dimanche 23 décembre 2012

jeudi 20 décembre 2012

Je mang'rai des gâteaux, j'aurai de beaux cadeaux... à No-o-o-ël...

Mon prince charmant s'appelait Claude François quand j'avais 5 ans. Extraite de la revue "Fillettes", voici la partition d'"En rêvant à Noël" venue tout droit du début des années 60.



samedi 15 décembre 2012

La Semaine de Suzette par un jour de neige

Planche rafraîchissante autant que de saison extraite de "La Semaine de Suzette" du 22 février 1934. La morale de l'histoire? On est toujours puni par où on pèche! 


lundi 10 décembre 2012

La vie en rose ou l'érotisme version 1900

L'érotisme au début du XXe siècle est exquis. Tout est suggéré sous des dentelles de fleurs et de végétaux. L'innocence (feinte?) avait probablement quelque chose d'affriolant à l'époque. On préfère les clins d'oeil coquins, les filles aux rondeurs généreuses et à la mine ingénue. Lolotte esquisse un pied-de-nez et sourit malicieusement sous son ombrelle. Extraits de "La Vie en rose" du 17 novembre 1901, la prière à Sainte Catherine qui célèbre sans ambages les plaisirs galants: ©

"Sainte Catherine, protégez-nous! 
Il n'y a donc plus de beaux gars chez nous?
Sainte Catherine, benissez-nous!
Je n'ai pourtant pas de trop vilains dessous
Sainte Catherine, épargnez-nous!
Faites que le gros Jean m'embrasse dans le cou
Sainte Catherine, oubliez-nous!
Le plaisir d'amour est plaisir bien doux"


mercredi 5 décembre 2012

Joseph, fils de Jacob, figure de Jésus, fils de Dieu: de magnifiques gravures du XIXe siècle

Superbe ouvrage déniché dans une bouquinerie bruxelloise. "Joseph, fils de Jacob, figure de Jésus, figure de Dieu." Publié en 1879, le livre comporte treize chromotypes de Knoefler, d'après des dessins de Madjera et de Pessler. 

L'ouvrage religieux est émaillé de gravures finement exécutées. La richesse des couleurs et la qualité de l'impression sont saisissantes.



vendredi 30 novembre 2012

Le chewing-gum qui gicle!


Dans les années 70, le chewing-gum était l'accessoire indispensable, le petit plus qui donnait LA touche américaine au look. Il était bien entendu interdit de mâchouiller en classe, sous peine d'être exclu manu militari. Les bubble-gums nous valaient quelques belles parties de concours  de bulles. Mon jeune frère soufflait de belles grosses bulles avec lesquelles je ne pouvais rivaliser. Pour récupérer ma superbe, je pointais un ongle piquant sur son oeuvre qui s'étalait en substance informe rose et collante sur son visage furieux.
Et puis, Freshen-Up est apparu et la gomme à mâcher s'est transformée en expérience liquide fourrée de fraîcheur. Je laissais fondre le plus longtemps possible le petit carré vert sur ma langue, puis, d'un coup incisif, je le mordais et le liquide vert pin jaillissait pour s'éparpiller sur les papilles. "Le nouveau chewing-gum qui gicle! Avec un centre liquide pour mieux rafraîchir l'haleine." La nostalgie a décidément des parfums chlorophyllés rafraîchissants. ©
A siroter, la pub sur le petit écran :

