jeudi 18 décembre 2014

Castors, toujours prêts!

Manuel des Castors Juniors de Walt Disney, 1970
Quand j'étais gamine, ma bible s'appelait "manuel des Castors juniors". Internet n'existait pas et l'ordinateur était un objet qui appartenait à un futur qui ne nous était pas proche. Les jeux électroniques n'en étaient même pas encore à leurs balbutiements. Les jours de pluie, je m'immergeais dans mes bouquins et je dévorais le manuel des Castors truffé d'informations amusantes et d'astuces pour transformer d'ennuyeuses journées pluvieuses en moments magiques. C'est une mini encyclopédie faite sur mesure pour les enfants. On peut entre autres y apprendre comment composer un message secret, signer comme les Indiens, deviner un nombre pensé par un ami, faire chanter le cristal ou traduire "parasol" en italien. Et bien davantage!

Inspiré de l'art du scoutisme, ce manuel permet aussi aux castors en herbe d'identifier les empreintes des animaux sauvages, à savoir le chat (sic), la chèvre (re-sic), l'ours (on en croisait, dans le temps, des masses sous nos cieux) ou le loup. On y découvre les différents noeuds et les multiples façons de baliser son itinéraire en forêt.

Les petits bricoleurs y trouvent leur bonheur puisqu'on peut fabriquer un calendrier perpétuel à disque ou imaginer son propre cerf-volant. 

Mais ce n'est pas tout! Les cancres sont initiés à la "diplomatie scolaire". Comment faire gober aux parents un zéro en math, tout en élégance? La méthode désarmante tente l'approche attendrissante : les math ne sont pas mon fort et je suis désemparé mais si vous m'aidez, je ferai mieux... 

On n'avait pas froid aux yeux dans les années 70 et on ne s'embarrassait pas de contraignantes consignes de sécurité. Les castors juniors peuvent réparer un fil électrique sans recourir à un électricien ou éviter une rencontre avec un serpent en montagne. 

Les gourmands sont, en outre, gâtés car le manuel accorde une large part  à la nourriture et aux recettes faciles, comme celle d'un onctueux caramel.

Le manuel des Castors juniors, c'était magique. J'y trouvais tous les secrets, tous les trucs que je voulais. Et je me demande si ces petits bouquins sans prétention auraient été possibles à l'heure d'Internet... Parfois, je me dis que j'ai vécu une époque bénie. ©

mercredi 10 décembre 2014

Les délices de la glisse au XIXe siècle

Je ne résiste pas à l'envie de publier quelques superbes images des plaisirs d'hiver venus du XIXe siècle. Ces illustrations proviennent de la revue américaine "Harper's Young People".
A tout seigneur, tour honneur : Santa Claus commence sa tournée
Amusement traditionnel en Hollande : la luge tirée par un long bâton
Descente de 1,2 km au toboggan dans le parc du Tuxedo dans le New Jersey

mercredi 3 décembre 2014

La population agricole en recul

L'illustration provient de l'almanach Hachette de 1969 et tout compte fait, on n'est pas loin du compte!

jeudi 13 novembre 2014

Un tour de magie révélé!

L'Ecolier Illustré de 1896 dévoile sans vergogne un truc de magie. L'occasion pour cette revue laïque d'affirmer la toute puissance de la science sur le merveilleux. Et tant pis pour la magie!

Cliquez sur les illustrations pour un meilleur confort de lecture.

mardi 4 novembre 2014

Walking on thin ice (marcher sur des oeufs)

Ha! Ha! Bonne blague! -------- N'importe quoi mais pas une "blague"
Extrait de la revue pour jeunes "Harper's Young People" daté de 1886. Ce magazine américain a été publié entre 1879 et 1899. Un dessin sur la nécessité d'être toujours prudent, même si la pancarte d'avertissement ne nous concerne pas toujours directement...

vendredi 24 octobre 2014

Demandez la lune à Jules Verne !

