dimanche 31 mai 2015

Le Doudou au début du XXe siècle

Extrait du "Patriote Illustré" de 1920. Très sage, n'est-ce pas?

mardi 26 mai 2015

Des inventions pour grandir et combattre le mal de mer

Extraites du magazine illustré "Je Sais Tout" de 1906, des photos légendées qui forcent le sourire. L'appareil respiratoire inventé par M. Guglielminetti-Draeger peut faire railler mais cet appareil a tout de même permis aux pompiers d'effectuer leur travail avec une meilleure sécurité et par conséquent une efficacité accrue. L'appareillage a notamment permis aux sauveteurs français de descendre dans la mine de Courrières, en mars 1906, où avait eu lieu la catastrophe minière la plus importante d'Europe. Quelques cartes postales témoignent d'ailleurs de l'utilisation de ce dispositif à cette époque. 

La société Dräger existe toujours et oeuvre dans le domaine de la sécurité, depuis 1889. "Les appareils Guglielminetti sont un perfectionnement des fameux appareils à régénération, employés par les mineurs allemands. (...) l'air vicié par la respiration est conduit dans un tube, qui l'amène à un régénérateur contenant de la potasse anhydre, laquelle s'empare de l'eau et de l'acide carbonique contenus  dans l'air respiré." ("Le Magasin Pittoresque", 1906). Ce qui permettait à un sauveteur de rester une heure et demie dans des lieux privés d'atmosphère respirable.

Plus anecdotique, cette machine destinée à gagner quelques centimètres qui ressemble davantage à un instrument de torture... L'utilisation de la machine promet tout de même un allongement de la taille de 5 à 7 centimètres. Cela reste à prouver.

La prothèse contre le mal de mer, quant à elle, était plutôt encombrante et en tous cas, peu pratique. A l'époque, l'électricité portait énormément de promesses et était susceptible de guérir à peu près tout et n'importe quoi. On parlait également, toujours selon "Le Magasin Pittoresque" de 1906, de l'emploi du fauteuil à bascule pour combattre le mal de mer. "Le fauteuil trépidant qui vient d'être expérimenté a pour but de rendre son occupant moins sensible aux brusques déplacements du navire en le soumettant à une succession de mouvements en hauteur et en profondeur qui peuvent être produits soit à la main, soit à l'aide d'un mécanisme. Il résulte de cette disposition particulière que les oscillations soudaines du navire: roulis, tangage, soulèvement, inclinaison sur la bande sont transformées en une série de déplacements de faible amplitude qui sont constamment interrompus par de rapides mouvements effectués dans une direction opposée au sens de l'oscillation du vaisseau, atténuant ainsi la répercussion des mouvements désordonnés du bateau sur l'organisme humain." La phrase à elle seule donne mal à la tête. Pour faire plus simple, le basculement du fauteuil vous distrait des mouvements du bateau sur les vagues.

Plus récemment, un inventeur toulonnais a breveté des lunettes d'une élégance à couper le souffle, susceptibles de calmer le mal de mer, en 12 minutes. Leur usage promet de réconcilier le cerveau et l'oreille interne. A travers ces lunettes, le mouvement perçu par les yeux est, en effet, identique à celui capté par l'oreille interne. On n'a pas fini d'inventer et c'est tant mieux. ©

dimanche 3 mai 2015

Drones et food trucks en 1906

Quand on fouille le passé avec un regard actuel, on déniche parfois des perles qui renvoient à notre présent. 

La comparaison vaut ce qu'elle vaut mais elle fait immanquablement sourire. Dans un album des revues "Je Sais Tout" (un magazine encyclopédique illustré fondé en 1905), j'ai relevé une poignée de découvertes de 1906 qui évoquent étrangement notre époque. 

L'appareil photographique aérien ne fait-il pas songer aux drones? La technologie n'y est pas encore mais l'idée est bien là. Non? L'esprit pratique naît à l'aurore du XXe siècle. La cabine téléphonique permet aux militaires de multiplier les postes mais aussi d'éviter les lourds chargements. Reste à inventer la téléphonie sans fil.

Je ne peux m'empêcher de penser aux très branchés food trucks lorsque je regarde la photo de ce marchand de frites au Canada. Euh marchand de frites? Je pensais que la "baraque à frites" était une invention belge... Ce n'est pas plutôt de la poutine? Ce food truck canadien sur traîneau est en tous cas avant-gardiste. ©

dimanche 29 mars 2015

Les bambins dodus de Béatrice Mallet

L'enfance d'antan a des parfums de rose fanée, dans lesquels j'aime me frotter le museau. Les livres d'images de la première moitié du XXe siècle alignent les clichés d'une époque révolue qui parvient toutefois encore à me charmer par ses accents délicieusement naïfs. Les bébés ont les joues rebondies et rouges vif, les petites filles sont toujours modèles et les canards portent des gilets de flanelle. Les bambins de Béatrice Mallet ne ressemblent pas à des adultes en miniature, ils ont le teint frais, les bras potelés et les yeux ébahis et rieurs. On les croquerait volontiers.
 
