien Bombarda, son créateur obtient auprès du Roi, un octroi exclusif pour la représentation de tous les spectacles à Bruxelles. Si aucun document iconographique ne permet d'imaginer l'intérieur du Grand Théâtre, la salle vaste et délicatement décorée, fut en tous cas l'une des plus somptueuses d'Europe. Au cours du XVIIIe siècle, le Théâtre de la Monnaie fut transformé à plusieurs reprises. L'inauguration du Grand Théâtre sur la Monnoie eut lieu en grandes pompes, en présence de SA Electorale de Bavière et de la noblesse de la ville.

Place de la Monnaie XVIIIe siècle. Au fond à gauche, l'Ancien Théâtre
La scène de la Monnaie présentera, en français et avant Paris, des opéras italiens comme "La Norma" de Bellini en 1842, "Ernani" de Verdi (1845) et en 1843, deux oeuvres de Donizetti : "Belisaire" et "Don Pasquale". Toujours, Bruxelles allait prendre les devants et accueillir des oeuvres étrangères, inédites en français. Comme la première adaptation française de la "Léonore" de Beethoven qui allait devenir "Fidélio" (1847) et "Nabuchodonosor" de Verdi en 1848.
D'après nature (lith. Ar. Lund)

Le 21 janvier 1856, des volutes de fumée de plus en plus grasses et sombres s'échappent du théâtre. Le bâtiment est entièrement détruit. La Ville confie à l'architecte Poelaert, l'auteur des plans du Palais de Justice, la tâche de relever l'édifice. Celui-ci deviendra l'actuel Théâtre de la Monnaie, inauguré le 24 mars 1856.

Les illustrations sont extraites du recueil "Théâtre Royal de la Monnaie. Deux cent cinquantième anniversaire" édité le 30 mai 1949. Un beau livre émaillé de gravures superbes mais aussi d'une panoplie de publicités qui en disent long sur les goûts et les coutumes de nos parents ou grand-parents. ©

jeudi 16 février 2012

De la poussière à la poussière...

Vous le savez. J'aime l'atmosphère poussiéreuse des brocantes et boutiques de livres d'occasion. On y exhume des trésors qui ne coûtent que quelques sous. Bien sûr, ils ne valent sans doute pas plus et sûrement même beaucoup moins... mais ce qui a été oublié, ce qui est fané, possède, à mes yeux, une plus-value émotionnelle.

L'autre jour donc, j'avais le nez fourré dans une pile de Tintin (vous savez : le journal des jeunes de 7 à 77 ans) des années 50, dans un magasin de bouquins de seconde main. Jaunies, froissées, imprégnées de l'odeur âcre de l'humidité, les revues n'auraient vraisemblablement pas d'intérêt pour le collectionneur. Ce qui m'attire cependant, ce n'est pas la collection mais ce qu'on y lit sur ces pages.

L'hebdomadaire avait une rubrique consacrée à l'actualité insolite. Dans le numéro du 13 avril 1955, voici ce que j'ai découvert :
Non mais ouf ! On a eu chaud, là ! Qui aurait pu prédire dans les années 50 que le climat terrestre aurait déjà subi de profondes métamorphoses en l'an 2000 ? Il faut peut-être replacer les choses dans leur contexte. L'U.R.S.S. mise tout sur l'énergie nucléaire et croit qu'elle apportera la solution à tous les problèmes de l'humanité, sans bien entendu songer un instant à la problématique des déchets ainsi qu'aux conséquences sur la santé humaine et celle de la planète.