Vraisemblablement peu lu encore de nos jours, Jules Verne demeure néanmoins l'un des auteurs français les plus connus. Paru en 1865, "De la Terre à la Lune" est un roman qui est une véritable référence dans le domaine de l'anticipation. Il a été souvent porté à l'écran, dès 1902 avec Georges Méliès qui lui dédia "Le Voyage dans la Lune"

Voici l'édition de Hachette datée de 1924, enrichie des gravures de Montaut. A noter que le projectile lancé par un puissant canon l'est à partir de Tampa-Town en Floride. C'est à moins de 200 kilomètres de Cape Canaveral, la base de lancement du premier voyage lunaire qui eut lieu un peu plus d'un siècle après la sortie du livre de Jules Verne... ©


mercredi 15 octobre 2014

Avant l'imprimante 3 D : le jouet qui créait des jouets !

Publicité extraite du magazine Tintin en 1965, VAC-U-FORM n'avait sans doute pas un nom inoubliable et accrocheur mais il n'était pas banal à l'époque de pouvoir créer son propre jouet en plastique. Une variété de moules permettaient de reproduire animaux, missiles, tanks, médailles, voitures, etc. à l'envi. On ne peut s'empêcher de rapprocher cet appareil des actuelles imprimantes 3D. Rien ne se perd, rien ne se crée.

Cette invention du groupe Mattel du début des années 60, était basée sur le principe du moulage par compression qui permet de créer des pièces en chauffant une feuille de plastique contre un moule. Dès que la température de moulage est atteinte, la feuille est pressée contre le moule par aspiration d'air.

L'opération était d'une simplicité enfantine. Il suffisait d'acquérir les différents moules  pour fabriquer les petits jouets désirés, de laisser refroidir et puis, de les colorier pour leur donner une touche personnelle. 

Si cet appareil était encore disponible aujourd'hui, il serait vendu, assorti des précautions d'usage. Les plaques de métal utilisées pour créer le jouet, pouvaient en effet devenir brûlantes et ne passeraient actuellement pas le cap de conformité aux exigences de sécurité. De plus, on y lirait vraisemblablement un avertissement stipulant que l'on est autorisé de faire des copies de sauvegarde de ses jouets et non d'en distribuer aux amis...

vendredi 10 octobre 2014

Les jouets des années 60 : nostalgie...


Avant les tablettes, les smart phones et les PC, il y avait des jeux, des jouets à la pointe du progrès des années 1960. Les boîtes électroniques figuraient au rang des jeux prisés par les gamins. Songez seulement : grâce à ces boîtes magiques, on pouvait créer un transistor, un appareil pour code morse, un interphone avec communication possible jusque 100 mètres, un détecteur d'humidité ou un signal d'alarme. Et soudain, tout semblait possible.
Certains jouets sont demeurés des valeurs sûres malgré le déferlement technologique. Si son apparence a évolué pour coller à la mode actuelle, Barbie nourrit toujours l'imaginaire des petites filles. Lego a sans doute diversifié ses briquettes et apporté plus de détails mais le jeu de construction n'a pas changé et passionne toujours autant. 

On se risquait aussi aux expériences de biologie, d'électricité, d'optique, de physique... Parce qu'un bon jouet des années 60 se devait aussi de porter une visée pédagogique.

Elles ont sans doute moins la cote aujourd'hui, les petites voitures, à l'instar des Corgi qui n'existent plus ici que pour pour les collectionneurs (lisez : les grands enfants). Les multiples foires aux jouets de collection témoignent d'une nostalgie qui n'est pas près de s'étouffer.

