vendredi 29 avril 2016

Le télécran : Big Brother is etching you

Avant la tablette et le smartphone, il y avait le télécran qui n'avait rien à voir avec nos appareils connectés mais qui gardait les enfants vissés sur un écran. Le jouet était également connu sous le nom d'écran magique ou d'ardoise magique. Il est d'ailleurs toujours vendu de nos jours mais gageons que son succès est plus confidentiel que lors de son invention. Le mot "télécran" est apparu, pour la première fois en français en 1948, dans "Le diable l'emporte" de René Barjavel. C'est aussi un objet (telescreen) imaginé par George Orwell dans son roman "1984". Le télécran est un appareil de surveillance qui s'installe dans tous les foyers et dont le but est d'espionner les gens, tout en diffusant de la propagande. On est toutefois loin de Big Brother avec le télécran qui a amusé les gamins des années 60 et 70.

Imaginé en 1959 par le Français André Cassagnes (décédé à l'âge de 86 ans en 2013), l'écran magique est distribué dans l'année qui suit, par la marque "Jouets Rationnels" qui le baptise Télécran. Dans le reste du monde, il est connu sous le nom d'Etch A Sketch. Le jouet ressemble à un écran pourvu de deux boutons qu'il faut tourner simultanément afin de mouvoir un curseur qui trace une ligne verticale ou horizontale. Pour effacer le dessin qui avait été composé, il suffisait de retourner l'ardoise et de la secouer. C'était magique. Le principe, c'était une tige qui déplaçait une poudre contre la face interne de l'écran. L'absence de poudre laissait une trace et le fait de secouer l'ardoise répartissait à nouveau la poudre sur l'écran. C'est ce qu'on peut encore appeler aujourd'hui un objet culte qui a fasciné toute une génération.

Le jouet a en tous cas inspiré de nombreux artistes, dont George Vlosich. Ses oeuvres réalisées avec le télécran sont, affirme-t-il, de véritables créations pop art. Il est clair que l'artiste fait preuve d'une virtuosité peu commune avec ce jouet. J'ignorais qu'on pouvait tracer des courbes avec ce jeu. Et moi qui, dans les années 60, considérais mes petites maisons comme des chefs-d'oeuvre... ©

vendredi 15 avril 2016

Tournidol, un gadget oublié qui faisait tourner les têtes


Voici encore un objet collector, vraisemblablement très difficile à dénicher. Objet complètement inutile mais forcément indispensable aux ados des années 60, le tournidol était une petite tête de 7 centimètres de haut, représentant une idole de la chanson, qu'on fixait au centre des tourne-disques. Juste pour avoir le bonheur de regarder la binette de sa vedette favorite tourner, le temps d'une chanson à succès. Le magazine "Salut Les Copains" en publiait la publicité en 1970 mais ce gadget existait déjà en 1967, puisqu'on y retrouve aussi la réclame dans un "Vaillant Le Journal de Pif" de 1967. 

Selon les connaisseurs, il est aujourd'hui presque impossible d'en trouver dans les brocantes. On en écoule néanmoins quelques exemplaires sur les sites de vente aux enchères mais seuls les prix font encore tourner la tête... Le gadget se vend aux alentours de 40 €, certains tentent même de les écouler à... 150 € pièce! Autant dire que cette petite folie coûte les yeux de la tête. La collection complète est évaluée à 1000 € sur le même site.

Le tournidol était décliné en cinq versions, il y en avait aux effigies de Claude François, Hervé Vilard, Hugues Aufray, Petula Clark et Sheila. Assez bizarrement, celui qui avait interprété en 1962, "L'idole des jeunes", Johnny Hallyday ne figurait pas parmi ces statuettes en résine. Apparemment, ils étaient destinés aux 45 tours uniquement et étaient en couleurs mais les années faisant, il devient extrêmement ardu de mettre la main sur des exemplaires colorés en bon état.

Le tournidol était un article à l'origine gratuit qui avait été inventé par la marque Banania et offert à l'achat de ses produits et des desserts Y'A Bon, avec l'appui de "Salut Les Copains". La marque Banania a été fondée en 1914, par Pierre-François Lardet, à l'origine journaliste français. Lors d'un voyage au coeur d'une forêt du Nicaragua, il aurait découvert une boisson préparée par des indiennes, à base de farine de bananes, de cacao, de céréales et de sucre. ©

mercredi 6 avril 2016

Disney tire les cartes

Gamine, je ne jurais que par les Pif Poche, les Pif Gadget, le Journal de Mickey et Picsou Magazine. 

Créé en 1972, Picsou avait opté pour le cadeau (Pif avait déjà mis le grappin sur le terme "gadget"), imitant ainsi la méthode initiée par l'hebdomadaire publié par les Editions Vaillant. 

Ce magazine avait été créée en 1969 et pour la première fois, un illustré pour enfants offrait un "gadget" qui devait mettre à rude épreuve l'imagination de ses concepteurs. Il s'agissait en effet de pondre LA surprise peu coûteuse, efficace, amusante et novatrice. Les inventeurs mariaient l'audace à l'inventivité afin de fournir des objets souvent intelligents et interactifs. Il fallait que l'enfant construise un planeur acrobatique, patiente avant que l'herbe magique se révèle sous son tapis ouaté. Pif invitait aussi les gamins à prendre soin d'êtres vivants comme les Pifitos ou les pois sauteurs du Mexique et les Pifises (Artemia Salina), des sortes de petits crustacés.

Cette longue introduction pétrie de nostalgie rose bonbon devait en principe servir de tremplin à ces illustrations. Je devais avoir 14 ans quand j'ai obtenu ces cartes. J'adorais battre les cartes et jouer en solitaire. Ce mini jeu était l'un de mes trésors d'enfance. J'étais persuadée qu'il constituait le bonus d'un Picsou Magazine des années 70. Mais non... J'ai songé au Journal de Mickey. Peut-être l'un de ses cadeaux... Mystère. Le jeu est complet, à l'exception des jokers à l'image de Pluto. Mes recherches sur internet n'ont rien donné. À part une référence sur un site de ventes. Les cartes plastifiées sont frappées de l'inscription "Milano" - Plastic Cards et dateraient de 1975. Elles seraient connues sous l'appellation de "paper poker". 
 
Mis à part ces indications un peu vagues, les autres cartes n'ont rien de spécifique. Ce sont de cartes classiques avec un dos à carreaux verts. Il doit y avoir eu deux couleurs puisque certains jeux comportent des dos rouges à carreaux. Elles mesurent 4,5 cm de hauteur et 3,2 de largeur. Le roi de coeur, c'est bien entendu Mickey qui est accompagné de sa reine Minnie et du valet Dingo (Goofy). Le roi de carreau, c'est le plus pingre des héros, Oncle Picsou (Uncle Scrooge), la reine, c'est Daisy Duck et le valet, Donald. Quant aux personnages de pique, ils sont trois méchants: le roi, Pat Hibulaire (Pete), la reine, la sorcière Miss Tick et le valet, l'un des Rapetou, le 808 (Beagle Boy). Pour les trèfles, le roi, c'est Horace Horsecollar, la reine, Clarabelle Cow et le valet,... eh bien, je sèche, c'est un chien anthropomorphisé plutôt chauve mais portant de grosses rouflaquettes. 

Probablement en manque de pochette, j'avais fourré le jeu dans une petite boîte de Sun.Maid Raisins, l'écrin étant juste parfait pour la dimension des cartes. Je les ai préservées et encore aujourd'hui, m'en séparer me fendrait le coeur.  ©