lundi 26 novembre 2012

Gonflette et pectoraux: Big Jim à la plastique impeccable


Comme la plupart des fillettes dans les années 70, j'ai littéralement adulé les Barbies. D'autant que je pouvais plier leurs membres à souhait mais surtout qu'elles n'avaient rien à voir avec les traditionnelles poupées : des bébés joufflus à la mine perpétuellement étonnée. Barbie était une adulte, sexuée puisque pourvue de formes. J'étais néanmoins plus intéressée par les poupées masculines. Ken avait cependant peu d'atouts pour me convaincre. Il était trop efféminé à mon goût, trop blond aussi, trop nordique.
Je préférais donc acquérir des "Action Man" ou des "Big Jim". Ils constituaient des maris plus persuasifs et surtout plus virils pour Barbie. Big Jim était mon favori. Bien bâti, musclé mais pas trop, décliné en plusieurs ethnies, Big Jim avait tout pour me plaire. J'avais jeté mon dévolu sur celui qui pratiquait le karaté, art martial que je vénérais par-dessus tout. Je crois me souvenir que si l'on exerçait une pression sur son bras droit (à moins qu'il ne s'agisse d'actionner un bouton poussoir dans le dos), celui-ci cassait tout seul une petite planche de plastique pré-brisée. Je me rappelle aussi que si on pliait son bras, son biceps gonflait.
Si Big Jim était disponible en plusieurs couleurs, le visage était immuable et rien dans les traits ne différenciait le Big Jim caucasien, de l'africain ou de l'amérindien. Cette action figure fabriquée par Mattel entre 1971 et 1986, était en fait flanqué d'une série de personnages plus pittoresques les uns que les autres: Big Jack, Big Josh, Big Jeff, Dr Steel, Chief Tankua... pour ne citer que ceux-là.

 
Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer Winnetou... Non mais quel nom original pour un Amérindien...! On dirait un mauvais acteur blanc à la perruque de travers. Le cow-boy blondinet a comme des airs de famille. ©
En savoir plus: http://www.big-jim.eu/index_fr.html


mardi 13 novembre 2012

Exposition universelle de 1910 : cétait au temps où Bruxelles...

En 1910, Bruxelles accueillait une Exposition universelle, sur l'actuel Campus du Solbosch. Récemment, j'ai exhumé dans une bouquinerie, l'un des albums officiels de l'événement. Voici quelques pages choisies.




lundi 5 novembre 2012

Femme des années 60, belle en toutes circonstances

Témoin d'une époque, la collection "Marabout Flash" que j'ai déjà évoquée s'adresse en premier lieu à la femme. Même si cette "encyclopédie permanente de la vie quotidienne" comme elle se définissait, a généré toute une série de titres autour du bricolage (jadis chasse gardée de l'homme). Après tout, elle n'était pas encore une career woman dans les années 60 et elle avait souvent tout le loisir de s'adonner à des préoccupations (hem, hem) féminines. 
 
A l'instar du charme, de la beauté (re-hem hem). On appréciera. Ou pas. Et pourtant, Madame Flash ne gaspille pas l'argent de Monsieur Flash chez l'esthéticienne. Hé bien non! Grâce à Marabout Flash, elle trouve toutes les astuces qui lui permettront de demeurer "glamour". Et cela commence fort: la première illustration met en scène une petite grosse sans relief qui rêve à ce qu'elle pourrait être, mince et dotée d'une poitrine opulente. Le bonheur de la femme passe par là, confirme le texte (là, hem hem hem, je m'étrangle). Bien que parfois, je m'interroge... La tyrannie de la beauté à tout prix pour la femme est toujours bien présente, 50 années plus tard. Belle, pourquoi? pour qui?
Madame Flash est "fraîche, sûre d'elle et toujours prête à temps", précise le verso du poche consacré à la garde-robe idéale de la femme. Si elle s'habille avec coquetterie, c'est bien entendu pour se plaire à elle-même mais surtout pour susciter la fierté chez son mari et ses enfants. Et comment plaire à son mari? Marabout Flash passe en revue les différents types d'hommes. C'est tout bonnement savoureux. Extrait choisi pour le polygame: "Beaucoup de maris sont fidèles, mais ont des instincts de polygames; ils aiment les blondes, les brunes, et les rousses; les femmes enfants et les femmes fatales; les filles sportives et les "dames au camélia"... Eh bien, cela ne me regarde peut-être pas, mais je vous dis ceci: si vous voulez rester la seule femme de votre mari "polygame", efforcez-vous de n'être jamais tout-à-fait la même, ni tout-à-fait une autre. Faites-lui la surprise de surgir à l'heure de la TV, dans une tenue d'hôtesse un peu sophistiquée: pantalon de guipure, poncho mexicain, déshabillé romantique, vous avez le choix." (...) ©