mardi 30 septembre 2014

Suzette : les vacances 1925

En 1925, les petites filles se devaient d'être sages comme des images. Et de beaux magazines, de charmantes revues leur permettait de passer leur temps de façon constructive. Edité chez Gautier et Languereau (La Semaine de Suzette), la revue d'été : "Suzette en vacances" comportait de superbes illustrations.
Dont celles de Maurice Berty qui en 1921, illustre le catalogue du magasin "Au Bon Marché". On le retrouve régulièrement dans "La Semaine de Suzette". Dans la publication estivale de 1925, il signe cette coquette planche bien de saison. Comment orner son papier à lettres de manière originale quand on envoie des nouvelles à ses grands-parents restés à la maison ou à papa débordé de travail. ©
Pour les amoureux du charme désuet, cliquez sur ce lien : http://nouvellesuzette.canalblog.com/

vendredi 19 septembre 2014

Les premiers robots, fin du XIXe siècle et l'homme recyclé


Source : site cyberneticzoo.zoo
Depuis quelques siècles, les automates fascinent le bon peuple. Enigmarelle, un automate de deux mètres de haut marche, court même, s'arrête, se baisse et s'incline. Qui plus est, il est capable de tracer son nom à la craie sur un tableau noir. Sur scène, il enfourche une bicyclette et entreprend quelques tours. Après chaque prestation, on veut prouver qu'un homme n'est pas dissimulé en son sein. On ouvre sa tête, on déchire sa poitrine pour que les spectateurs découvrent son antre, un mystérieux rouage de mécanismes. La ressemblance des premiers robots avec les humains devient de plus en plus troublante et en juillet 1905, le célèbre automate Enigmarelle se promène à bord d'une automobile dans une rue de Londres. Mal lui en prit car il se fit épingler pour excès de vitesse. Contravention lui fut dressée et il dut comparaître devant la police Court de Marlborough Street. L'automate était ainsi considéré comme un homme à part entière, devant s'acquitter de ses obligations.

Source : "Je Sais Tout", 1905
En 1895, les Hollandais vont plus loin et créent le médecin automate. De stature humaine, il porte une perruque et ressemble à un vieux docteur. S'il est muet, son "corps" est truffé de compartiments qui communiquent avec l'extérieur par des ouvertures réparties sur la poitrine. Au-dessus de chaque tiroir, une plaque porte le nom d'une maladie commune. Que l'on souffre d'un rhume, d'un cor au pied ou que l'on ait un ver solitaire, il suffit de glisser une pièce de 10 centimes dans la fente qui correspond à la maladie qui intéresse le client. Le docteur automate livrera ensuite à son patient les conseils nécessaires et fournira les remèdes appropriés.Cet entrefilet repris dans l'album relié "Je Sais Tout" daté de 1905, suscite bien entendu quelques commentaires grinçants :"Mais alors que diront les collègues en chair et en os, de ce docteur sans diplôme? Hélas, nous voyons poindre à l'horizon une myriade de procès pour exercice illégal de la médecine, à moins qu'ils ne soient les premiers à lui conduire leur clientèle, pressée d'avoir remèdes et ordonnances. Certes, nous applaudirions ce désintéressement rare."

Il y a bien pire. Dans l'édition du 21 juillet 1895 (Je Sais Tout), on apprend que le Dr Cooper veut transformer le corps humain en ustensiles de ménage et en bibelots d'étagères. L'inventeur soumet d'abord un corps à une importante pression hydraulique. En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, le corps est métamorphosé en pâte malléable. On peut la mouler comme on le désire et on fait ensuite cuire l'oeuvre au four, à l'instar de n'importe quel vase. L'homme se recycle déjà, à l'époque! ©

jeudi 4 septembre 2014

Gentille télé des années 60

Maman, Nadine & Bobonne Delhaize 2Coeur de nos foyers, la télé bat aujourd'hui au rythme des pulsations de notre vie. Elle nous regarde autant que nous la regardons. Et je ne serai guère étonnée lorsque dans quelques années, elle nous parlera et nous connaîtra comme une vieille amie. Brrr, cela me fiche la chair de poule mais je ne peux m'empêcher de songer qu'un jour, la télé scrutera nos moindres faits et gestes, et nous l'accepterons parce que nous acceptons chaque jour davantage, sans nous indigner. Je ne suis pas pressée de découvrir ce futur-là.

