dimanche 22 juillet 2012

Meli, l'happy culture

L'ogre ronflant
Les quadras se souviennent sûrement du parc Meli à Adinkerke, endroit magique où j'ai moi aussi passé de mémorables instants. Depuis qu'un important groupe médiatique a repris les rênes de l'exploitation en 1999, je n'y ai plus mis les pieds. Je n'en avais plus envie car je savais que je n'y retrouverais pas l'enchantement d'antan.

A l'entrée, un bonhomme pansu débitait une litanie sur un ton monocorde dans les trois langues nationales : "Donnez-moi du papier...". Comme il n'y avait pas un seul papier dans les parages, pas un seul détritus, je fouillais mes poches à la recherche d'un précieux déchet, juste pour le voir s'engloutir, dans un grand bruit de succion, au fond de son estomac. Sa gorge faisait office d'aspirateur et ingurgitait les ordures. Est-il toujours là ? Plus loin, au beau milieu de la terrasse du restaurant, un âne en bronze brayait chaque fois qu'un enfant glissait une pièce de 5 francs, et levait ensuite sans pudeur sa queue pour expulser de son orifice anal, une piécette d'or garnie d'un chocolat.


Ce qui me fascinait chez Meli, c'est que les personnages peuplant les histoires que me racontait ma grand-mère, prenaient soudain vie. Le chat botté accueillait les visiteurs d'un mécanique coup de chapeau. Un pierrot dissimulé dans un croissant de lune, lançait une poignée de cacahuètes, lorsqu'on glissait une pièce de 5 francs dans l'appareil. Jaillissant du feuillage touffu des arbres, une vilaine sorcière au nez crochu, fendait les airs sur son balai, ponctuant son passage éclair d'éclats de rire sardonique.


Dans un tunnel, je hurlais mon prénom au fond d'un puits qui me le renvoyait à l'infini. Mes frémissements de plaisir se muaient en frissons d'effroi quand j'apercevais un ogre qui se frayait lentement un chemin à travers l'exubérante verdure du parc. Derrière une haie, un autre géant était couché sur le gazon et ronflait bruyamment.


Je courais dans les allées, pressé de découvrir les autres attractions. Les souliers qui dansaient, le concert des tulipes, le Palais des mille et une nuits, le village infesté par les rats, le labyrinthe végétal, l'apirama qui narrait en trois dimensions l'odyssée des abeilles, le spectacle des fontaines lunimeuses, les flamants roses dans la mare,...


La nostalgie a décidément le goût du nectar des fleurs...©

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