D'origine britannique, Béatrice Mallet, illustratrice, dessinatrice et imagière née en 1896, a débuté sa carrière par la création de la couverture du catalogue de jouets des Galeries Lafayette, en 1921. Elle poursuit dans le monde de la publicité. C'est elle qui propulsera le logo de la marque de lingerie enfantine "Petit Bateau" dans les années 30, avec son personnage de Marinette.  En 1937, sa publicité est gratifiée du Grand Prix de l'Exposition de Paris. C'est à cette époque également qu'elle publie des livres d'illustration, comme "Mother Goose", "La soeur de Gribouille"... Elle réalisera également des séries de cartes postales.

Enfoui sous un tas de magazines humides et poussiéreux, un album de Béatrice Mallet avait été oublié dans une vieille caisse en carton. L'artiste illustre ici un recueil de comptines, "Nos premières chansons". Le style rondelet et les couleurs criardes sont imprégnées de bouffées de candeur dont, je l'avoue, je me repais volontiers. Sa ligne se délie dans l'évidence et la simplicité d'un monde où tout va bien. L'univers croquignolet de Béatrice Mallet a ce quelque chose de rassurant, de douillet, de moelleux, cette odeur de poudre de bébé qui fait fondre. 

Celle qui fut aussi l'illustratrice des cigarettes St Michel,  allait décéder en 1951, des suites d'un cancer du poumon... ©

En savoir plus : http://beatricemallet.unblog.fr/  

vendredi 13 mars 2015

Contes de Grimm et souvenirs en apirama

J'ignore pourquoi je recherche de plus en plus la tendresse et l'émerveillement attachés à l'enfance. Le chemin vers un âge qu'on dit vénérable, semble être une progression vers une envie plus pressante de pureté. Dans les bouquineries, je m'attarde souvent dans le coin de lecture réservé aux enfants. C'est fou le nombre de livres précieux que les gens peuvent abandonner sur les étagères branlantes des boutiques de seconde main. Précieux par leur imagerie, leur odeur tenace de papier jauni, leur charme vieillot. 
Je ne suis pas forcément en quête de bribes de mon enfance car j'affectionne tout particulièrement les albums d'images du début du XXe siècle. Récemment, j'ai eu le bonheur de dénicher des contes de Grimm illustrés par Jean Morette, chez Hachette, un album dont la première édition date de 1946. Les aquarelles me paraissaient sorties de l'imagerie de Meli, l'ancien parc d'attraction d'Adinkerke (La Panne). Le trait pastoral, les couleurs chaleureuses, le ton jovial et bon enfant me ramenaient, au fil des pages sculptées par le temps, aux émotions pastel d'une enfance bercée par les contes narrés par la Mère l'Oie battant maladroitement ses ailes mécaniques à l'entrée du parc Meli. 
Cette illustration ne fait-elle pas songer à l'âne trônant sur la terrasse du self-service, qui transformait nos 5 sous en pièces d'or fourrées de chocolat ? J'entends encore  son braiement entêtant et je vois encore la pièce dorée jaillir, du beau milieu de ses fesses au moment où je m'y attendais le moins.
Les personnages qui peuplaient le parc avaient la bonhommie, les rondeurs, le crâne lisse et les joues rouges des dessins de Jean Morette. Je me revois caressant le ventre rebondi du mangeur de papier adossé à la petite maison, qui aspirait les détritus, Holle Bolle Gijs. "Papieerrrrr, papieeerrrrr", annonçait-il en roulant les "r" comme on sait le faire en Flandre. "Pour vous, les frites, pour moi, le papier." 
Je me souviens le village d'Hamelin, en admirant ces façades ciselées, tellement pittoresques. Je me souviens du bourgmestre qui apparaissait de temps à autres à sa fenêtre, promettant un sac d'or à quiconque parviendrait à débarrasser sa ville des rats qui l'infestaient. Je me souviens de l'effrayant ogre ronflant bruyamment derrière quelques buissons. Ou du géant barbu faisant les cent pas entre les arbres du Bois des Contes.
Voilà tout ce que quelques images peuvent éveiller... Elles nourrissent nos rêves, attisent nos souvenirs qu'on croyait éteints. ©