Et pourtant, il fut un temps où la petite lucarne magique alimentait notre imagination. Oh, elle n'a jamais vraiment rempli sa mission éducative. En matière de divertissement, par contre, la télé s'est rapidement imposée comme LE média par excellence.

Milieu des années 60,  la télévision occupait déjà une place centrale dans la plupart de nos foyers. La petite fille que j'étais, riait souvent devant le petit écran. C'est ce souvenir que j'ai gardé de notre bonne petite télé diffusant d'approximatives images en noir et blanc. J’engouffrais du Laurel et Hardy, du Charlot et du Jerry Lewis à la pelle. Je trouvais Jerry Lewis désopilant. Lui aussi était un môme qui avait enfilé une peau de grande personne. Il cumulait toutes les qualités (ou prétendues qualités) propre à l’enfance : la candeur, la légèreté, la maladresse et la capacité d’émerveillement.

Si les séries ont actuellement la cote,  le phénomène est loin d'être neuf. J’étais amoureuse de Jean-Claude Drouot dans « Thierry La Fronde » (1). Le feuilleton (un terme plus approprié pour l’époque) était farci de naïveté et de maladresses. Cela me correspondait exactement. Je n’y comprenais pas grand chose mais Thierry était mon héros favori et j’aurais aimé être un garçon comme lui, beau et courageux. Et je ne manquais jamais un épisode de Zorro. J’étais également friande des feuilletons mettant en scène le jeune Mehdi El Glaoui qui faisait battre mon petit cœur dans la série des « Sébastien » (2). Je me farcissais également des séries plutôt réservées aux adultes, comme « Chapeau Melon et Bottes de Cuir » (3) ou « Les Champions » (4) avec le ténébreux Stuart Damon. Et je ne grimpais enfin jamais au lit sans avoir regardé « Bonne nuit les petits » (5) mais je m’éclipsais ou j’éteignais le poste avant le générique de fin. La flûte mélancolique qui accompagnait Nounours et le marchand de sable se retirant sur leur nuage, m’était insoutenable. Cette ritournelle m’arrachait des larmes et me donnait le bourdon sous mes draps. Ce qui avait bien évidemment le don de susciter l’hilarité chez mes parents.

Vous avez murmuré : "Nostalgie..." Si peu. Si peu. ©


(1) Série télévisée française, « Thierry La Fronde » (incarné par le Lessinnois Jean-Claude Drouot) fut décliné en 52 épisodes de 30 minutes. Le feuilleton fut diffusé entre le 3 novembre 1963 et le 27 mars 1966 sur la première chaîne de l’ORTF. L'intrigue a pour cadre la France de 1360 (Sologne), occupée par les Anglais, lors de la Guerre de Cent Ans. Le jeune Thierry de Janville, seigneur au tempérament fougueux, résiste aux envahisseurs menés par le Prince Édouard III de Galles, le Prince noir. Vendu par son intendant Florent de Clouzol, Thierry est finalement emprisonné dans son propre château. Il parvient néanmoins à s'échapper en compagnie d'un jeune voleur. Ce n’est que le début des aventures de celui qu’on nommera désormais Thierry La Fronde, par référence à son arme de prédilection. A l’instar de Robin des Bois, Thierry se liera d’amitié avec des marginaux rencontrés au hasard de ses infortunes. Avec eux, il formera une bande de hors-la-loi au grand cœur.
(2) Medhi, fils de Cécile Aubry (auteur de « Belle et Sébastien ») et d'un prince marocain, a joué dans les feuilletons « Belle et Sébastien », « Sébastien parmi les hommes », « La sirène aux longs cheveux » (Sébastien et la Mary-Morgane), « Poly » et « Le jeune Fabre » (avec Véronique Jannot).