lundi 29 octobre 2012

Montagnes russes en kit

Des montagnes russes dans son jardin ou sur un terrain vague? Eh bien, oui, c'est possible. Du moins, en 1913. Celles qui sont représentées dans cet exemplaire de "La Science et la Vie", s'étalent sur 30 mètres de largeur et font 1,5 mètre en hauteur. Incroyable, non?

A propos, savez-vous pourquoi on désigne cette attraction sous l'appellation de "montagne russe"? Tout simplement parce qu'elle est apparue en Russie, au XVIe siècle. A l'origine, les gens assis sur des sièges en osier dévalaient des pentes en bois couvertes de glace.

lundi 22 octobre 2012

La passoire, cadeau idéal en 1939

Cette réclame extraite de l'Almanach wallon de 1939,est hilarante... Prise au second degré, bien entendu. Le mari réalise le rêve de son épouse en lui achetant une passoire. On croit rêver!


mardi 16 octobre 2012

De quoi se fendre la pipe

Dans "La Science et la Vie" daté de 1913, on aimait à mettre en valeur les nombreuses inventions lancées par des savants ou des quidams qui décrochaient leur moment de gloire. Certaines inventions n'ont vraisemblablement pas traversé les époques, comme celle-ci.


mercredi 3 octobre 2012

Les couvertures flashy de Marabout Flash



Si populaires dans les années 50 et 60, les guides Marabout Flash de poche ont été déclinés en plus de 500 titres. 


C'est dire le succès de ces petits volumes qui avaient pour ambition, en quelques pages et quelques dessins humoristiques, de transformer un profane en connaisseur. Quelle que soit la matière: le bricolage, la beauté féminine, la cuisine, la physique et tutti quanti. 


Son format carré et ses couvertures vintage en font aujourd'hui un objet - si pas de valeur - culte. Voici un échantillon de jaquettes aux couleurs des golden years. ©

jeudi 27 septembre 2012

L'argent, une préoccupation d'hier aussi

Extrait de l'Almanach Hachette 1924, le budget familial à l'époque.
Extrait de la revue anglaise "Lilliput" du mois d'avril 1947 : "Ils gagnent 1 livre en..." 

Dans l'ordre, lisez  : garçon de course, infirmière, veilleur de nuit, prisonnier de guerre, soldat, femme de ménage, laboureur, dactylo, potier, marinier, éboueur, chauffeur de poids lourds, plombier, pasteur, docteur, politicien, pilote d'avion, ministre, juge, mannequin, footballeur, romancier à succès, animateur de radio, actrice de film célèbre, magnat du film. 

Dans les années 20, le budget des ménages est essentiellement consacré à la nourriture, comme le confirme l'Almanach Hachette. Viennent juste après le loyer et les impôts. Les impôts, hem hem... Rien ne change! ©

samedi 22 septembre 2012

Paris-New York en voyage stratosphérique en 1950?

En 1931, la revue "Sciences et Monde" imagine qu'en 1950, on pourra effectuer un voyage de Paris à New York dans la stratosphère. En un seul après-midi, les deux villes seraient reliées par l'avion-fusée et 350 litres de pétrole seulement seraient nécessaires pour réaliser la traversée avec 20 passagers à bord. Petit hic : la montée à 25.000 mètres d'altitude impliqueraient trois fois la charge de combustible, en plus de l'oxygène liquide. ©

mercredi 12 septembre 2012

I'm in a New York mood


En 1987, j'ai eu l'occasion de découvrir New York. L'exploration fut de courte durée, je n'y suis restée que trois jours. Je n'y suis plus retournée. Ce n'est pas l'envie qui me manque. 

