lundi 21 juillet 2014

Le ballon et la mer

NADINE JOUE À LA BALLE SUR LA PLAGE.jpgBallon rouge et blanc,
Rose en papier crépon,
Parasol vert et blanc,
Coquillage et sable blond,
À califourchon sur ma balle,
Je lèche mes lèvres imprégnées de sel
Des nuages en pâte de guimauve tapissent le ciel
Qui crache des mouettes hurlantes en rafale
Mes orteils fouillent le sable mouillé
Mon ballon rouge et blanc roule sur la plage
Caressée par un vent coquin et léger
Je cours, je plonge, je nage...
Cabine rayée, cerfs-volants,
Petits moulins à vent,
Méduses en gélatine...
Le chalumeau planté dans un milk-shake grenadine,
Que lentement, je sirote
Tout en enfonçant mes quenottes
Dans une gaufre de Liège tiède et molle
Cuistax sur la digue qui s'étire jusqu'au Sahara
Châteaux de sable, clapotis, vagues folles,
Parfums marins, bateaux blancs, ciel bas.
Soleil couchant,
Horizon rougeoyant,
La mer emporte mon ballon rouge et blanc ©

lundi 7 juillet 2014

La mer, l'amer et la mère

L'odeur capiteuse de la terre gorgée de soleil, les nuages joufflus qui s'étirent avec une lenteur infinie, les hirondelles, les coquelicots et les boutons d'or, les papillons et les vers luisants,... L'été, c'est un état d'esprit. Ce qui me manque le plus en hiver, ce sont précisément les parfums. On dirait que le froid emprisonne toutes les senteurs. Or, les odeurs sont très évocatrices et stimulent la mémoire, plus que n'importe quel autre sens. Est-ce la raison pour laquelle je garde plus de souvenirs des moments passés en été ?

Cette vieille photo pressée entre les pages d'un album, me titille l'imagination. Les effluves de mon enfance sont imprégnées d'embruns et d'iode. Des gaufres de Liège du Glacier Georges. De crevettes à décortiquer et de moules juteuses. De la poudre de feux d'artifices, les 14 et 21 juillet. Mon premier souvenir doit remonter à l'âge de 3 ans. Mes parents veulent aller nager et moi, je suis supposée demeurer avec ma grand-mère. Je suis supposée creuser sagement des trous dans l'espoir de rejoindre la Chine... Et pourtant, j''échappe à la vigilance de Bobonne et je m'élance vers la grande bleue pour rejoindre Papa et Maman.

Sur la plage, les parasols rouge et blanc. Blanc et rouge. Vert et blanc. Blanc et vert. La mer et le ciel qui s'épousent. Les gens en maillot de bain qui lézardent sur des essuies de bain colorés. Les enfants qui crient et qui bondissent. Et moi qui m'éloigne. De plus en plus. 
 
Mes yeux fouillent l'horizon mais où poser mon regard ? Je marche le long de la mer. Des gamins mettent à jour un crabe qui était dissimulé sous le sable. Je m'arrête, j'oublie tout, et même le sens de ma quête, j'observe. "Maman, viens voir le crabe qu'on a trouvé", s'exclame un des gosses. Un sentiment de détresse m'étreint à nouveau. "Maman... Papa, où êtes-vous ?" Personne ne me remarque. "Oh le beau coquillage !" Deux marmots s'éclaboussent en gloussant.

Au moment où mes pensées se rembrunissent, ma mère surgit derrière moi. Sur sa peau rougie par le soleil, des gouttes d'eau salée dégoulinent. "Je t'ai cherchée partout. Je suis si contente de t'avoir retrouvée". Et moi donc !©