(3)Série britannique culte, « The Avengers » (le titre original) conte les aventures de deux agents des Services Secrets : chapeau melon pour John Steed (Patrick MacNee), et bottes de cuir pour Emma Peel (Diana Rigg).
(4) Produite par les studios britanniques d’ITC en 1968/1969, cette série de Dennis Spooner et Monty Berman met en scène trois super agents secrets qui travaillent pour un organisme localisé à Genève, Nemesis. Craig Sterling (Stuart Damon), Sharron Macready (Alexandra Bastedo) et Richard Barrett (William Gaunt) sont les champions de la Loi, de l’Ordre et de la Justice. A la suite d’un crash aérien sur les sommets du Tibet, une civilisation inconnue les a recueillis et leur a transmis des pouvoirs surhumains.
(5) Feuilleton d’animation télévisée française programmé sur la première chaîne de l’ORTF, « Bonne nuit, les petits » a connu 568 épisodes de 5 minutes, dès le 10 décembre 1962. Sur leur nuage blanc, Nounours et le marchand de sable flottent vers la chambre de Pimprenelle et Nicolas, prêts à se glisser sous leurs draps. Nounours leur raconte une histoire, avant que le marchand de sable jette une poignée de poudre d’or sur les enfants qui s’endorment. C’est Jean Martinelli qui était la voix de Nounours, Monique Messine était Nicolas et Martine Merri, Pimprenelle.

mardi 19 août 2014

Une pipe qui vous veut du bien

Si plus personne aujourd'hui ne remet en cause la nocivité de la cigarette et par conséquent, de la nicotine, le tabac était déjà sur la sellette dans cet exemplaire de "La Science et la Vie" d'il y a tout juste un siècle. Cette pipe révolutionnaire avait pour vertu de débarrasser la fumée de ses éléments nocifs. Miracle d'autant plus appréciable que l'arôme était préservé. On vous explique en long et en large comment cela est possible. Dommage que cette découverte scientifique n'est pas arrivée jusqu'à aujourd'hui. ©

dimanche 10 août 2014

Il y a 10 ans, Roswell et OVNI soit qui mal y pense!

Avant d’atteindre Roswell au Nouveau Mexique, il faut avaler d’interminables miles au cœur d’un désert aride, semé de buissons échevelés et de cactus discrets. Quelques communautés ont tenté ça et là d’établir des bâtisses. La plupart d’entre elles ont été abandonnées, ponctuant le trajet de fantômes. La route se délie, monotone, interminable, avant de déboucher sur Roswell. Roswell, capitale des produits laitiers. Ah bon ! On attendait autre chose. En fait, tout sauf ça. Mais on n’est pas au bout de ses désillusions. Roswell n’est pas du genre à annoncer à grand fracas que des extraterrestres débutant dans l’art du pilotage, ont crashé leur engin, à 23 miles du centre de la ville. Non. Les autorités ont préféré exhiber des fanions décorés de vaches hilares ou d’orchidées. Il y a bien quelques lampadaires municipaux bridés d’énormes yeux noirs. Des commerçants ont toutefois fait de l’événement qui s’est déroulé durant la première semaine du mois de juillet 1949, leur vache à lait. Tee-shirts ridicules, poupées extraterrestres, livres douteux et gadgets en tous genres s’alignent dans les vitrines de boutiques poussiéreuses.

Au beau milieu de ce gentil petit monde, trône le musée/centre de recherches sur les OVNIs créé en 1991. Un nom bien pompeux pour un organisme devenu désuet. Le convaincu en ressort avec ses convictions probablement intactes ; le sceptique en ressort aussi avec ses doutes intacts. Il y a belle lurette que le temps s’est figé dans ce musée qui a toutes les allures d’une bonne blague concoctée à l’intention des touristes. Comme on le dirait dans X-Files, la vérité doit être ailleurs… Entre assertions hasardeuses et allégations pseudo-scientifiques, le badaud est-il vraiment berné par cette masse nébuleuse d’histoires invraisemblables? 

Une artiste locale a créé une soucoupe volante, sertie de paillettes argentées pour sembler plus «authentique». Des panneaux garnis de photos jaunies et de découpes de presse jalonnent le parcours. On y épingle même un fait inexpliqué à Namur dans les années 60… mais point d’allusions à la vague d’OVNIs qui a balayé la Belgique au début des années 90.

