mardi 15 décembre 2015

Le climat et les inondations, préoccupations du 19e siècle... déjà!

Lyon, 1856 (L. Froissart,source: Bibliothèque municipale de Lyon)
L'écologie n'est pas une préoccupation actuelle. La protection de l'environnement n'était sans doute pas aussi impérieuse, il y a quelques dizaines d'années et encore moins, il y a un siècle mais depuis que la météorologie s'est développée, l'homme a une meilleure compréhension des cycles climatiques et de son impact sur l'environnement. 

Dans "L'année scientifique et industrielle" de Louis Figuier (1857), publié chez Hachette, on fait d'ailleurs mention de la multiplication de stations pour les observations météorologiques en Europe, dans ces années-là. A l'Observatoire royal de Greenwich, douze observations quotidiennes sont ainsi consignées, toutes les deux heures. En Russie et aux Etats-Unis, cette surveillance s'opère même d'heure en heure. On espère à l'époque que la pluviométrie permettra de prévenir les inondations. Lyon avait déjà subi, en 1840, des inondations dévastatrices dans le bassin de la Saône et en 1856, la France payera encore un lourd tribut, à cause des débordements du Rhone, de la Loire et de leurs affluents.

Les scientifiques ont cherché à comprendre les raisons des ravages de l'eau et ont entrepris plusieurs réunions de travail afin de prévenir ou tout au moins, de réduire les effets des inondations. Une question (déjà) controversée fut débattue au sujet de l'influence des déboisements sur l'abondance des pluies et sur la température des régions défrichées. 

Pyotr Alexandrovich Chikhachov (Wikimedia Commons)
En 1856, le géologue et naturaliste russe Tchihatchef présente à l'Académie des Sciences, un manuscrit: "Etudes climatologiques sur l'Asie mineure". Il y indique que "les progrès de la civilisation et les guerres sont les causes de la destruction des forêts du Gange à l'Euphrate, et de l'Euphrate à la Méditerranée (...) Trois mille ans de guerre ont ravagé ces contrées (...) le littoral septentrional de la mer Noire, du temps d'Hérodote, était couvert de forêts, là où il n'en existe plus aujourd'hui". Il est perduadé que la disparition des forêts a joué un rôle dans le changement climatique de l'Asie mineure. La température moyenne estivale a ainsi été réduite tandis que l'hivernale se voyait augmentée.

La plupart des scientifiques de l'époque se montraient sceptiques sur l'influence du déboisement sur le climat. On pensait globalement que le déboisement n'avait pas forcément pour conséquence une élévation de la température moyenne mais qu'un grand nombres d'observations tendaient néanmoins à le faire croire! Certains scientifiques prônaient du reste le reboisement pour endiguer le retour des inondations. ©

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