vendredi 17 mars 2017

La géographie sur les bancs des années 50


Dans les années 50, les livres de géographie avaient des couleurs et des accents exotiques, tantôt pittoresques tantôt résolument désuets et un peu choquants mais c'est dans l'esprit de l'époque. Voici "Découvrons le monde" (G. Chabot et F. Mory), un manuel de géographie pour les classes élémentaires. Publié en 1950 aux éditions Bourrelier, cet ouvrage très plaisant expose, en 80 pages bourrées d'illustrations d'Hélène Poirié, l'essentiel des notions géographiques. Il y est moins question de connaître le monde que de comprendre les milieux de vie et la variété des paysages, des climats.

Le monde, c'était, en effet, d'abord ce qui entourait l'élève et puis, c'était les autres. Fatou du Sénégal, Nanouk l'Esquinau, des enfants qui somme toute leur ressemblaient : "mieux on connaît les hommes, plus on se sent capable de les aimer quelles que soient leur couleur, leurs habitudes, leurs façons de manger ou de s'habiller." Derrière cette petite phrase si jolie, si humaniste, se cache une réalité toute autre...

Tout est narré du point de vue du petit occidental. Dans la forêt équatoriale, le climat, écrit-on, n'est ni agréable ni sain "et les blancs sont obligés de prendre chaque jour des médicaments contre la fièvre." Ce monde-là n'existe, à l'époque, que parce qu'il a un intérêt pour les occidentaux. "On va pouvoir amener jusqu'à la côte les villes de bois précieux que contient la forêt équatoriale. Ces bois seront chargés sur des bateaux. En Europe, on en fera de très jolis meubles."

Mais on y parle surtout de l'environnement de l'élève, de son pays (la France, en l'occurrence), de la vigne, de la pêche en mer, de la mine, du chemin de fer, des saisons, du temps, des travaux dans les champs et du marché et de la foire. Des préoccupations et des réflexions parfois d'un autre temps toujours savoureuses à lire : 

- "De nos jours, les lettres voyagent par chemin de fer dans un wagon-poste." 
- "Pendant le long hiver des régions de montagne, elle (une paysanne filant au rouet) travaille la laine des moutons qu'on a tondus en été."
- "Jean est un jeune apprenti mineur de quinze ans, un "galibot" comme on dit dans le Nord de la France. Aujourd'hui, il est bien ému car il va descendre au fond de la première fois."
- "Aujourd'hui l'usage des machines agricoles s'est répandu dans la plupart des fermes. Mais il y a encore des endroits où l'on coupe le foin et le blé à la faux."  

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