Conspiration, «crop circles», zone 51, exposition artistique,… constituent quelques-uns des éléments d’une recette bien lourde pour l’estomac. Une réplique poussiéreuse de la scène d’autopsie de l’extra-terrestre clôture une visite qui vous laisse un goût de cendre dans la gorge. On ne peut même pas affirmer qu’on tente de rouler le curieux dans la farine, puisqu’aucun droit d’entrée n’est perçu. On donne ce qu’on veut, ou si on veut. On insiste par ailleurs sur le mot «donations» mais on indique tout de même un prix minimum…. Dans le cas où vous n’auriez pas compris. Géré par des bénévoles, le musée est accessible sept jours sur sept, entre 9 et 17 heures.

Le magasin du musée est bien achalandé et doit alimenter à lui seul les caisses du musée et centre de recherches. Balles de golf venues d’ailleurs, plaques d’immatriculation tombées de vaisseaux spatiaux, étranges boules de Noël, livres, CD’s, vidéos, tee-shirts, etc. Le visiteur ne sortira guère les mains vides.

La chaleur aride du désert vous retrouve dans une rue peu fréquentée. Vous ne pouvez vous empêcher de lancer un coup d’œil furtif vers le ciel azur. Et si… Vous grimpez dare-dare dans votre véhicule, en quête d’un nouveau graal ou au mieux des traces du crash dans l’étendue poussiéreuse. Nouvelle déception. Le lieu est devenu depuis belle lurette propriété privée. Le doute persistera dès lors dans votre esprit. Et OVNI soit qui mal y pense ! ©
 
(Souvenirs d'un voyage au Nouveau Mexique, USA, en 2004)

vendredi 1 août 2014

Saviez-vous que..

- Cyrano de Bergerac était, en réalité, un auteur de science-fiction pour le moins visionnaire ? En 1650, il publie un livre intitulé "Voyage vers la Lune", il décrit des techniques de transports spatiaux, dont une fusée mais aussi un gigantesque sauterelle d'acier mue par l'énergie de la poudre de pistolet.
- Baudelaire possédait un homard domestique qu'il promenait en laisse dans les parcs parisiens ?
- H.G. Wells, auteur de "La Guerre des Mondes" a joué aux soldats de plomb pendant toute sa vie ?
- Ray Bradbury qui a créé des centaines de nouvelles de science-fiction ayant pour décor des planètes lointaines, refuse de prendre l'avion et n'a jamais appris à conduire une voiture ?
- Mary Shelley a écrit "Frankenstein" à l'âge de 21 ans ?
- l'acteur qui devait jouer "Macbeth", mourut le soir de la première ? C'est donc William Shakespeare en personne qui enfila le rôle en 1606.

lundi 21 juillet 2014

Le ballon et la mer

NADINE JOUE À LA BALLE SUR LA PLAGE.jpgBallon rouge et blanc,
Rose en papier crépon,
Parasol vert et blanc,
Coquillage et sable blond,
À califourchon sur ma balle,
Je lèche mes lèvres imprégnées de sel
Des nuages en pâte de guimauve tapissent le ciel
Qui crache des mouettes hurlantes en rafale
Mes orteils fouillent le sable mouillé
Mon ballon rouge et blanc roule sur la plage
Caressée par un vent coquin et léger
Je cours, je plonge, je nage...
Cabine rayée, cerfs-volants,
Petits moulins à vent,
Méduses en gélatine...
Le chalumeau planté dans un milk-shake grenadine,
Que lentement, je sirote
Tout en enfonçant mes quenottes
Dans une gaufre de Liège tiède et molle
Cuistax sur la digue qui s'étire jusqu'au Sahara
Châteaux de sable, clapotis, vagues folles,
Parfums marins, bateaux blancs, ciel bas.
Soleil couchant,
Horizon rougeoyant,
La mer emporte mon ballon rouge et blanc ©

lundi 7 juillet 2014

La mer, l'amer et la mère

L'odeur capiteuse de la terre gorgée de soleil, les nuages joufflus qui s'étirent avec une lenteur infinie, les hirondelles, les coquelicots et les boutons d'or, les papillons et les vers luisants,... L'été, c'est un état d'esprit. Ce qui me manque le plus en hiver, ce sont précisément les parfums. On dirait que le froid emprisonne toutes les senteurs. Or, les odeurs sont très évocatrices et stimulent la mémoire, plus que n'importe quel autre sens. Est-ce la raison pour laquelle je garde plus de souvenirs des moments passés en été ?

Cette vieille photo pressée entre les pages d'un album, me titille l'imagination. Les effluves de mon enfance sont imprégnées d'embruns et d'iode. Des gaufres de Liège du Glacier Georges. De crevettes à décortiquer et de moules juteuses. De la poudre de feux d'artifices, les 14 et 21 juillet. Mon premier souvenir doit remonter à l'âge de 3 ans. Mes parents veulent aller nager et moi, je suis supposée demeurer avec ma grand-mère. Je suis supposée creuser sagement des trous dans l'espoir de rejoindre la Chine... Et pourtant, j''échappe à la vigilance de Bobonne et je m'élance vers la grande bleue pour rejoindre Papa et Maman.

Sur la plage, les parasols rouge et blanc. Blanc et rouge. Vert et blanc. Blanc et vert. La mer et le ciel qui s'épousent. Les gens en maillot de bain qui lézardent sur des essuies de bain colorés. Les enfants qui crient et qui bondissent. Et moi qui m'éloigne. De plus en plus. 
 
Mes yeux fouillent l'horizon mais où poser mon regard ? Je marche le long de la mer. Des gamins mettent à jour un crabe qui était dissimulé sous le sable. Je m'arrête, j'oublie tout, et même le sens de ma quête, j'observe. "Maman, viens voir le crabe qu'on a trouvé", s'exclame un des gosses. Un sentiment de détresse m'étreint à nouveau. "Maman... Papa, où êtes-vous ?" Personne ne me remarque. "Oh le beau coquillage !" Deux marmots s'éclaboussent en gloussant.

Au moment où mes pensées se rembrunissent, ma mère surgit derrière moi. Sur sa peau rougie par le soleil, des gouttes d'eau salée dégoulinent. "Je t'ai cherchée partout. Je suis si contente de t'avoir retrouvée". Et moi donc !©

vendredi 20 juin 2014

Sur la pointe des pieds

A LA DODAINE (NIVELLES).jpgUn poisson dodu regarde, de ses yeux gourmands et globuleux, mes souliers vernis. De petites bulles courent sur la surface du lac, pour ensuite disparaître dans les mystérieuses entrailles des eaux. Un cygne glisse, fier comme un roi, sur le miroir glacé. Je me hisse sur la pointe des pieds. ©

jeudi 5 juin 2014

Le travail, c'est la santé... jusqu'à 100 ans!

On prétend qu'on vit plus vieux. Raison pour laquelle il faut travailler davantage et plus longtemps. La science a fait des bonds de géant depuis les débuts du XXe siècle et pourtant, voici une actualité surprenante extraite de "Je Sais Tout" en 1910.

vendredi 30 mai 2014

Portraits de femmes

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Avec les femmes, les poses de corps entier ou de mi-corps sont généralement moins difficiles qu'avec les hommes. Cependant, nous en trouverons peu dans lesquelles certains défauts évidents auraient pu être évités très facilement. Les femmes ont une grâce naturelle plus grande que les hommes et moins de gaucherie dans leur maintien : les draperies de leurs vêtements offrent beaucoup plus de variété de lignes agréables qu'il est possible d'en obtenir avec le costume masculin. Il est beaucoup plus facile, dans les portraits de femmes, d'obtenir la grâce dans l'action et l'harmonie dans l'arrangement. 