J'ai immédiatement aimé la Big Apple, je m'y suis sentie chez moi. C'est bigarré et sympathique, démesuré et chaleureux. Les gens se pressaient pour grimper au sommet de la Statue de la Liberté. La queue interminable m'a découragée et j'ai préféré admirer le panorama du haut du WTC. ©

samedi 8 septembre 2012

Boules de gomme et bubble gums

Les photos ont été prises par mon grand-père, dans les années 60
Arrosée d’une douce clarté lunaire, la boutique diffusait généreusement ses habituelles bouffées de friandises à 1 sou et de fruits charnus qui avaient, toute la journée, enivré des hordes furieuses de guêpes et de frelons. Pour contrarier les insectes dans leur obsessive quête crépusculaire, mon père promenait les odorants cageots en zigzaguant sur la Place, avant de s’engouffrer dare-dare dans le magasin, en claquant la porte au nez et à la barbe des bourdons.

Accroupie devant les bonbons, je prenais le temps de choisir les pochettes de bubble-gums assortis de figurines surprises. Je soupesais les sachets, les palpant avec précaution afin de discerner les babioles qu’ils renfermaient. Le beau billet que ma mère m’avait octroyé pour mes menus services dans l’épicerie, leur était voué. Je n’étais vraisemblablement pas d’une aide considérable à mes parents mais je m’acquittais avec plaisir de petites tâches faciles et agréables. À vrai dire, je pense n’avoir effectué convenablement et efficacement qu’une seule besogne : celle de disposer dans les rayons, les fardes de cigarettes fraîchement débarquées du camion de livraison. Le parfum pénétrant du tabac exaltait mes narines et il était si simple d’aligner les paquets. J’avais néanmoins la sensation de réaliser un vrai boulot puisque ma mère me gratifiait toujours d’une pièce ou d’un billet de 20 francs pour ma peine. ©

mercredi 29 août 2012

Remember the time

J'ai déniché, calé sous une pile de magazines dégradés par l'humidité de la cave de mes parents, ce vieux Pif Gadget miraculeusement bien conservé depuis 1984.
Le numéro contenait une bande dessinée inédite de Marcello (sur un scénario de LW 84), créateur de Docteur Justice - que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître... -.
L'histoire commençait par l'enregistrement de la fameuse pub pour Pepsi Cola, qui avait valu à Michael Jackson une brûlure au 3e degré (rumeur selon la BD : ses brûlures n'étaient que légères). Flash back ensuite sur Gary, cette bourgade de l'Indiana où a vécu la famille Jackson. Michael se révèle très tôt comme le chouchou du groupe par son talent inné. 

La BD mêle dessins de style réaliste, franchement ressemblants et quelques clichés. 
La légende est bien alimentée et quelques détails pas bien méchants sont livrés au jeune lecteur. Michael est réveillé par un robot cuisinier qui lui sert sa boisson favorite, le jus de carotte. Michael présente ensuite sa ménagerie : le boa Mister Muscle et son lama Louie. Une bouffée de fraîcheur sauvée des eaux. ©

dimanche 22 juillet 2012

Meli, l'happy culture

L'ogre ronflant
Les quadras se souviennent sûrement du parc Meli à Adinkerke, endroit magique où j'ai moi aussi passé de mémorables instants. Depuis qu'un important groupe médiatique a repris les rênes de l'exploitation en 1999, je n'y ai plus mis les pieds. Je n'en avais plus envie car je savais que je n'y retrouverais pas l'enchantement d'antan.

A l'entrée, un bonhomme pansu débitait une litanie sur un ton monocorde dans les trois langues nationales : "Donnez-moi du papier...". Comme il n'y avait pas un seul papier dans les parages, pas un seul détritus, je fouillais mes poches à la recherche d'un précieux déchet, juste pour le voir s'engloutir, dans un grand bruit de succion, au fond de son estomac. Sa gorge faisait office d'aspirateur et ingurgitait les ordures. Est-il toujours là ? Plus loin, au beau milieu de la terrasse du restaurant, un âne en bronze brayait chaque fois qu'un enfant glissait une pièce de 5 francs, et levait ensuite sans pudeur sa queue pour expulser de son orifice anal, une piécette d'or garnie d'un chocolat.


Ce qui me fascinait chez Meli, c'est que les personnages peuplant les histoires que me racontait ma grand-mère, prenaient soudain vie. Le chat botté accueillait les visiteurs d'un mécanique coup de chapeau. Un pierrot dissimulé dans un croissant de lune, lançait une poignée de cacahuètes, lorsqu'on glissait une pièce de 5 francs dans l'appareil. Jaillissant du feuillage touffu des arbres, une vilaine sorcière au nez crochu, fendait les airs sur son balai, ponctuant son passage éclair d'éclats de rire sardonique.


Dans un tunnel, je hurlais mon prénom au fond d'un puits qui me le renvoyait à l'infini. Mes frémissements de plaisir se muaient en frissons d'effroi quand j'apercevais un ogre qui se frayait lentement un chemin à travers l'exubérante verdure du parc. Derrière une haie, un autre géant était couché sur le gazon et ronflait bruyamment.


Je courais dans les allées, pressé de découvrir les autres attractions. Les souliers qui dansaient, le concert des tulipes, le Palais des mille et une nuits, le village infesté par les rats, le labyrinthe végétal, l'apirama qui narrait en trois dimensions l'odyssée des abeilles, le spectacle des fontaines lunimeuses, les flamants roses dans la mare,...


La nostalgie a décidément le goût du nectar des fleurs...©

mardi 3 juillet 2012

Vinyle : trois petits tours et puis s'en reviennent...

Eh oui. J'ai connu le temps des vinyles, des saphirs et des platines. Comme tous les mélomanes, j'ai vu poindre, d'une oreille ravie, l'invention du compact disc et comme la plupart des possesseurs de galettes vinyles à la fin des années 1980, j'ai voulu me débarrasser de mon encombrante collection de 33 et de 45 tours, pour la remplacer par des CD. La pureté cristalline du son, le format  certes un peu épais et rigide mais pratique pour le rangement et les reflets irisés de l'objet reléguaient les antiques microsillons au rang de dinosaures. 
Début des années 1990, les commerces de rachat étaient submergés d'offres de particuliers désireux de céder leurs vinyles. Je me souviens du responsable d'un magasin qui déclinant mon offre, m'assura que la plupart des albums qu'il avait acquis, finissaient à la décharge publique. Qui aurait cru à ce moment que le disque noir allait, quelques années plus tard, reprendre du poil de la bête et devenir une pièce culte, collector recherchée par les collectionneurs, les indécrottables nostalgiques mais surtout  un nombre croissant de jeunes tombés sous le charme des microsillons.
Si j'écoute encore rarement des vinyles, j'en achète fréquemment. Comment vous expliquer cette attirance bien physique que j'éprouve pour ces galettes noires...  L'objet a quelque chose de sensuel, de souple, de lascif. De rassurant et de chaleureux aussi. Comme le son crépitant des bûches qui se consument lentement dans l'âtre. J'écume toujours avec plaisir les boutiques de disquaires, guidée par l'odeur pénétrante et indéfinissable de ces "grands CD". Je m'empresse de glisser mes doigts impatients entre les albums, pour qu'ils exhalent leurs parfums discrets et synthétiques. Même le pppfffshhh provoqué par le frottement des 33 tours qu'on passe en revue, est doux, voluptueux, félin. Et puis, la pochette d'un 33 tours a tout de même plus de classe, plus d'impact que celle d'un CD. L'achat d'un disque est aussi dirigé par l'esthétique de l'emballage. Certaines pochettes sont de véritables oeuvres d'art qui sur un CD, ne peuvent être appréciées à la même dimension. Tentez seulement d'apprécier un tableau de maître sur un timbre poste pour voir! 
Le son digital est bien évidemment limpide, argentin. Certains l'ont décrété froid, métallique, dépourvu d'émotion, et ne jurent que par les grésillements et les crépitements du sillon langoureusement caressé par l'aiguille. Poser un disque sur une platine, déposer délicatement le bras du pick-up, doucement retourner le disque pour découvrir sa face B, c'est comme un cérémonial.
Le vinyl n'a pas dit son dernier mot et le vintage a décidément encore de beaux jours devant lui. Tant que la platine tournera... ©

