dimanche 10 août 2014

Il y a 10 ans, Roswell et OVNI soit qui mal y pense!

Avant d’atteindre Roswell au Nouveau Mexique, il faut avaler d’interminables miles au cœur d’un désert aride, semé de buissons échevelés et de cactus discrets. Quelques communautés ont tenté ça et là d’établir des bâtisses. La plupart d’entre elles ont été abandonnées, ponctuant le trajet de fantômes. La route se délie, monotone, interminable, avant de déboucher sur Roswell. Roswell, capitale des produits laitiers. Ah bon ! On attendait autre chose. En fait, tout sauf ça. Mais on n’est pas au bout de ses désillusions. Roswell n’est pas du genre à annoncer à grand fracas que des extraterrestres débutant dans l’art du pilotage, ont crashé leur engin, à 23 miles du centre de la ville. Non. Les autorités ont préféré exhiber des fanions décorés de vaches hilares ou d’orchidées. Il y a bien quelques lampadaires municipaux bridés d’énormes yeux noirs. Des commerçants ont toutefois fait de l’événement qui s’est déroulé durant la première semaine du mois de juillet 1949, leur vache à lait. Tee-shirts ridicules, poupées extraterrestres, livres douteux et gadgets en tous genres s’alignent dans les vitrines de boutiques poussiéreuses.

Au beau milieu de ce gentil petit monde, trône le musée/centre de recherches sur les OVNIs créé en 1991. Un nom bien pompeux pour un organisme devenu désuet. Le convaincu en ressort avec ses convictions probablement intactes ; le sceptique en ressort aussi avec ses doutes intacts. Il y a belle lurette que le temps s’est figé dans ce musée qui a toutes les allures d’une bonne blague concoctée à l’intention des touristes. Comme on le dirait dans X-Files, la vérité doit être ailleurs… Entre assertions hasardeuses et allégations pseudo-scientifiques, le badaud est-il vraiment berné par cette masse nébuleuse d’histoires invraisemblables? 

Une artiste locale a créé une soucoupe volante, sertie de paillettes argentées pour sembler plus «authentique». Des panneaux garnis de photos jaunies et de découpes de presse jalonnent le parcours. On y épingle même un fait inexpliqué à Namur dans les années 60… mais point d’allusions à la vague d’OVNIs qui a balayé la Belgique au début des années 90.

Conspiration, «crop circles», zone 51, exposition artistique,… constituent quelques-uns des éléments d’une recette bien lourde pour l’estomac. Une réplique poussiéreuse de la scène d’autopsie de l’extra-terrestre clôture une visite qui vous laisse un goût de cendre dans la gorge. On ne peut même pas affirmer qu’on tente de rouler le curieux dans la farine, puisqu’aucun droit d’entrée n’est perçu. On donne ce qu’on veut, ou si on veut. On insiste par ailleurs sur le mot «donations» mais on indique tout de même un prix minimum…. Dans le cas où vous n’auriez pas compris. Géré par des bénévoles, le musée est accessible sept jours sur sept, entre 9 et 17 heures.

Le magasin du musée est bien achalandé et doit alimenter à lui seul les caisses du musée et centre de recherches. Balles de golf venues d’ailleurs, plaques d’immatriculation tombées de vaisseaux spatiaux, étranges boules de Noël, livres, CD’s, vidéos, tee-shirts, etc. Le visiteur ne sortira guère les mains vides.

La chaleur aride du désert vous retrouve dans une rue peu fréquentée. Vous ne pouvez vous empêcher de lancer un coup d’œil furtif vers le ciel azur. Et si… Vous grimpez dare-dare dans votre véhicule, en quête d’un nouveau graal ou au mieux des traces du crash dans l’étendue poussiéreuse. Nouvelle déception. Le lieu est devenu depuis belle lurette propriété privée. Le doute persistera dès lors dans votre esprit. Et OVNI soit qui mal y pense ! ©
 
(Souvenirs d'un voyage au Nouveau Mexique, USA, en 2004)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire