Affichage des articles dont le libellé est guide. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est guide. Afficher tous les articles

lundi 23 janvier 2012

De mon temps, on avait des manières!

Édité en 1943, ce "manuel de politesse et de savoir-vivre à l'usage des familles et des établissements d'instruction" a été pensé par le directeur général au ministère de l'Instruction publique en personne. Une fois de plus, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous quelques extraits choisis. 

Page 16 : "Dans la vie courante, on dira d'un bossu, qu'il a le dos rond; d'un sourd, qu'il a l'ouïe dure; d'une rousse, qu'elle a les cheveux d'un blond ardent." Faut-il en déduire qu'être rousse, c'est être affublé d'un handicap physique ?

Page 67 : "Les enfants au salon -  Ne les admettez jamais dans votre salon à vos jours de réception, à moins que vos invités n'en expriment le désir formel. Les petites filles embrassent les amies de leur mère; les petits garçons leur baisent la main. Après avoir salué les personnes présentes, ils s'en vont." Les gosses au placard !

Page 142 : "Usage de la cuiller - La cuiller se manie de la main droite. On en prend le bout du manche entre le pouce et l'index, de manière qu'elle s'appuie que les autres doigts. On ne remplit la cuiller qu'à moitié, afin de ne pas répandre de liquide, et on la porte prudemment à la bouche, sans que chaque fois la tête se penche vers l'assiette. Les Anglais la présentent aux lèvres non par le bout, mais par le côté du cuilleron. Chez nous, la partie antérieure s'en introduit dans la bouche, jusqu'à un peu plus de la moitié de sa longueur; on en déverse le contenu, en levant le bout du manche. Il est inconvenant de déguster bruyamment son potage et de écher la cuiller après usage."  Un morceau d'anthologie, assurément. À croire que les gens de cette époque ignoraient tout de l'usage des ustensiles de cuisine...

Page 246 : "Le deuil des domestiques - Dans la maison, les domestiques portent le deuil aussi longtemps que leurs maîtres; les habits de deuil sont naturellement fournis par ceux-ci."  Naturellement, ma chère. 

Page 252 : "Présents aux enfants - Aux enfants, on n'offre pas de cadeaux de prix. Les plus jeunes doivent se montrer satisfaits avec un sachet de bonbons. S'ils rechignent, ils prouvent par là qu'ils sont gâtés. Que pourra-t-on leur offrir, lorsqu'ils auront atteint l'âge de quatorze ou de quinze ans ?" Quoi ? Pas de consoles de jeux ? Pas d'ordinateur dans la chambre ?  Sombre époque. ©

jeudi 12 janvier 2012

Savez-vous serrer tendrement les objets les uns contre les autres ?

"Savez-vous faire une malle ? Savez-vous serrer tendrement les objets les uns contre les autres de façon à éviter de retrouver dessus ceux qui étaient dessous, et inversement; il n'y a pas d'exemple qu'une malle soit transportée autrement que la tête en bas." Ces conseils sont prodigués par Paul Morand, grand voyageur devant l'Eternel s'il en fut, assure-t-on dans le "Congo Guide". "Quand Paul Morand écrit, par exemple, qu'"un voyage doit se préparer avec méthode", il dit exactement ce que nous voulons dire ici."
Le guide offre une vue très occidentale de ces contrées dont la beauté sauvage semble avoir été domestiquée par le blanc. Tout a été soigneusement préparé pour l'occidental en pérégrination. Avion, rail ou bateau, le transport du voyageur blanc est une priorité. Liste des sociétés coloniales,  administration de la colonie, recettes de spécialités locales, art colonial, tarifs postaux, conseils pour échapper aux moustiques et... au mal de mer..., rien n'est laissé au hasard. Et nous ne sommes qu'en 1929 ! L'image donnée de l'Afrique occupée est on ne peut plus lisse.

Signe des temps : la femme pèse évidemment moins que l'homme, à cette époque. "La limite de poids pour l'ensemble des bagages personnels est fixée à 500 kilos par passager; 200 kg. en plus s'il est accompagné de sa femme et 50 kg. en plus pour chaque enfant." Faut-il en conclure que la femme valait moins de la moitié d'un homme ? Fort heureusement, les gaines Warner's en voile "illusion" étaient d'une légèreté à nulle autre pareille ! ;) ©

lundi 9 janvier 2012

Guide pour le voyageur au Congo en 1929

À en juger par la littérature qu'il avait accumulée sur le sujet et les notes dont il avait criblé ses livres, mon grand-père a sans doute eu l'idée de larguer les amarres pour partir à la découverte du Congo. Il n'est jamais passé à l'acte. Ces chers livres lui suffisaient peut-être pour rêver... Notamment paré du "Congo guide illustré et guide de Ténériffe" de 1929, il pensait vraisemblablement être prêt à boucler sa malle pour dompter la nature sauvage de là-bas. L'ouvrage en question est une perle dans le genre.On y trouvait quelques publicités habilement choisies ! De l'attirail du parfait petit chasseur blanc... à celui de la parfaite petite épouse ! (à suivre)

jeudi 27 octobre 2011

L'hygiène conjugale, il y a un siècle

Voici un petit guide qui vaut de l'or, tant il démontre bien comme les moeurs ont été bouleversés en un siècle. Publié dans la collection "Bibliothèque M. Charles à un franc. Série médicale V", "L'hygiène conjugale. Conseils aux gens mariés" lance des affirmations pseudoscientifiques enrobées d'une morale amidonnée qui fait rire aujourd'hui.

