jeudi 15 décembre 2011

La routine : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme



Je n'avais, à cet âge-là, plus l'âme à croire en Saint Nicolas mais mes frères cadets espéraient toujours le petit miracle du 6 décembre. Nous étions cependant à mille lieues de nous douter que nos parents avaient, à cette époque, quelques soucis financiers. Saint Nicolas devait de toutes manières passer coûte que coûte...

J'ai un souvenir ému de cette Saint-Nicolas parce que j'avais remarqué qu'elle n'était pas comme les autres. Point de jouets neufs, point de friandises en abondance. Quelques livres visiblement achetés en seconde main avaient été étalés sur le divan du salon. J'avais le coeur serré, pas pour moi mais pour mes frères qui y croyaient peut-être encore... Je sentais que quelque chose n'allait pas mais je n'osais pas y penser, de crainte d'émousser la part d'innocence qui me restait toujours.

C'est pourtant à l'occasion de cette Saint-Nicolas que j'ai découvert le magazine Pilote. Ma mère avait acheté un album relié que j'ai dévoré en un clin d'oeil. Je l'ai retrouvé, il y a peu et c'est comme si j'avais exhumé un nouveau trésor. Dans cet album, une bande dessinée en trois pages m'avait particulièrement marquée. Cela s'appelle "La routine" et c'est tellement vrai. C'était une création de Mahaux. ©

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