jeudi 18 avril 2013

Une vitrine sur le futur imaginée dans les années 60

Le lèche-vitrines est vraisemblablement une activité de moins en moins prisée, dans nos rues en tous cas avec ce printemps qui peine à s'imposer. En outre, nos vitrines se sont muées en écrans PC avec l'avènement d'Internet et du commerce en ligne. Dans les années 60, il en était tout autre et un soin tout particulier était accordé à la décoration des vitrines. "L'art de décorer les vitrines", un livre de Gisors-Isabey et Marabini publié chez Hachette en 1967, nous transporte avec bonheur dans les années d'or de la décoration faste des étalages à Paris.
Ce qui m'a particulièrement accrochée, c'est la vision futuriste développée dans un chapitre et le coup d'oeil sur la "cité de l'an 2000". La vision sixties du futur a quelque chose d'épuré, de "fleur bleue" et justement de très "sixties". On est de fait en plein rétrofuturisme. Mais... on est parfois pas très loin de la réalité. "L'urbanisme de l'avenir fera de la décoration de vitrine le paysage de la ville, surtout dans le cadre de la civilisation des loisirs, qui se caractérise avant tout par la machine électronique à effectuer les achats, la vente utilitaire devenant le monopole des supermarchés où tout, depuis le vin, la cigarette jusqu'aux bas nylon, sera fourni par des distributeurs automatiques."

Le commerce de luxe fleurira tandis que les détaillants tendront à disparaître peu à peu. Ces derniers devraient être remplacés par des "robots automatiques" (sic).
Georges Patrix et le groupe international d'architecture prospective (GIAP) se révèlent visionnaires. "Allongé confortablement sur son coussin d'air, l'homme de demain interroge chez lui sa "machine à acheter" qui l'informe sur tous ses problèmes afin qu'il décide de son choix. Un grand écran de télévision lui permet d'apprécier aussi bien l'esthétique que la technique de son futur achat et il prend sa décision, sans bouger de son fauteuil, par télécommande auprès des magasins de service fournissant les produits utilitaires groupés et banalisés." Surprenant de réalisme, n'est-ce pas? Imaginé, il y a près de cinquante ans. ©

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