Extrait :
"Si d'ailleurs elle se met d'accord avec son mari pour éviter la grossesse, soit en évitant l'épanchement du sperme dans ses organes sexuels à chaque coït (coït interrompu), soit en employant d'autres moyens nuisibles, elle s'expose d'autre part à de affections sexuelles graves.


Le sperme de l'homme - et c'est là une vérité généralement inconnue - est absolument nécessaire pour maintenir les organes féminins dans un état constant de santé.


L'abondance de cette matière procure à la femme force et santé. Les pères de l'Église qui se basaient sur la Bible pour établir que la femme doit être sous la domination du mari, avaient à ce point de vue, mis le doigt sur la vérité.

Même à un âge avancé, l'homme est le conservateur des organes féminins; le sperme est aussi nécessaire à leur conservation que la rosée est nécessaire et bienfaisante à la fleur. Sans ce liquide, les organes sexuels se dessécheraient, subiraient des inflammations ou seraient détruits par la formation de tumeurs. Et nous sommes justement redevables de cette foule effrayante de maladies sexuelles, au vice qu'Onan et sa femme pratiquaient au lieu du coït."

On ne se lasse point de feuilleter ce "guide" de nos arrière-grands-parents. Dire que cette brochure à un sou faisait partie de la collection dénommée " Bibliothèque médicale"... On croit rêver. Ajoutez-y des phrases alambiquées dont il est compliqué de suivre le fil.

Morceau choisi : "Très fréquemment, nous entendons la question suivante : Avec quelle fréquence doit-on pratiquer les rapprochements sexuels ? Maints idéalistes y répondent : simplement chaque fois où l'acte pourra être suivi d'une conception. Si la chose était vraie, tout homme aurait besoin d'un grand nombre de femmes, car notre genre de vie actuel développe précisément outre mesure les appétits sexuels, d'autre part je ne vois pas qu'on pourrait en changeant son genre de vie pour se mettre vraiment à la diète et vivre même comme des chiens, en arriver à rabaisser, jusqu'à rendre cette chose faisable, et à un tel degré, nos si violents désirs sexuels. La pratique modérée du coït est bienfaisante et bien que le but principal du mariage ne réside pas là, elle est cependant la condition fondamentale d'une heureuse vie en commun.


Voici ce qu'on peut recommander généralement aux personnes saines : entre la 20e et la 30e années, ne pas dépasser deux coïts par semaine; entre 30 et 40 ans, se contenter d'un rapport sexuel hebdomadaire, et, après la 40e année, tenir compte de l'âge et de la force de l'appétit sexuel car, plus l'homme avance en âge, et moins il devrait y penser." ©

samedi 22 octobre 2011

Petit manuel des usages du monde

Savoureux lorsqu'on le lit avec le recul du temps et l'évolution des moeurs... Vraisemblablement publié au début du XXe siècle (aucune date n'est mentionnée), le "Petit Manuel des usages du monde. Le savoir-vivre dans toutes les circonstances de la vie" de la Baronne de Savernon est devenu aujourd'hui, à certains égards, une perle d'humour nonsense venue d'une époque que la plupart d'entre nous n'ont pas pu connaître.
 
Extrait du chapitre 3 sur le savoir-vivre à table : "Si vous avez le hoquet, éclipsez-vous un moment et ne revenez à table que lorsqu'il est passé. Essuyez-vous la bouche avec votre serviette avant de boire, car rien n'est ignoble que de graisser son verre avec les lèvres. Ne renversez pas votre verre vide sur la table pour montrer que vous ne voulez plus boire. Quand on vous sert du café, laissez-le refroidir dans votre tasse; mais ne le versez jamais dans votre soucoupe pour le boire."
 
Sur la conversation : "Il est impertinent de dire mamselle : on doit prononcer mademoiselle. Même en parlant de son mari, une femme ne le désigne pas par son nom de famille tout court, elle dira monsieur en y joignant le nom propre, et mieux encore, elle dira tout simplement : mon mari. Il n'en est pas de même du nom de baptême, il est d'usage maintenant de s'appeler réciproquement par ce nom entre mari et femme." ©