(La pose et l'éclairage en photographie dans les ateliers et les appartements de C. Klary - 1903)

mardi 4 mars 2014

Le génie d'Edison : de la poupée parlante à l'électrocution

16 juin 1914. L'encre noire s'estompe mais l'écriture fine et soignée est toujours bien visible sur la page de garde. "A notre très cher Robert en souvenir de sa confirmation", ont signé Tantes Elisa et Eugénie. Elles sont sans doute loin de songer que dans une poignée de semaines, la Grande Guerre éclaterait. 
Joli livre de Jean Gauvin, intitulé "La jeunesse et l'oeuvre d'un savant (Edison)" jalonné de superbes illustrations. L'édition n'est pas datée mais la petite note nous livre un indice.
L'auteur passe en revue la jeunesse d'un tram-boy entreprenant et créatif, et s'attarde sur une oeuvre abondante autant qu'éclectique. Le téléphone primitif de Graham Bell a cependant des accents presque modernes à côté de l'appareil encombrant d'Edison. Inventeur du phonographe, Edison avait aussi conçu une poupée parlante en porcelaine. Gauvin se risque même à écrire: "Le phonographe sera peut-être, en effet, autre chose qu'un jouet plus tard."
1889 consacre définitivement Thomas Edison, par une exposition sur l'électricité. Dès lors, les villes et les villages sont dotés d'un éclairage électrique. Plus rien ne peut entraver le progrès. Plus rien... sinon la barbarie de l'homme. Très étonnant de voir l'illustration d'une électrocution aux Etats-Unis, dans un livre destiné aux enfants. Un chapitre est d'ailleurs consacré à la chaise électrique. "L'Amérique, pays de progrès, a voulu un moyen beaucoup plus rapide et moins douloureux peut-être de supprimer les criminels."
Les propos d'Edison sur l'électrocution donnent froid au dos. "Avec un courant d'une certaine puissance, déclara encore M. Edison, non seulement je me charge de tuer instantanément un homme, mais encore de carboniser son corps en quelques instants." La prise de position de l'auteur sur le sujet est toutefois excessivement avant-gardiste: "L'électrocution a continué et continuera encore aux Etats-Unis juqu'au jour, prochain sans doute, où toutes les nations civilisées banniront de leur code le chapitre relatif à la peine de mort. Il faut espérer que ce jour-là il n'y aura plus d'assassins à frapper, et par conséquent plus de crimes. Souhaitons que ce ne soit pas une utopie." ©

jeudi 27 février 2014

Et la plume crissait sur les pages du cahier



J'avais 8 ans et nous étions au seuil des années 70. Dans les écoles de village, les bancs en bois comportaient encore des encriers. J'y trempais ma plume avec beaucoup de soin et en tirant la langue, je traçais lentement les lettres en respectant la marge rose et les lignes bleues. La pointe effilée crissait sur le papier. Et puis, je prenais mon buvard vert que je pressais sur ma page avant d'y observer les textes en miroir qui se chevauchaient, s'entremêlaient comme des fils enchevêtrés.
Miraculeusement épargné, ce cahier de religion a été exhumé du grenier. En guise de devoir, il fallait illustrer les propos... et faire fi des lignes bleues et des marges roses. Le soleil était jaune citron, les arbres et les prairies verdoyantes et Abraham brandissait un couteau sombre devant les yeux effarés de son fils. La souffrance était symbolisée par une couronne d'épines, un clou et un... martinet. J'ignore pourquoi j'avais griffonné une flèche. ©

vendredi 14 février 2014

Génération Cola : les années peace and love

Les deux grandes marques concurrentes de soda se livrent une guerre publicitaire sans merci depuis plus d'un siècle. Ce sont les années peace and love mais la guerre des colas se poursuit par pubs candides interposées. Coca opte pour la blonde studieuse qui sirote sa boisson à la fois stimulante et relaxante. Pepsi mise sur le couple qui s'accorde un instant de plaisir sur un slow langoureux. Les deux marques parient sur la jeunesse et la fraîcheur. Rien n'a vraiment changé. La mode, si. Mais qu'est-ce qu'on est sage à cette époque...