jeudi 28 juin 2012

"Nos Loisirs" : dépaysement assuré

Journal-revue qui vécut entre 1906 et 1911, "Nos Loisirs" se targuait d'être intéressant du début jusqu'à la fin. On y trouve, de fait, un tas d'indices sur le quotidien du l'aube du XXe siècle.

L'environnement n'était pas vraiment au centre des préoccupations de l'époque. Les chasseurs blancs abattaient des tas d'éléphants au point de provoquer - déjà à l'époque- un risque d'extinction de l'espèce. Le souci premier n'était cependant pas la disparition des pachydermes mais les répercussions catastrophiques que ce funeste événement aurait sur le juteux commerce de l'ivoire... Cela vous fait sans doute songer à une époque plus proche...

Les prix des concours étaient aussi pour le moins surprenants: un révolver, une carabine, une ombrelle en soie,... Et les pages de réclames se boivent comme du petit lait. Du "Royal mamillaire" qui assure une poitrine de marbre au tue-moineaux sans feu ni bruit en passant par les véritables grains de santé du Docteur Franck, remèdes de la constipation depuis 1802, l'exotisme côtoie le pittoresque. ©

lundi 25 juin 2012

Quand le chat noir se met en pelote...

Echevelé et souple, ce dessin de Steinlen est extrait de l'album des "Chats". Théophile-Alexandre Steinlen est surtout connu pour les célèbres affiches du Chat Noir qu'il fréquentait aux côtés de son ami Toulouse-Lautrec. C'est un amoureux des chats qui y consacrera d'ailleurs beaucoup d'oeuvres, y compris des sculptures comme son Chat angora assis. Cette "bande dessinée" (même s'il est tôt pour utiliser ce terme) a été publiée dans la revue "Nos Lectures" du 18 novembre 1908. ©

mardi 12 juin 2012

La poudre à faire pondre... des oeufs en or pour son inventeur

Si la pub doit aujourd'hui respecter une certaine déontologie, il n'en était bien entendu pas de même naguère. Ce qui nous vaut quelques perles venues du passé. Comme cette poudre à faire pondre inventée par un certain Fanfillon en 1879, professeur diplômé -on ne peut plus vague comme qualification-. Tout était expliqué dans cette mini bande dessinée d'une réclame publiée dans la revue "Nos Lectures" à l'aurore du XXe siècle. ©

lundi 4 juin 2012

Réclames 1900 : chauve qui peut!

Empreinte de plus de naïveté sans doute mais tout aussi prometteuse de beaux jours, la publicité du début du XXe siècle possède quand même quelques accents hardis. Jetez-y donc un coup d'oeil.
Appréciez : "Chauves! Je donne 100.000 frs à qui prouvera que la célèbre sève capillaire du dermologiste F. OLBE n'arrête pas la chute des cheveux en deux jours et ne les fait pas repousser à tout âge sur les têtes les plus chauves et dans leur nuance naturelle." Oui, vous avez bien lu. C'était une très coquette somme à l'époque et démontrer qu'une lotion magique ne fait pas ses preuves en deux jours, devait être très simple. Pas de quoi s'arracher les cheveux... Et pourtant. J'imagine que l'annonceur dissimulait une astuce quelque part. Vous ne pensez tout de même pas qu'il était prêt à débourser cette fortune.
Notre époque n'a rien inventé et les escroqueries en tous genres pullulaient déjà. La mémoire reconstituée de façon extraordinaire en cinq leçons! Tous les secrets de la magie noire et de la sorcellerie dévoilés! L'avenir dévoilé dans un jeu de 32 cartes! Le docteur Omnès de la Faculté de Médecine de Paris (NDLR : euh de quelle université s'agit-il?) guérit tout grâce au Zidal, un remède héroïque!
La publicité connaît l'art du recyclage depuis belle lurette. ©