Dans la catégorie "je suis un apprenti sorcier et mon terrain de jeux, c'est la Terre", les Américains n'avaient rien à envier aux Russes. Un documentaire diffusé, il y a quelques années, sur la chaîne franco-allemande ARTE, montrait qu'à Las Vegas, à la même époque, une activité peu commune détournait les joueurs des machines à sous. Une activité tellement rentable que les casinos décidaient d'organiser des sorties avec pique-nique et vue sur... un beau champignon atomique à une centaine de kilomètres de la ville ! Les militaires, eux, étaient favorisés car ils pouvaient admirer le panache blanc à moins de 30 kilomètres de là.
Enfin... Bref ! J'ai commencé à vous parler de poussière, celle que j'aimais... et je finis sur une autre poussière, celle qu'on aime moins. Passé, présent, futur ont une étrange façon de s'épouser, de s'emmêler, de se confondre. Voilà pourquoi il est fascinant de se plonger dans l'atmosphère poussiéreuse des brocantes et des boutiques de livres d'occasion... ©

samedi 11 février 2012

Les années baba cool plus tôt que prévues?

Le mouvement "New Age" n'est pas né dans les années 60, en Californie, dans le sillage du Flower Power. En 1940, un certain Jean Léonard écrivait déjà des livres bourrés de concepts très new age. Comme "L'optimisme au quotidien ou (prospérité)", sous-titré "La dose quotidienne d'optimisme, d'encouragement et de réconfort pour ceux qui luttent et qui pleurent !". Tout un programme.

Empreints de naïveté, les mots sont toutefois bien choisis et les bouffées d'enthousiasme expédiées à l'adresse du lecteur ont presque des accents de sincérité. L'ouvrage est jalonné de belles phrases, comme autant de fleurs qui balisent un sentier. Et pourtant, je ne peux m'empêcher de songer que ce beau parleur écrit cela alors que la seconde guerre mondiale est en train d'exploser (le livre a été imprimé le 5 mai 1940). À croire que l'auteur est demeuré confiné chez lui, sans TSF, sans journaux, ni boule de cristal.

Il décrit sa foi inébranlable en l'Avenir, un avenir merveilleux, voué au progrès et au bien-être. "Les usines où des milliers d'ouvriers travaillent ensemble, ne seront plus des ruches où grouillent les activités et les bruits. Elles seront des locaux spacieux, aérés, ensoleillés, où le travail s'accomplira dans la joie, l'hygiène, la paix, le silence. Un ouvrier respirera comme un directeur d'usine."

Ppppppffff... Ce n'est pas tout : "Bien sûr ! Tout cela ne se produira pas en quelques semaines mais la réalisation de ces bienfaits pourrait se voir confirmée entre 1940 et 1945." En plein dans le mille ! "Beaucoup de lecteurs se souviennent qu'il n'y a pas si longtemps que les marchés publics comptaient encore des arracheurs de dents. L'art dentaire est devenu une profession désormais honorable, et fort utile. Il en sera de même de la chirologie et de l'Astrologie, l'une et l'autre exploitées comme amusement public sur toutes les foires, mais qui ne sont pas moins des sciences formellement exactes, aussi sérieuses que la chimie, la médecine et l'astronomie." Faut-il en rire ou en pleurer ? "Et 1945 vous apparaîtra une année immortelle. Vous verrez le chemin parcouru depuis 1940. Ces cinq années de progrès constant vous apparaîtront comme un ciel sans nuage." Euh oui, c'est çaaaaaaa.... ©

samedi 4 février 2012

J'achète tout au Bon Marché

Vous souvenez-vous des magasins "Le Bon Marché". Je me souviens de celui de Bruxelles dans la rue Neuve, non loin de la "Maison Bleue" où l'on vendait des disques qu'on pouvait préalablement écouter sur une platine personnelle, en s'asseyant dans un siège confortable.
Je parle de ça parce que je suis tombée sur un marque-pages attaché à l'édition 1936 de la "Belgique mondaine"... L'enseigne avait été créée en 1845, en Belgique. Je crois savoir que ma grand-mère y avait travaillé en tant que vendeuse de chapeaux, à moins qu'il ne s'agisse de gants... J'ai également le souvenir du "Bon Marché" en face de la place Rogier, dans le quartier du Nord. Sans doute avait-il été relocalisé après l'installation de l'Innovation dans la rue Neuve...
J'ai trouvé ça joli, très "art déco" et plein de nostalgie. Tout simplement.©