mercredi 30 mai 2012

Le progrès et la croissance, espoirs de 1924

Les almanachs sont une source intarissable d'informations sur le quotidien et la pensée de nos aïeuls. Généralement, on se souciait peu de l'avenir, le présent étant assez prenant comme ça. Dans l'almanach Hachette de 1924, on s'interrogeait néanmoins.

dimanche 27 mai 2012

Femme des années 50 et 60 : sois belle et au service de Sa Majesté ton Mari

L'émancipation de la femme date d'hier. Ou presque. La société a évolué, les mentalités ont progressé mais aujourd'hui, la femme a souvent peine à se hisser dans la plupart des sphères viriles. Les grosses fortunes sont souvent entre les mains des hommes, la majorité des PDG à la tête des grandes entreprises sont masculins, les salaires les plus coquets sont généralement réservés aux hommes, et le pouvoir est traditionnellement dévolu aux... mâles...

Bien sûr. Le monde a changé. Surtout lorsqu'on feuillette les magazines d'antan.
Alors que les années 60 assistaient à l'installation tapageuse du féminisme dans toutes les strates de la société, Les revues et les réclames tenaient un tout autre langage. Le décalage entre les idées nouvelles et l'indécrottable phallocratie était patent. Toutes les femmes n'étaient pas féministes. Loin s'en faut. 

La présence féminine semblait parer la maison d'effluves rassurantes, comme le fumet pénétrant d'une potage aux légumes frais ou les bouffées de vapeur s'étirant au-dessus des chemises blanches pressées par le fer à repasser.

L'hebdomadaire "Bonnes Soirées" du 22 décembre 1957 (édité par la maison Dupuis) est fourré d'allusions et d'évidences qui ont maintenant des reflets naïfs et antédiluviens.
Utile ou futile

Femme d'intérieur exemplaire, elle se soucie avant tout de la blancheur de la chemise de Sa Majesté son Mari. Elle connaît exactement la température du fer selon les tissus. Et pourtant, on la devine enfantine, gorgée de candeur, un peu bécasse aussi sous l'effet du machisme ambiant.
Les gags valent bien les plaisanteries graveleuses qu'on entend encore dans certains milieux. Oh le gag n'est pas vraiment méchant et se veut taquin mais la mysogynie éclot où la terre a été remuée.
Et puis, on le sait bien, les filles ont la tête bourrée de tellement de futilités qu'elles sont à peine capables de réaliser des tâches intellectuelles. "Bonnes Soirées" fournit quelques conseils avisés aux jeunes filles évaporées. "Un peu d'attention, s.v.p.!"
La bande dessinée signée Martial, "Sylvie" diffuse le même esprit. Sylvie se prépare à rendre visite aux parents de son mari Guy. Mais elle est un peu étourdie, un peu maladroite : sa langue réagit plus vite que son cerveau... Chez ses beaux-parents, Sylvie ne tarit pas d'éloges pour son époux mais ce faisant, elle commet bien entendu LA bévue... et malgré elle, contraint Guy à passer le tablier de cuisine pour démontrer ses supposés talents de cuisinier. "Toi, je te retiens avec tes compliments", grogne Guy. Qui a dit "sois belle et tais-toi!" ? ©